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SOMMAIRE
- Recevoir le Mail-hebdo d'Agir pour l'Environnement
- Réseau Action Climat France / Lettre à la
direction d'ARTE concernant son irresponsabilité dans
le cadre de l'émission "de quoi j'me mêle"
: Climat, ARTE s'emmêle
- Politis : « Nous étions gênants »,
une tribune de Jacques Testart
- Le Monde - 11 juin 2003 : La France en retard pour le chauffage
de l'eau à l'énergie solaire
- Du 21 au 28 juin : Marche pour sortir du nucélaire
dans l'Orne
- Toutes et tous au Larzac conte l''Organisation Mondiale
du Commerce les 8, 9 et 10 Août 2003 : Appels à
souscription et à bénévoles
- L'Ecologiste n°10 est paru ! Dossier et colloque OGM
à Paris les 20-21juin
**************
- Recevoir le Mail-hebdo d'Agir pour l'Environnement
Chaque semaine, Agir pour l'Environnement vous fera parvenir
une synthèse de
l'actualité liée aux campagnes de mobilisation
en cours (Téléphonie mobile,
agriculture durable, énergies renouvelables, Agenda
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- Réseau Action Climat France / Lettre à la
direction d'ARTE concernant son
irresponsabilité dans le cadre de l'émission
"de quoi j'me mêle" : Climat :
ARTE s'emmêle
"Il y a environ trois cents ans, une Société
de la terre plate a été fondée
par ceux qui ne croyaient pas à la rotondité
de la planète. Cette société
existe toujours, elle doit compter une dizaine de membres."
M.Pachuri, président du GIEC, Paris, février
2003.
Le genre contestataire, qui attire tant les médias
télé, se plaît en ce
moment à minimiser les problèmes environnementaux.
L'émission diffusée sur
ARTE mardi 10 juin nous confronte, encore une fois, au problème
de la
déontologie journalistique. Cette soirée théma
sur le climat dans le cadre
de l'émission "de quoi j'me mêle",
dans l'unique but de démonter des idées
reçues, saccage tout un travail d'information menée
de longue haleine sur un
sujet d'envergure.
Depuis 30 ans, date à laquelle eut lieu la conférence
de Stockholm sur l'
environnement humain, il est de bon ton de dénoncer
le catastrophisme de
ceux qui s'intéressent aux conséquences à
long terme des activités humaines
sur la biosphère. Les "révisionnistes"
ont toujours recours aux mêmes
techniques : le déni de preuve, et la confusion des
genres. Cette soirée
théma, en plus de regorger d'aberrations scientifiques
peut avoir des
conséquences qui nous font qualifier la direction d'ARTE
d'irresponsable et
d'inconsciente. Cette chaîne nous avait pourtant habitués
à beaucoup plus de
pertinence.
I. Première aberration : la remise en cause d'un fait
scientifiquement
établi et reconnu par les politiques comme étant
très préoccupant.
Concernant les changements climatiques, la seule instance
reconnue au niveau
international et qui fait référence en matière
scientifique est le Groupe
Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (le GIEC) qui
fut pourtant à
peine mentionné dans l'émission d'ARTE. Ce groupe
d'experts délégué par
l'ONU déclare dans son dernier rapport (2001) : "
"De nouvelles preuves,
mieux étayées que par le passé, viennent
confirmer que la majeure partie du
réchauffement observé au cours de ces 50 dernières
années est principalement
due aux activités humaines". Remettre en cause
les conclusions du rapport du
GIEC revient à remettre en cause les travaux des principaux
laboratoires de
recherche de la planète !
En donnant très largement la parole aux rares sceptiques
(pour faire du
sensationnel ?), le documentaire "Le temps est-il devenu
fou ?" a pris des
allures d'un festival mesquin de désinformation. Une
des figures
emblématiques de ces sceptiques M. Bjorn Lomborg est
aujourd'hui
complètement déconsidéré et officiellement
accusée de malhonnêteté
scientifique dans son pays, le Danemark. Le documentaire s'est
ainsi doté
d'une argumentation branlante et dépassée et
s'est ensuite contenté de
mettre en avant les positions américaines les plus
extrémistes.
