< CAMPAGNES APE
 
MOINS D'AUTOROUTES,
PLUS DE RAIL ! 

Autoroutes : Effet de serre, pollutions, gaspillage
Les objectifs
Les transports routiers : une source de pollutions en tout genre
La promesse de développer le rail ne se traduit pas dans les investissements !
Quelques idées reçues sur les autoroutes
La Loi d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire
La route championne de l'effet de serre !
Pour en savoir plus
Echos médiatiques

Campagne 10 :
MOINS D'AUTOROUTES, PLUS DE RAIL !
avril 2000 à avril 2001

Téléchargez la 1ère du document de campagne

Avec le soutien de :


Collectif Alternatives Somport
Collectif pour une alternative à l'A28
Coordination pour la défense du marais poitevin
Collectif pour une alternative à l'A24
 
Coordination anti-A32
Darly
Détente
La LPO
Les Amis de la Terre
Mountain Wilderness
Vivre Bien en Aunis

Autoroutes : Effet de serre, pollutions, gaspillage

La France doit investir dans le rail et non dans de nouvelles autoroutes !

Facteurs essentiels de la dégradation de l'environnement et du cadre de vie en France, les transports routiers sont aussi responsables de près d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre. L'augmentation de l'effet de serre entraîne un réchauffement de la planète et des dérèglements climatiques : tempêtes, montée des océans, extension des maladies tropicales, modification des rendements agricoles, bouleversement du cycle de l'eau, etc. Face à cette aggravation, la communauté internationale commence à se mobiliser : une conférence internationale a lieu à la Haye en novembre 2000.
Dans ce contexte, le Ministre des Transports annonce une politique de développement du transport par rail, notamment pour les marchandises. Mais en même temps il relance le programme autoroutier en l'inscrivant dans le Schéma de Service Collectif des transports pour les vingt prochaines années, détournant ainsi l'esprit de la loi d'aménagement durable du territoire.

Partout en France, des associations se mobilisent contre des projets autoroutiers inutiles, coûteux et nocifs. En nous réunissant dans cette campagne, c'est, au-delà de chaque projet, une logique que nous voulons dénoncer et inverser : celle du suréquipement en autoroutes, du toujours plus vite au plus bas prix qui incite une entreprise à faire éplucher au maroc des crevettes pêchées au Danemark, réexpédiées sur place pour la commercialisation.
Nous demandons au ministre des Transports et aux présidents de Conseils Régionaux actuellement consultés sur le schéma de service des transports une politique plus juste, qui fasse payer au trnasport routier son juste prix, notamment les dégâts sur l'environnement et la santé et qui privilégie donc le rail et les voies d'eau.


Les objectifs

Cette campagne de pression citoyenne mobilise tous ceux qui souhaitent que le gouvernement engage une politique de transport cohérente, conforme à l'esprit de la loi sur l'améngement durable du territoire et respectant les engagements pris dans le programme national de lutte contre le changement climatique. Pour cela nous demandons à Monsieur le Ministre des Transports et aux Présidents des Régions de :

> Ne pas inscire de nouveaux projets d'autoroutes dans le futur schéma national de service collectif de transport (personnes et marchandises) ;
> Procéder à une évaluation indépendante, pour vérifier que l'ensemble es schémas de services de transports sont conformes au programme national de lutte contre le changement climatique et des engagements internationaux de la France en la matière ;
> Supprimer tout financement public à de nouveaux projets autoroutiers ;
> Donner la priorité aux infrastructures ferroviaires sur les infrastructures routières dans la mise en oeuvre des contrats de plan Etat-Régions ;
> Affecter 20 milliards de francs au transport ferroviaire de marchandises dans les 3 années qui viennent et développer une vraie politique pour les TER/RER et le Tram-Train, pour les déplacements de moyenne distance en milieu périurbain et rural.


Les transports routiers : une source de pollutions en tout genre

En France, les transports routiers sont la première source de pollution atmosphérique, avec de graves répercussions sur la santé. Ils sont la première source de bruit, surtout en milieu périurbain. Ils polluent aussi les eaux et les sols : des métaux lourds se déposent au bord des routes et les eaux de ruissellement sont chargées en hydrocarbures. Une autoroute est synonyme de nouvelles carrières, de destruction des paysages, d'imperméabilisation des sols, de destruction des habitats naturels, d'éclatement des tissus urbains.

