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Un
gouvernement... contre vents et marées
!
En décidant le 9 décembre dernier
de suspendre brutalement pour 3 mois les aides
au développement du solaire photovoltaïque,
l’état français a pris le
risque d’asphyxier une filière en
plein développement. Non content de suspendre
les aides programmées, le gouvernement
a également décidé que les
projets encore non aboutis, quels que soient leurs
degrés d’avancement, devraient recommencer
l’intégralité des procédures
administratives ! Après s’être
félicité bruyamment du succès
rencontré par le solaire photovoltaïque,
le gouvernement a soudainement décidé
de faire machine arrière... et ce à
la surprise générale !
Alors
que les décideurs politiques de notre pays
peinent à s’affranchir du nucléaire,
l’adoption d’un moratoire sur les
tarifs d’achat de l’électricité
photovoltaïque est un nouveau coup porté
aux énergies renouvelables. Coup qui pourrait
être fatal tant est grande la défiance
des acteurs du secteur à l’égard
de l’ambivalence et l’inconstance
du gouvernement sur ce dossier.
En
effet, en matière d’énergies
renouvelables, le gouvernement ne brille pas par
sa détermination… Contre vents et
marées, il a durci les conditions d’implantation
des éoliennes soumises notamment à
une procédure dite ICPE destinée
à encadrer les installations les plus polluantes.
Durant l’adoption de la loi dite Grenelle
2, les parlementaires ont, de concert, multiplié
les fausses notes en adoptant des amendements
éolicides avec l’ambition à
peine cachée de tuer dans l’œuf
une filière dans le vent... Le gouvernement
tergiverse également dans le lancement
de grandes filières éoliennes en
mer ou de biogaz, délaisse le solaire thermique
et baisse le crédit d’impôt
à l’installation d’énergies
renouvelables. Et enfin, tout récemment,
il a imposé ce moratoire sur les aides
au développement du solaire photovoltaïque
!
Mises
bout à bout, l’ensemble de ces décisions
fait sens… et nous éclaire sur la
stratégie de responsables politiques qui
fixent de grands objectifs en matière d’énergies
renouvelables tout en prenant des mesures pour
le moins contradictoires. Parallèlement
et comme de mauvaise coutume, le gouvernement
a aussitôt annoncé la tenue d’une
grande « concertation » censée
débattre de la décision prise auparavant
; concertation animée par l’auteur
d’un rapport alarmiste sur le photovoltaïque
et sans ambition pour la filière !

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Photovoltaïque
: rien de nouveau sous le soleil ?
L’électricité photovoltaïque
est produite en transformant la lumière
(et non la chaleur) et peut donc être installée
partout en France de façon décentralisée.
Contrairement à une idée trop répandue,
le bilan énergétique (période
à l’issue de laquelle le panneau
produit plus d’énergie qu’il
n’en a consommée pour sa fabrication)
est positif au bout d’une période
de deux à trois ans, selon l’Agence
internationale de l’énergie, pour
une durée de fonctionnement qui dépasse
largement 20 ans. Chaque mètrecarré
de panneau photovoltaïque produit de 110
à 130 kWh/an. Le kWh produit par une cellule
photovoltaïque présente un bilan carbone
de 32 grammes équivalent CO2, soit trente
fois moins qu’un kWh produit à partir
du charbon. Faute d’investissements et à
cause des multiples retards accumulés ces
vingt dernières années, la France
a encore du mal à répondre à
une demande croissante. Mais 80% des aides versées
en soutien à la filière photovoltaïque
sont réinjectés dans l’économie
française. Le secteur aurait ainsi créé
en quelques années environ 20.000 emplois
et envisage d’en créer autant au
cours de la prochaine décennie. Mais après
avoir promis monts et merveilles et incité
les artisans et installateurs à investir
et se former, ce moratoire pourrait sonner le
glas d’une filière toute entière
! À court terme à cause de cet arrêt
brutal des aides mais aussi à moyen et
long terme en créant une défiance
de toute une profession à l’encontre
du solaire, désormais synonyme de miroir
aux alouettes ! Cette perte de confiance de toute
une profession est sans doute le plus grave car
elle démontre par l’absurde que l’État
est prêt à sacrifier tout un secteur
économique au nom d’une orthodoxie
budgétaire qui épargne encore et
toujours l’industrie nucléaire !!!