Présenter le changement climatique comme une manipulation
des écologistes
insulte la majeure partie de nos scientifiques, et nous espérons
qu'ils
prendront la parole pour vous l'exprimer, mais aussi toute
notre classe
politique : M. Raffarin n'a t-il pas trouvé la question
climatique si
importante qu'il faille lui consacrer un Plan Climat visant
à réduire nos
émissions de 75 % d'ici 2050 ?
Nous souhaiterions également signaler que même
aux Etats-Unis et suite à
l'attitude sceptique de G.W. Bush et son refus de ratifier
le Protocole de
Kyoto, les conclusions du rapport de l'US National Academie
of Science
(www4.nationalacademies.org/onpi/webextra.nsf/web/climate?OpenDocument)
affirment que les changements climatiques d'origine anthropique
ne sont pas
une simple lubie. De même, des Etats tels que la Californie
ont pris
l'initiative de s'engager dans cette lutte par des engagements
de réduction.
II. Seconde aberration : des lacunes flagrantes
D'après les auteurs de l'émission, les plus
grandes incertitudes planent sur
les changements climatiques, mais en revanche les hypothèses
économiques (1
million d'emplois en moins aux USA, mille milliards de dollars
de coûts en
ratifiant le Protocole de Kyoto) sont des certitudes jamais
distanciées et
ce sont toujours les scénarios du pire qui sont présentés.
Le seul invité
sur ce point avait manifestement partie liée aux intérêts
qui prônent l'
inaction.
Par ailleurs, les journalistes ont complètement omis
l'autre revers de la
médaille : le coût de l'inaction, les pollutions
dues aux énergies fossiles,
l'intérêt de développer les énergies
renouvelables et l'efficacité
énergétique. Mais évidemment, sur ce
dernier point, c'est une redistribution
qui ne fait pas l'affaire de tous...
ARTE se serait-elle rendue complice des marchands de l'or
noir sans
peut-être en mesurer l'impact ?
III. Quelles sont les conséquences d'une émission
irresponsable ?
La diffusion d'une telle émission n'est malheureusement
pas sans
conséquences.
ARTE a parfaitement le droit de gérer les thèmes
qu'elle souhaite sur le ton
qu'elle désire, elle ne doit cependant pas ignorer
que ce genre d'émission
peut briser les résultats d'un travail acharné
des ONG et du gouvernement
pour sensibiliser la population. C'est le fruit de plusieurs
années d'
efforts qui risque d'être remis en cause. Et les citoyens
n'en sortiront pas
gagnants, loin de là. Ils continueront à agir
en provoquant des conséquences
dont ils ignorent l'existence.
L'indifférence confuse face à la question climatique
que conforte l'émission
d'ARTE met en péril les populations de tous les pays
notamment celles du Sud
déjà les plus fragiles. Plus de 2 milliards
de paysans dépendent directement
de la régularité climatique naturelle, si imparfaite
qu'elle soit, pour
assurer leurs besoins quotidiens. L'absence de preuve n'est
pas partagée par
tous : les communautés affectées par des changements
climatiques très
inhabituels, tels les Inuits, affirment depuis une décennie
que les
émissions des pays industrialisés les forcent
à quitter leurs terres.
Ces fausses controverses compromettent aussi l'application
des solutions. La
semaine dernière a eu lieu la «Semaine Verte»
dans l'Union Européenne et la
semaine du développement durable en France avec comme
fil directeur :
changer les comportements ». Des solutions pratiques
pour réduire les
émissions de GES ont été diffusées
auprès de la population, des solutions
efficaces pour préserver la planète sans nuire
à notre portefeuille et
allant dans le sens de notre bien-être. Mais à
quoi bon, dira-t-on, si on
est sûr de rien !
En guise de conclusion : Consternation et déontologie
journalistique
Nous avions pourtant accepté de consacrer du temps
aux journalistes pour
leur expliquer, raconter, illustrer le sujet, car notre objectif
est de
favoriser le débat de fond et la diffusion des connaissances
sur ce
problème. Mais le produit final est une caricature
qui fait honte à la
chaîne et à la profession.
