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FACE A L'EPR, D'AUTRES CHOIX ENERGETIQUES SONT POSSIBLES !!!

Pourquoi cette campagne ?
Les objectifs
L'EPR réinvente l'eau chaude...
Le nucléaire contre la démocratie ?
Produire plus ou consommer moins ?
Maîtrisons notre avenir !
10 gestes pour sauver notre planète
Pour un renouveau des renouvelables
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Echos médiatiques

Campagne 18 :
FACE A L'EPR, D'AUTRES CHOIX ENERGETIQUES SONT POSSIBLES !!!
Février 2004 à décembre 2004

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27 raisons de s'opposer aux amendements anti-éoliens !

Pourquoi cette campagne ?

A l'issue d'un débat national sur les énergies inconsistant, le Gouvernement s'apprête à autoriser la construction d'un prototype de centrale nucléaire dit " EPR " (European Pressurized Reactor), bien qu'un nombre important de protagonistes du dossier récusent le bien fondé d'un tel choix. L'Etat français tend, une nouvelle fois, à reprendre in extenso un argumentaire pro-nucléaire reposant sur des simplifications et omissions inacceptables !

Or, la future loi d'orientation sur l'énergie engagera pour plusieurs décennies la politique énergétique de notre pays. Bien que ce prototype ne soit que le dernier avatar d'une technologie déjà cinquantenaire, l'Etat français, Areva et EDF semblent prêts à engager plus de 3 milliards d'euros pour prolonger l'exception nucléaire française, à l'aide d'une technologie qui n'apporte aucun élément de réponse nouveau aux trois principaux problèmes que pose le nucléaire, à savoir : le risque d'accident majeur, la prolifération et les déchets à vie longue ! En surcapacité électrique chronique, la France n'a pourtant pas besoin de nouvelles centrales avant plusieurs décennies.

La seule urgence pour la France est de mettre en œuvre une véritable politique de maîtrise de l'énergie et de développement des énergies renouvelables. Mais force est de constater qu'il n'existe pas d'ambition en ce domaine. Alors que de nombreux pays européens misent fortement sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la France prend un retard considérable en s'acharnant à défendre le "tout nucléaire".

Canicule estivale, intempéries hivernales, risques sismiques et terroristes, prolifération nucléaire, déchets dont on ne sait que faire, etc. : le nucléaire est un mode de production énergétique qui n'est pas maîtrisé. Même s'il connaît les réticences d'une majorité de français, le Gouvernement tente une nouvelle fois de passer en force. Avant que ne soient prises des décisions irrévocables, un rapport gouvernemental et un rapport contradictoire faisant appel à une expertise indépendante du lobby nucléaire et de l'Etat, puis une conférence de citoyens, doivent être réalisés pour évaluer les conséquences du choix de l'EPR.


Les objectifs

La précipitation avec laquelle le Gouvernement cherche à imposer l'EPR relève d'un dogmatisme caractéristique de la politique énergétique française. Soumis à la pression d'un lobby extrêmement structuré, le Gouvernement est tenté d'écourter le débat en privilégiant une technologie nucléaire loin de faire l'unanimité. Nous demandons donc au Président de la République, au Gouvernement et aux Parlementaires français :

1. de surseoir sine die à toute décision visant à construire un prototype EPR ;
2. de publier ou de faire publier un rapport gouvernemental complet et un rapport contradictoire pour cerner objectivement, dans le cadre de scénarios prospectifs diversifiés d'évolution de la consommation d'énergie à moyen et long terme, la pertinence économique et les risques inhérents au développement de l'EPR en France, puis d'organiser une conférence de citoyens ;
3. de fixer, dans le cadre de la loi d'orientation sur l'énergie, un objectif absolu et chiffré en matière de réduction des consommations d'énergie et de développement des énergies renouvelables à différents horizons de temps (2010, 2015, etc.).
4. de proposer des politiques de maîtrise de l'énergie sectorielles claires et ambitieuses aux objectifs, moyens et calendrier précis, notamment dans les domaines du bâtiment, de l'entreprise et des transports.


L'EPR réinvente l'eau chaude...

Paré de toutes les vertus, le futur réacteur EPR n'est pourtant qu'une énième version des réacteurs traditionnels à eau pressurisée. De l'aveu même des défenseurs de ce prototype qui le qualifient d'évolutionnaire, le réacteur ne rompt pas fondamentalement avec les modèles précédents, n'améliorant que marginalement certains défauts trop voyants. C'est ainsi qu'en matière de sécurité, de productivité, de coût et même d'environnement, le prototype EPR n'est pas à la hauteur des enjeux du siècle à venir.

Sans contester le caractère effectif de quelques avancées techniques -qui soulignent implicitement les défaillances des centrales nucléaires actuelles !-, l'EPR reste et restera un modèle du XXe siècle, d'ores et déjà dépassé. Cette obsolescence consubstantielle doit conduire le gouvernement à abandonner la construction de l'EPR.