Le système autoroutier français au bord de l'implosion financière !

L'essentiel du réseau des autoroutes est de fait public car l'Etat, qui initie et encourage les projets, est le garant des dettes des SEMCA (sociétés d'économie mixte de construction d'autoroutes). Or la dette aurpès de la Caisse nationale des autoroutes dépasse 250 milliards de francs pour un résultat d'exploitation de 19 milliards en 1999 ! De plus la Cour européenne de justice vient de décider que les péages sont assujettis à la TVA... depuis 1983 et l'Etat va donc devoir rembourser ! Faire payer le consommateur est difficile : certaines portions d'autoroutes sont tellement déficitaires qu'on les a rendues gratuites faute de pouvoir même financer les postes de péages !


La promesse de développer le rail ne se traduit pas dans les investissements !

La Cour des comptes dénombre 8813 km d'autoroutes et 6283 km de nationales à 2X2 voies ce qui fait un total de grandes voies routières de 16500 km (en 1998). A la suite du conflit sur la hausse des carburants, le ministère des Transports Jean-Claude Gayssot a confirmé sa volonté de doubler le transport de marchandises par le rail d'ici 2010. Mais ce doublement du fret permettra tout juste de conserver la part actuelle du rail dans les transports de marchandises, au vu de la croissance des transports routiers.
De plus, dans les contrats de plan Etat-Régions les crédits accordés au chemin de fer passent de 800 millions à 8 milliards et les crédits routiers de 22 milliars à 30 milliards. D'après l'Ademe, il faudrait 20 milliards de francs pour supprimer les goulets d'étranglements du rail et réaliser les investissements ferroviaires nécessaires en France. Huit milliards pour la rail, 30 milliards pour la route : deux poids, deux mesures !


Quelques idées reçues sur les autoroutes

Les autoroutes s'autofinancent ?
Le transport par camion ne paie que 60% du coût d'investissement et d'entretien des infrastuctures et à peine 40% de ses coûts totaux. S'il finançait son coût réel, ce mode de transport ne serait pas compétitif dans de nombreux cas. Ceci relativise le déficit financier du rail surtout si on prend en compte l'amélioration de la qualité de l'environnement et les services rendus à la collectivité.

Les autoroutes désenclavent ?
Le rapport "Brua" du Conseil général des Ponts et Chaussées et de nombreuses expériences ont démontréqu'au lieu d'irriguer les zones les moins denses qu'elles traversent, les autoroutes assèchent leur tissu économique (PME, commerces, équipements publics...) au profit des grandes villes.

Les autoroutes améliorent la circulation ?
En 1999, le transport par camion a augmenté de 8.7%. Au lieu de décongestionner les villes, les nouvelles autoroutes contribuent à l'augmentation du trafic en milieu urbain. Elles se surajoutent souvent à des voies de communication sous exploitées. Ainsi quatre autoroutes transversales Est-ouest en projet doublent des nationales qu'il suffirait d'améliorer.

Les autoroutes sont sûres ?
Les autoroutes sont certes moins dangereuses que les routes nationales, mais elles habituent à rouler vite et posent le problème de la fréquence et de la gravité des accidents à leur sortie. Il n'y a pas de corrélation entre kilométrage autoroutier et sécurité routière : depuis dix ans, le nombre de tués et de blessés sur les routes ne baisse pas malgré l'augmentation des kilomètres d'autoroutes.

Les Français aiment les autoroutes ?
Et si on leur demandait leur avis sur les programmes et les projets concrets ? La concertation se résume à des enquêtes publiques tardives, ne portant que sur les tracés, jamais sur l'utilité des projets pour la collectivité. La population n'est consultée que sur des tronçons qui ne donnent pas la mesure de l'impact réel d'ensemble.