Fi donc des conclusions du GIEC, fi du principe de précaution,
fi de
l'éthique et de l'équité.
La conférence des citoyens de 2002 sur les changements
climatiques l'avait
déjà souligné : la télé
ne remplit pas son rôle d'information. Et aujourd'
hui elle tend même à désinformer.
Question : les producteurs de cette émission ont-ils
volontairement misé sur
des propos unilatéraux dépassés pour
provoquer une polémique "vendeuse"
et/ou défendre certains intérêts ou alors
est-ce de la véritable
incompétence journalistique ? De toute manière,
quelle que soit la réponse,
les faits sont graves.
Le Réseau-Action-Climat France
2 B rue Jules Ferry, 93 100, Montreuil
Infos@rac-f.org
01 48 58 83 92
Le Réseau Action Climat France est une association
spécialisée sur le thème
de l'effet de serre et du changement climatique. Il est le
représentant
français du réseau mondial d'ONG concernées
par les changements climatiques,
le Climate Action Network, qui comprend plus de 300 membres
sur les cinq
continents. Il regroupe une vingtaine d'associations de défense
de
l'environnement, d'usagers de transport, et d'alternatives
énergétiques.C'est une association loi 1901,
reconnue par la Convention
Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et
reconnue
association de protection de l'environnement par le gouvernement
français.
Pour approfondir :
- critiques de Lomborg http://www.mylinkspage.com/lomborg.html
et
http://www.centre-cired.fr/actualite/Lomborg.pdf
- site du GIEC : http://www.ipcc.ch/
- site de l'UNFCCC: http://unfccc.int/
- site de la Mission Interministérielle de l'Effet
de Serre :
http://www.effet-de-serre.gouv.fr/
- site du RAC-F : www.rac-f.org
*************
- Politis : « Nous étions gênants »,
une tribune de Jacques Testart
www.politis.fr
Le biologiste Jacques Testart a démissionné
de la présidence de la
Commission française du développement durable,
de même que la majorité des
membres de cette instance consultative. Il explique les raisons
qui ont
motivé cette décision.
En 1999, j'ai été sollicité par Dominique
Voynet pour remplacer Christian
Brodhag, lequel avait terminé son mandat de président
de la Commission
française du développement durable (CFDD). Comme
je lui faisais remarquer ma
faible compétence sur les thèmes du développement
durable, la ministre de
l'Environnement m'indiqua qu'elle ne souhaitait pas un comité
d'experts
mais plutôt un laboratoire d'idées, une commission
« poil à gratter »
capable d'innover et de contredire le pouvoir politique. C'est
cette
incitation à la liberté de travailler et de
critiquer qui m'a séduit, et
c'est la rupture de ce contrat qui m'amène aujourd'hui
à cesser mes
fonctions. Entretemps, la CFDD, enrichie de nouveaux membres,
a construit
une méthode de travail faisant largement place au débat
ouvert, même
débridé, à la discussion amicale mais
jusqu'au fond, à la rédaction de
textes consensuels mais jamais mous. Cette pratique conviviale
a permis de
construire démocratiquement un positionnement de groupe
sur des sujets
variés. C'est aussi parce qu'ils appréciaient
notre mode de fonctionnement
que la quasi totalité des membres actifs de la CFDD
ne souhaitent pas
poursuivre cette activité. Mais, au-delà du
plaisir pris à travailler
ensemble, les membres de la CFDD regrettent que leurs projets
soient contrés
par le secrétariat d'État, une situation qu'ils
n'avaient pas connue avec
les ministres précédents. Rappelons que la CFDD
est un organisme consultatif
placé auprès du gouvernement, en conformité
avec les recommandations de
l'ONU (Programme Action 21, Rio, 1992). Sa mission est d'éclairer
les
pouvoirs publics en matière de développement
durable. Cependant, la CFDD
n'est pas une association d'experts, elle est composée
de bénévoles aux
compétences variées et s'inscrit dans une démarche
globale dont l'ambition
est d'être transversale et universelle.
