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Trois questions @KEMPFHERVE, auteur du livre "Notre-Dame des Landes"

11/04/2014

Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre publie un nouveau livre intitulé "Notre-Dame des Landes". 

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Question n°1 / Vous publiez un nouvel ouvrage aux éditions du Seuil intitulé "Notre Dame des Landes". Pourquoi avoir choisi ce projet d'infrastructure plutôt qu'un autre ? En quoi est-il emblématique d'une certaine façon de gérer la "chose" publique ?

Hervé Kempf - Ce projet est, parmi les grands projets inutiles, celui que j’ai suivi le plus assidûment depuis 2008. Il a tout de suite été passionnant, tant par son contenu technique que par la force humaine de la lutte et de ceux qui y participaient.
Il est emblématique d’une certaine façon de gérer les affaires publiques en ce qu’il révèle la pratique par l’Etat d’une concertation réduite à une procédure – détournant de fait l’esprit de la démocratie – au motif que l’Etat serait rationnel et aurait raison par principe face aux citoyens interrogeant le projet. C’est détourner l’esprit, plus on analyse le dossier sur le plan technique (dans ses aspects économique et environnemental), on découvre sa faiblesse, dissimulée par des arguments d’autorité voire des manipulations de données.

Mais la contre-expertise approfondie ne suffit hélas pas. L’Etat n’entend pas « raison » : il a fallu pour retarder le projet une vigoureuse (et courageuse) lutte sur le terrain. Dans un autre grand projet inutile que j’avais étudié attentivement, l’autoroute entre Pau et Langon, le dossier technique était tout aussi désastreux qu’à Notre Dame des Landes, mais il n’y avait pas sur place une mobilisation suffisante capable d’empêcher ou même de freiner le projet.

Question n°2 // Comment un tel projet peut-il survivre à la crise financière, à la contrainte climatique et à l'opposition des citoyens ?

Hervé Kempf - Il ne faut pas négliger des éléments psychologiques, et notamment l’obstination de certains acteurs : on est dans l’humain, y compris du côté des promoteurs.
Une vision dépassée du développement et du progrès joue aussi un rôle énorme : l’idéologie croissanciste aveugle – comme toute idéologie devenue dogme – ses zélotes, incapables d’entendre ou même d’écouter les arguments rationnels qui contredisent leur thèse. Le poids des intérêts économiques dans un régime en voie de devenir oligarchique joue aussi un rôle essentiel. Des grands intérêts privés – articulés avec des responsables politiques et des hauts fonctionnaires – parviennent à l’emporter sur l’intérêt général.
Je mentionne aussi la corruption à titre d’hypothèse, n’ayant pas eu la possibilité de poursuivre l’enquête dans cette direction. Mais il importe d’avoir à l’esprit que ces « grands projets » mettent en jeu des sommes d’argent considérables. Et nombreux sont ceux, dans les « élites », qui valorisent l’enrichissement personnel comme un signe de réussite.

Question n°3 /// Que faudrait-il pour que le gouvernement et les collectivités locales abandonnent ce projet ?

Hervé Kempf - Poursuivre dans la direction que suit depuis plusieurs années de façon exemplaire le mouvement d’opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes : conjuguer contre-expertise et lutte tenace sur le terrain. En conservant cette qualité vitale qui est l’union de toutes les composantes de la lutte, malgré les divergences et les désaccords qui sont naturels et qu’il faut surmonter. Et puis aussi, la capacité à montrer que des alternatives sont possibles, tant en ce qui concerne le besoin légitime de transport des habitants de l’ouest de la France que des politiques agricoles de terrain. Qu’elles sont possibles, respectent l’environnement, et créent des emplois solides, non bâtis sur l’endettement de la société et l’enrichissement de quelques-uns.

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