La loi d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire

> Cette loi dite " Voynet " du 25 juin 1999 prescrit l'élaboration de huit schémas de services collectifs fondés sur une analyse critique des besoins et des alternatives dans une perspective de développement durable. Les grandes orientations de la politique des transports y sont définies en termes de rééquilibrage intermodal de l'offre de transport : priorité au fret ferroviaire et aux transports en commun en milieux urbains et sur urbains, régulation des transports et amélioration de leur efficacité environnementale. Les schémas de service de transport de voyageurs et de marchandises prévoient donc une approche multimodale. Ils sont conçus comme des outils de transparence et de cohérence de la planification à moyen et long terme de la politique de l'Etat.

Une fois élaborés, ces schémas de service transport sont soumis aux Conseils régionaux pour avis. C'est la première fois qu'une telle procédure est mise en œuvre. Le risque est que certains élus régionaux encouragent l'Etat dans la fuite en avant du suréquipement routier. Il est donc important de les interpeller. Les orientations générales du schéma de service marquent un progrès. Leur traduction ne doit pas être une reprise d'un programme autoroutier au moment où les enjeux planétaires appellent des mesures urgentes de lutte contre l'effet de serre et où les Français sont de plus en plus préoccupés par la dégradation de leur environnement.


La route, championne de l'effet de serre !

Après le Sommet de Rio en 1992, où la plupart des pays ont reconnu la nécessité de prendre des mesures pour limiter l'effet de serre, l'accord de Kyoto (1997) marque une étape supplémentaire en précisant les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les pays industrialisés s'y sont engagés à avoir diminué leurs émissions en 2010 de 5% par rapport au niveau de 1990. Cet engagement global se décline en fonction des pays : la France s'est seulement engagée à revenir au niveau de 1990 (objectif de 0%).

La Haye, une nouvelle étape clé
Du 13 au 24 novembre, cette conférence doit établir les modalités d'application du protocole de Kyoto. On y décidera en particulier de la part des mécanismes de flexibilité, systèmes de vente de droits d'émissions qui évitent aux pays riches d'avoir à réaliser les actions les actions de réduction sur leur territoire. L'existence ou non de sanctions contre les Etats ne remplissant pas leurs obligations, la place du nucléaire et des puits de carbone (plantations absorbant du gaz carbonique) seront aussi à l'ordre du jour.

Les engagements de la France
La France a ratifié le protocole de Kyoto et adopté un programme national de lutte contre le changement climatique. Même s'il a le mérite d'exister, ce plan soulève un problème : tous les secteurs de l'économie sont contraints à des efforts de réduction à l'exception des transports à qui il est consenti une augmentation de 25% de ses émissions à l'horizon 2010. Alors que, sans plan national, on attendrait 44 Mteqc (million de tonnes équivalent pétrole) en 2010 par rapport à 33 Mteqc en 1990, le plan prévoit 40 Mteqc en 2010. Pour l'appliquer il faut donc gagner 4 Mteqc en 10 ans. Selon la Mission Interministérielle sur l'Effet de Serre, un quart de ce gain doit être atteint par des infrastructures ferroviaires remplaçant des routes. Reste à les obtenir…


Pour en savoir plus

> Fret ferroviaire français : la nouvelle bataille du rail
Hubert HAENEL, François GERBAUD. Février 2003
Ministère de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer.
www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/034000114.shtml

> - Pollution de l'air et transports : Etude sur l'interrelation réelle entre les émissions provenant des transports et la qualité de l'air, compte tenu des évolutions techniques prévisibles et la transposition des directives européennes sur la qualité de l'air.
Eric GIROULT - CONSEIL GENERAL DES PONTS ET CHAUSSEES - Mai 2002
www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/034000213.shtml

> Dossier de la Documentation française : politique de la route et sécurité routière, juin 2003.
www.ladocumentationfrancaise.fr/dossier_polpublic/route/index.shtml

> Le site du Réseau Action Climat France : www.rac-f.org

> Le site de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports : http://perso.wanadoo.fr/fnaut

> Le site de la Mission Interministérielle de l'Effet de Serre : www.effet-de-serre.gouv.fr

> Le site de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie : www.ademe.fr

> Le site de la Convention cadre sur le changement climatique : http://unfccc.int/

voir aussi les échos médiatiques...


Agir pour l'Environnement - 2, Rue du Nord - 75018 Paris - Tél. 0140310237 - [email protected] - 2008