De 1993 à 1999, la CFDD a surtout produit des rapports
d'expertise. Depuis
juillet 1999, date à partir de laquelle j'en ai assumé
la présidence, la
CFDD s'est attachée plutôt au sens des actions
humaines, aux principes
fondant les propositions, en se focalisant sur quelques sujets
importants et
controversés. Elle n'a pas rédigé de
rapports globaux mais des avis au
gouvernement. Ceux-ci sont au nombre de onze et se réfèrent
essentiellement
à l'application de trois principes émis dans
la déclaration de Rio : le
principe de précaution (mis à mal à Johannesburg),
celui de solidarité et de
coopération entre les peuples et les générations,
et celui de démocratie et
de participation des citoyens aux décisions. Je ne
ferai ici qu'évoquer
quelques résolutions de notre commission, mieux explicitées
dans les avis
concernés, même s'ils sont tous très brefs.
À propos des émissions de gaz à
effet de serre (accord de Kyoto, 1997), la CFDD a mis en garde
contre les
effets pervers de certains mécanismes dits «
de flexibilité » fondés sur les
permis négociables, susceptibles de renforcer les inégalités
sociales et de
négliger les nuisances entraînées à
long terme. Il est urgent de définir un
objectif commun à tous les hommes (par exemple une
quantité d'émissions de
gaz à effet de serre par habitant, en 2060) afin d'assurer
la cohésion
internationale et la mise en cohérence des engagements
de chacun.
Concernant les brevets sur le vivant, nous avons estimé
que le système
actuel doit être renégocié, pour respecter
l'équité économique et sociale,
pour favoriser l'innovation, et pour correspondre aux besoins
d'une
agriculture durable. Un tel projet ne semble pas superposé
au nouveau
concept d'« agriculture raisonnée », lequel
est surtout propice à la
dissémination rapide de technologies mal évaluées,
et n'engage pas
suffisamment les agriculteurs en tant que citoyens. C'est
aussi pourquoi la
CFDD a fait remarquer que les aides à l'agriculture
ne sont pas toutes
inéluctables, et qu'elles doivent êtres réorientées
pour rester de simples
outils d'une véritable politique agricole, sociale
et environnementale. Des
barrières tarifaires instaurées régionalement
maintiendraient un revenu
décent aux agriculteurs sans favoriser les augmentations
de production,
destructrices de l'environnement et hostiles à l'agriculture
vivrière des
pays en développement. Comme la plupart des ONG, nous
avons porté un
jugement sévère sur le sommet de Johannesburg,
et nous avons demandé au
gouvernement de s'engager sur des objectifs plus ambitieux
à l'occasion de
sa stratégie de développement durable. Nous
avons souhaité que soient
revalorisés des indicateurs alternatifs intégrant
les dimensions non
économiques, et nous avons proposé de faire
de la culture le quatrième
pilier du développement durable, au même titre
que les dimensions
économique, sociale et environnementale. Car la culture
est un bien commun
de l'humanité et ne peut faire l'objet d'une marchandisation
généralisée.
De même, la CFDD souhaite que la dimension environnementale
soit intégrée
dans les règles de droit de l'OMC. Elle propose de
mieux armer l'Organe de
règlement des différends en formalisant les
procédures d'expertise et de
débat public et en renforçant la participation
des ONG. Cette
démocratisation de l'OMC est surtout nécessaire
pour arbitrer des litiges
commerciaux impliquant des éléments scientifiques
complexes et controversés.
C'est dans le même esprit qu'à l'issue d'une
lecture critique du rapport
Kourilsky-Viney sur le principe de précaution, nous
avons proposé d'associer
davantage la société civile française
à l'évaluation des innovations
technologiques en ne se contentant pas des expertises scientifiques
et
techniques. En effet, la neutralité des experts est
de plus en plus douteuse
tandis que les effets réels des nouvelles technologies
sont de plus en plus
imprévisibles : nous produisons un monde incertain
prétendument sous
contrôle. Plusieurs événements récents
à propos des OGM, technologie
emblématique (1), viennent soutenir notre proposition
d'un « Comité
consultatif pour l'évaluation des technologies »,
composé de citoyens
volontaires parmi ceux qu'on aurait tirés au sort.