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Le
PV... à l'amende ?
D’ici à 2020, notre pays doit produire
23% de son énergie à partir de sources
d’énergie d’origine renouvelable.
Pour ce qui est de l’électricité
en particulier, la France prévoit d’atteindre
27% d’énergies renouvelables. Ceci
passe par l’installation de 25.000 MW d’éolien
dont 6.000 MW en mer et 19.000 MW à terre
(soit l’équivalent d’une quinzaine
de centrales nucléaires EPR...). La France
s’est également engagée à
installer 5.400 MW de solaire photovoltaïque.
Au rythme actuel et bien que nos objectifs ne
soient pas extrêmement ambitieux au regard
des exemples allemands, espagnols ou danois, la
France ne les atteindra pas ! En 2010, la France
n’a installé que 1.100 MW d’éolien
pour atteindre péniblement les 5.600 MW.
Concernant le photovoltaïque, notre pays
a atteint les 800 MW.
Mais
l’échec qui semble déjà
se dessiner n’est jamais assez prononcé
pour certains lobbyistes très présents
au sein du ministère de l’industrie.
À trois reprises en moins d’un an,
sous couvert de mettre un terme à la «
bulle spéculative », le gouvernement
a revu unilatéralement les tarifs d’achat
de l’électricité. Or, la réalité
de cette « bulle » est largement sujette
à caution et semble avoir été
créée de toute pièce pour
les besoins de la cause !
Pire,
le gouvernement a justifié ces mesures
en indiquant que le développement des énergies
renouvelables pesait sur la facture électrique
payée par le consommateur. Un peu facilement,
EDF a ainsi pu justifier les hausses de ses factures
en raison du développement des énergies
renouvelables. Ceci relève du plus parfait
mensonge ! Le coût du développement
du solaire photovoltaïque n’excédait
pas 3 euros par an et par foyer en 2010, soit
0,75% du montant d’une facture ! Par contre,
dans les années à venir, EDF va
devoir mobiliser 35 milliards d’euros pour
assurer la maintenance des centrales nucléaires
vieillissantes. Somme à laquelle il faut
ajouter le développement irraisonné
de deux EPR à Flamanville et Penly (10
milliards !), la « gestion » des déchets
radioactifs ainsi que le démantèlement
en fin de vie des centrales dont le coût
a été délibérément
minoré !
À
la lecture de ces montants abyssaux, les 126 millions
d’euros mobilisés en soutien au solaire
photovoltaïque semblent bien dérisoires
! C’est pourtant cette somme que l’État
souhaite économiser avec l’ambition
cachée de contenir l’émergence
d’une filière qui pourrait bien faire
de l’ombre aux projets de centrales nucléaires
et gaz qui se multiplient.

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Le
solaire à la niche ?
Le système de soutien au solaire photovoltaïque
doit reposer sur un cadre stable, durable, lisible
et transparent. Pour ce faire, l’État
doit définir un objectif de développement
à long terme qui ne doit pas être
perçu comme un seuil à ne pas dépasser,
mais un objectif à éventuellement
réévaluer, quitte à réduire
progressivement les aides accordées une
fois le seuil atteint. À titre d’exemple,
la France s’est fixée un objectif
de 5.400 MW à échéance 2020
alors même que l’Allemagne a déjà
installé 9.800 MW et vise un objectif de…
52.000 MW en 2020 ! Pour assurer le succès
des énergies renouvelables, la France doit
enfin prendre conscience qu’une politique
énergétique durable exige de la
cohérence et de la stabilité.
Cette
politique doit reposer sur trois piliers : la
sobriété énergétique,
l’efficacité énergétique
et le développement des énergies
renouvelables. Le développement des sources
de production d’électricité
décentralisées conduira bientôt
les consommateurs à devenir des citoyens,
à condition d’adapter nos réseaux
de distribution. La réduction de la dette
publique ne doit pas être l’occasion
d’engager un combat d’arrière-garde
purement idéologique à l’encontre
des énergies renouvelables.
Le
gouvernement français doit donc abroger
immédiatement le décret n°2010-1510
suspendant l’obligation d’achat de
l’électricité photovoltaïque,
définir un cadre sain pour le développement
de la filière et garantir sa transparence.

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Comment
agir ?
• En envoyant les cartes-pétitions
au Premier ministre, à la ministre de l’Écologie
et au ministre de l’Industrie et de l’Énergie
avant le 1er avril 2011 ;
• En diffusant ce document à vos
ami(e)s ;
• En commandant ce document de campagne
directement en ligne sur www.agirpourlenvironnement.org/boutique
• En faisant appel à Enercoop, fournisseur
d’énergies vertes > www.enercoop.fr
• En maîtrisant son énergie,
notamment en éteignant les appareils en
veille, en éteignant les lampes inutiles,
en choisissant les appareils électroménagers
de classe A et A+, en supprimant (quand ceci est
possible) le chauffage électrique, en optant
pour l’étend-à-linge plutôt
que le sêche-linge...
• En reportant certains usages électriques
non essentiels durant les pics de consommation
entre 18h30 et 21h30

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