Parmi ces événements, on
retiendra l'aval donné à la dissémination
des OGM par les Académies des
sciences, de médecine et de pharmacie, à l'issue
d'un rapport partial et non
indemne de conflits d'intérêts. On notera aussi
la récente mascarade
organisée par plusieurs ministères, afin de
faire avaliser la levée du
moratoire par une pseudo consultation du public sur Internet.
C'est le même souci de faire croire à la «
concertation » qui justifie le
Débat national sur les énergies », dont
l'organisation, les modalités et
les thématiques ont été dénoncées
par le mouvement associatif. Il semble que
sur ces deux thèmes, fortement controversés,
le gouvernement ne veuille
tirer aucune leçon des consultations antérieures
: par exemple, pour les
OGM, la conférence de citoyens organisée en
1998 par l'Office parlementaire
des choix scientifiques et technologiques, ou le « débat
des quatre sages »
qui a eu lieu au Conseil économique et social en février
2002 ; pour
l'énergie, la conférence de citoyens organisée
en hiver 2002 par la CFDD,
avec la Cité des sciences.
C'est parce que la CFDD est persuadée qu'il n'y aura
pas de développement
durable sans approfondissement de la démocratie qu'elle
a privilégié la
procédure exemplaire de consultation que sont les conférences
de citoyens. À
l'occasion de telles procédures, des citoyens naïfs
sont d'abord largement
formés et informés, ce qui les place en position
de se faire une opinion
éclairée sur les sujets de controverse et leur
offre un cadre pour
l'exercice de leurs convictions (2). Ainsi, dans la période
récente, nous
avons sollicité les moyens nécessaires à
l'organisation de deux conférences
de citoyens, l'une en 2003 sous le titre : « Énergie
: quelles
responsabilités pour un monde habitable ? »,
et l'autre en 2004 sur les
aides à l'agriculture. Ce dernier projet innovait dans
la recherche de
procédures d'élargissement de la démocratie
puisqu'il s'agissait, pour la
première fois au monde, d'impulser trois conférences
simultanées sur un même
sujet dans des pays fort différents : un pays du Nord
(la France), un pays
de l'Est (la Pologne) et un pays d'Afrique sub-saharienne
(le Mali). Nous
aurions souhaité savoir qui, des peuples du monde ou
de leurs dirigeants,
s'écarte le plus des solutions raisonnables, solidaires,
et durables. Toutes
ces demandes ont été refusées. En même
temps, le secrétariat d'État au
développement durable nous orientait vers d'autres
thématiques,
essentiellement environnementales : « préservation
de la biodiversité »,
ressource halieutique », « question de l'ours
et/ou du loup », « thème de
la forêt ». Comme si on devait simplifier (ou
dépolitiser ?) les questions
posées par le développement durable en les ramenant
à la seule dimension
écologique. De plus, le secrétariat d'État
n'a pas accepté de reconduire le
budget nécessaire à la communication de la CFDD,
nous privant définitivement
de toute perspective sérieuse pour faire connaître
nos travaux.
La création récente du Conseil national du
développement durable (CNDD),
doté de véritables moyens et d'une grande visibilité,
a introduit la
confusion et masqué encore davantage la CFDD. Pourtant,
comme nous l'avons
dit, il y a place pour une structure d'élaboration
de la politique
gouvernementale en matière de développement
durable (CNDD), et un
laboratoire d'idées, critique et indépendant
(CFDD). Mais certaines
attitudes officielles permettent de douter de l'intérêt
du gouvernement pour
notre Commission ; malgré les assurances orales, le
mandat du président n'a
toujours pas été renouvelé près
d'un an après son expiration et aucune
concertation n'a été engagée pour recomposer
la CFDD, dont les membres
cessent leur mandat dès ce mois de mai 2003. Le gouvernement
est en droit
d'adopter une tactique honteuse pour faire disparaître
une commission
gênante, sans jamais avoir déclaré qu'elle
le gênait. En fait, un communiqué
ministériel vient d'annoncer, dix jours après
ma démission, que la CFDD
n'existera plus. Il ne s'agit pas de regretter la disparition
d'un groupe
constitué, ou de telle ou telle personne, de la scène
officielle du
développement durable. Ce qui est grave, c'est qu'ainsi
disparaît une
structure qui proposait un regard inhabituel et non conformiste
sur des
sujets variés et importants, et qui proposait aussi
le recours à des formes
de démocratie authentique (3) que le gouvernement prétend
souhaiter mais
dont il semble se méfier.
(1) « Les OGM, un vandalisme libéral »,
Libération, 7 décembre 2001. (2)
"Citizen loft : l'humanité existe", Libération,
29 mars 2002. (3)
"Conférences de citoyens : les vertus du débat
public", Transversales
Science Culture, 2e trimestre 2002.
*************
- Le Monde - 11 juin 2003 : La France en retard pour le chauffage
de l'eau à
l'énergie solaire
La proximité de l'Allemagne, qui a pris de l'avance
dans ce domaine, a aidé.
Mais plus encore les subventions publiques et les crédits
d'impôt, qui
atteignent entre un tiers et la moitié du coût
de l'installation, facturée
entre 3 000 et 5 000 euros en moyenne.
Cleebourg (Bas-Rhin) de notre envoyé spécial
Claude Jautzy a la foi du missionnaire et le pragmatisme
du commerçant. Cet
installateur de chauffage tente de faire passer dans son petit
bout d'Alsace
sa conviction dans les vertus du chauffe-eau solaire. "A
chaque fois qu'on
me demande un devis, je propose une option avec un modèle
solaire,
explique-t-il. Les gens acceptent ou non. S'ils n'en veulent
pas, je
n'insiste pas. Mais, lorsqu'ils acceptent, dans 80 % des cas,
cela débouche
sur une commande."
Cet engagement vaut à Cleebourg, commune de 650 habitants
où il demeure, de
détenir le record d'Alsace des équipements par
habitant, cette région
détenant elle-même le record de France métropolitaine
quant au taux de
pénétration. Le bourg aux maisons typiques voit
doucement mais régulièrement
apparaître de nouveaux capteurs solaires sur ses toitures.
Au total, M.
Jautzy a installé trente-cinq chauffe-eau solaires
en deux ans, dont une
demi-douzaine dans le seul Cleebourg.
Henri et Lili Jacky se sont ainsi laissés tenter,
en avril 2002. Ce couple
de retraités a posé 6 m2 de capteurs sur son
pavillon. "Sans être
écologistes, on prend conscience qu'il faut faire quelque
chose pour
l'environnement, explique M. Jacky. Et puis, il y a des économies
à faire
sur la facture de chauffage : ça aussi, c'est un argument."
Les époux font
découvrir dans leur sous-sol le ballon de 300 litres
et le circuit qui le
relie aux capteurs sur le toit. Un liquide antigel attrape
les rayons du
soleil dans les capteurs et transmet la chaleur à l'eau
du ballon. "Même
après trois ou quatre jours sans soleil, l'eau reste
à 40 °C, explique Mme
Jacky. Quand le temps est trop longtemps nuageux, la chaudière
au fioul
prend automatiquement le relais."
Les nouveaux adeptes expliquent qu'ils ont chauffé
leur eau jusqu'en
janvier. "Beaucoup de gens pensent que le solaire ne
marche qu'en juin,
juillet, août, explique M. Jautzy. Même avec des
températures voisines de
zéro, on peut avoir une eau à 55° pourvu
qu'il fasse beau. Et Colmar a
autant de journées d'ensoleillement que Perpignan."
Le professionnel doit cependant vaincre certaines réticences.
Les
architectes des Bâtiments de France mettent des entraves
dans des villages
pour beaucoup classés. "Dans deux dossiers sur
trois, ils font des
problèmes", constate l'artisan. Certains maires
freinent également, pour des
raisons pas toujours rationnelles.
BOUCHE À OREILLE
L'artisan se rappelle l'appel d'offres d'un camping. "Avec
les multiples
subventions, l'installation leur coûtait 2 000 euros
et ils avaient l'eau
gratuite pendant toute la saison estivale pour 600 à
700 personnes : ils ont
refusé, raconte M. Jautzy. En fait, pour s'intéresser
à ce mode énergétique,
il faut déjà être un peu convaincu."
Le prosélyte a bien sûr installé un modèle
chez lui. Il a également posé 120
m2 de cellules photovoltaïques, capables de fournir non
plus de l'eau
chaude, mais de l'électricité. Il a demandé
son raccordement au réseau EDF,
l'entreprise publique ayant l'obligation de racheter les énergies
renouvelables à un prix fixé par l'Etat. "Pour
le moment, je suis noyé sous
la paperasse", constate le pionnier.
Mais la cause solaire progresse doucement. "L'autre
jour, j'ai installé un
chauffe-eau à Lauter-bourg,raconte M. Jautzy. J'ai
déjà reçu deux demandes
de voisins." Son sens de la persuasion et le bouche à
oreille n'expliquent
pas tout.
"En raison de notre climat, nous sommes plus préoccupés
par la facture
énergétique que dans d'autres régions",
explique M. Jautzy, qui fait 20 % de
son chiffre d'affaires avec les chauffe-eau solaires.
La proximité de l'Allemagne, qui a pris de l'avance
dans ce domaine, a aidé.
Mais plus encore les subventions publiques et les crédits
d'impôt, qui
atteignent entre un tiers et la moitié du coût
de l'installation, facturée
entre 3 000 et 5 000 euros en moyenne. "Nous avons rempli
un papier et reçu
la prime quinze jours plus tard", raconte M. Jacky. Celui-ci
a également pu
déduire 500 euros de sa feuille d'impôt.
M. Jautzy sait la fragilité de cette économie
assistée. En 1979, tout jeune
artisan, il s'était intéressé à
cette source d'énergie qu'on disait pleine
d'avenir. Mais elle n'avait jamais vraiment décollé.
"Sans les primes, la
filière ne tiendrait pas", admet l'installateur.
En Alsace, ses aides sont financées pour moitié
par l'Agence de
l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
(Ademe), pour moitié par le
conseil régional d'Alsace. Cette collectivité
territoriale s'enorgueillit de
son titre national et de ses 2 880 m2 de capteurs solaires
installés en
2002. Le nombre de poses annuelles est passé de 42
en 2000 à 560 en 2002.
"On a du vin, donc on a du soleil, constate Rémy
Gendre, chargé de la
promotion des énergies renouvelables au conseil régional.
Le développement
du solaire, c'est plutôt bon pour notre image, nous
qui avons la réputation
d'un pays du Nord. Ici, il faut simplement mettre 1 m2 de
plus qu'en
Provence."
Du chemin reste à faire cependant pour rattraper les
pays de tête. "Les
Pays-Bas et le Danemark ont beaucoup plus de capteurs que
nous", explique M.
Gendre. L'Alsace, qui recense 315 installateurs agréés,
espère doubler le
nombre d'installations en 2004 et développer les installations
collectives.
M. Jautzy est prêt à relever le défi.
"De toute façon, moi, j'aime vivre
avec le soleil."
Benoît Hopquin
*************
- Du 21 au 28 juin : Marche pour sortir du nucélaire
dans l'Orne
Le groupe de réflexion sur les problèmes de
l'énergie du pays du Perche
(Orne - 61 - Basse Normandie ), aidé par le collectif
Citoyen Normand « les
déchets nucléaires ni ici ni ailleurs »,
organise une " marche pour sortir
du nucléaire ". Marche de 150 km en 8 étapes.
Départ de Mortagne-au-Perche*
le 21 juin, arrivée à Athis-de-l'Orne** le 28
juin.
* Mortagne a pour député maire Jean-Claude
Lenoir ( Monsieur NUCLEAIRE nommé
par Raffarin président du conseil supérieur
de l'électricité et du gaz. Il
est aussi membre titulaire du comité d'information
du laboratoire souterrain
de BURE )
** Le collectif Citoyen Normand d'Athis-de-l'Orne est rentré
en résistance
depuis quelques années suite au projet d'enfouissement
de déchets nucléaires
sur cette région.
De plus, nous avons le triste privilège d'avoir en
Basse-Normandie le site
de la Hague, près de Cherbourg dans la Manche. Site
sans conteste le plus
dangereux au Monde...
Marche pour sortir du nucléaire Mortagne-au-Perche
- Athis-de-l'Orne
21 - 06 -- Mortagne-au-Perche -- Le Mêle s/Sarthe 16
km
22 - 06 -- Le Mêle s/Sarthe -- Alençon 20 km
23 - 06 -- Alençon -- Sées 20 km
24 - 06 -- Sées -- Argentan 22 km
25 - 06 -- Argentan -- Rânes 19 km
26 - 06 -- Rânes -- La Ferté-Macé 14 km
27 - 06 -- La Ferté-Macé -- Flers 26 km
28 - 06 -- Flers -- Athis-de-l'Orne 10 km
A vos cartes !
Départs et arrivées des étapes devant
les MAIRIES. Départs entre 8 et 9
heures. Des hébergements sont prévus.
Avec le soutient et la participation des organisations suivantes
: Réseau
sortir du nucléaire - Collectif Citoyens normand «
Le nucléaire et ses
déchets, non merci » - ATTAC Orne - Confédération
Paysanne 61 - AC ! 61 -
Des citoyens...etc
Nous contacter pour plus d'infos...sur la marche et si possible
relayer le
plus largement possible.
Pour le Collectif « Marche pour sortir du nucléaire
»
Jocelyne et Marcelin Grousselas
Tél / Fax : 02 33 73 09 32
marcelte.gr@free.fr
Portables : 06 03 10 90 05 / 06 32 90 16 94 / 06 18 59 49
34 ( pendant la
marche )
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- Toutes et tous au Larzac conte l''Organisation Mondiale
du Commerce les 8,
9 et 10 Août 2003 : Appels à souscription et
à bénévoles
http://www.monde-solidaire.org/larzac-2003/
Le Monde n'est pas une marchandise,
Certes... Mais nous avons besoin dès maintenant de
votre participation
financière pour nous permettre de vous accueillir dans
les meilleures
conditions : villages d'accueil, sanitaires, transports, grande
scène de
spectacle, projection de documentaires, stands des associations...
Envoyez un don de 5, 10, 15 euros ... ou plus si affinités
!
Libellez et envoyez vos chèques à l'ordre de
l'association "Construire un
monde solidaire" chargée de la réalisation
logistique du projet :
Construire un monde solidaire
1, rue Droite
12100 Millau
D'avance, un grand merci pour votre participation.
Imprimer l'adresse et le bon de soutien
http://www.monde-solidaire.org/larzac-2003/souscription.htm#
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- L'Ecologiste n°10 est paru ! Dossier et colloque OGM
à Paris les 20-21
juin
L'Ecologiste n°10 est paru en kiosque aujourd'hui ! Il
comprend un dossier
sans équivalent sur les OGM avec de grandes signatures
francophones et
internationales. Il comprend également un dossier exceptionnel
sur les
nanotechnologies, avec un article de Jean-Pierre Dupuy absolument
remarquable sur leurs dangers inouïs... à tel
point qu'un nouveau mot a du
être créé. Sommaire complet sur www.ecologiste.org
Rappel également : le plus grand colloque contre les
OGM jamais organisé en
France se tient à Paris les 20-21 juin prochains, organisé
par L'Ecologiste
et l'association OGM Dangers. Programme et bulletin d'inscription
sur
www.ecologiste.org
Sincères salutations,
Thierry JACCAUD
Rédacteur en chef
L'Ecologiste - édition française de The Ecologist
25, rue de Fécamp - 75012 Paris
Tel 01 46 28 70 32 - Fax 01 43 47 03 38
www.ecologiste.org
L'Ecologiste n°10 paraît jeudi 12 juin en kiosques
Dossier : OGM. Hors dossier: Guyane, AGCS, pétrole,
nanotechnologies...
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2319 personnes sont destinataires du Mail-hébdo d'Agir
pour l'Environnement

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