PLUS sûr ?
En multipliant les dispositifs de sûreté, comme la double enceinte de protection du bâtiment réacteur, l'EPR tente de répondre aux critiques qui ont fait suite à l'explosion de Tchernobyl. Ce type de prévention tente de limiter l'impact potentiel d'une fusion de cœur avec libération de radioéléments dans l'atmosphère. Or, " l'EPR n'intègre pas une sûreté aussi grande que possible, mais aussi grande que possible à un coût jugé raisonnable ", affirme l'équipe de Global Chance. Cette logique économique conduit les promoteurs de l'EPR à ignorer le risque de chute d'un avion commercial sur une centrale au lieu d'en faire une exigence réglementaire… Risque effectivement improbable pendant les 60 prochaines années, période de fonctionnement de cette centrale !

MOINS de déchets ?
Le combustible privilégié par les concepteurs de l'EPR est le MOX, composé pour partie d'uranium et pour partie de plutonium. N'ayant comme unique intérêt que de renforcer la cohérence du système nucléaire français en légitimant le centre de retraitement de la Hague (qui produit ce plutonium), l'utilisation de MOX engendre directement un risque accru de prolifération de plutonium. En généralisant l'usage de combustible à base de plutonium, on dissémine le risque nucléaire sur des sites autres que ceux affectés à la production d'électricité : centre de retraitement de la Hague, usine Mélox, routes françaises sur lesquelles le MOX est transporté…

Si des centrales alimentées par le MOX sont construites, les déchets qu'elles produiront seront in fine du même volume et du même poids que les déchets des centrales actuelles. Ni plus ni moins de déchets, mais des déchets plus fortement irradiés seraient ainsi engendrés.

PLUS économique ?
L'affirmation selon laquelle l'électricité nucléaire serait parmi les moins chères à produire est contestée de toutes parts. Cela n'empêche pas la Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières (DGEMP), haut lieu du lobby nucléaire sous tutelle du Ministère de l'Industrie, de produire des évaluations de coûts extrêmement compétitifs. Malgré les biais méthodologiques, rien ne vient ébranler les certitudes du Ministère de l'Industrie dans ses propres estimations. C'est ainsi que, pour baisser le prix unitaire de la construction d'un prototype EPR, la DGEMP mutualise les coûts de recherche et d'investissement en fondant ses calculs sur la construction d'une série de dix centrales en France. Bien qu'il soit inutile d'accroître la production électrique de plus de 20% -ce qui résulterait de la construction de dix réacteurs- alors que la France exporte déjà 20% de son électricité, l'évaluation est considérée comme raisonnable. Le coût d'investissement de la DGEMP est inférieur de 22% à l'évaluation relevée dans le rapport " Etude économique prospective de la filière électrique nucléaire ", effectué par Messieurs Charpin, Dessus et Pellat à la demande de Premier ministre Lionel Jospin en 2000. Selon Benjamin Dessus, l'un des auteurs de ce rapport, " la fiabilité de tels coûts prévisionnels basés sur la seule estimation des industriels et sans aucune référence aux coûts constatés, est évidemment très douteuse. "

MOINS d'effet de serre ?
Le nucléaire est régulièrement présenté comme étant " LA " solution miracle à l'épineux problème de l'augmentation des émissions de CO2 dans l'atmosphère qui est à l'origine des changements climatiques. Certes, le nucléaire produit peu de gaz à effet de serre. Toutefois, pour maintes raisons, il ne peut se substituer complètement aux sources d'énergie fossiles. Tout d'abord, il faudrait multiplier par dix la production d'électricité nucléaire d'ici 40 ans et construire pendant cette même période près de 4000 réacteurs, si l'on voulait agir de façon un tant soit peu significative sur le cumul des émissions mondiales de gaz carbonique d'ici 2050 (au niveau de 10% par exemple). Ce choix représenterait un coût d'investissement colossal estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros, multiplierait d'autant plus les risques sanitaires, environnementaux et géo-stratégiques (prolifération des foyers et des déchets radioactifs, y compris dans les pays les plus instables) et constituerait pour finir une option tout à fait irréaliste d'un point vue technique (au plus fort de l'expansion du parc nucléaire mondial, 38 réacteurs ont été raccordés au réseau nucléaire en un an).

Rappelons que l'essentiel des émissions françaises de gaz à effet de serre provient de l'usage de l'énergie dans les transports, les bâtiments, l'industrie et l'agriculture. Ce sont des secteurs d'activités qui ne sont pas susceptibles, dans un avenir prévisible, d'avoir recours à l'électricité d'origine nucléaire. Pour respecter ses engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto, à savoir maintenir pour 2008 - 2012 ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990, la France doit par conséquent mener en priorité une politique ambitieuse de réduction des émissions dans ces secteurs.


Le nucléaire contre la démocratie ?

Alors que la France est susceptible de faire le choix d'un outil technologique qui serait utilisé pendant 60 ans et engendrerait des déchets hautement radioactifs pour des millénaires, rien ne semble prévu pour consulter les citoyens sur des décisions nous engageant sur le long et très long terme. Notre démocratie vacille devant des temps dépassant de très loin le mandat de l'élu décisionnaire.

Notre responsabilité collective à l'égard des générations futures devrait conduire les décideurs politiques à récuser toute précipitation en la matière afin de consulter les citoyens et d'aboutir à un consensus. Devant cet enjeu démocratique, le lobby nucléaire s'agite en coulisse. A technologie centralisée et non transparente… décision verrouillée et obscure ?!

Rien n'empêche la publication d'un rapport gouvernemental puis d'un rapport contradictoire cernant objectivement, dans le cadre de scénarios prospectifs diversifiés, la pertinence économique et les risques inhérents au développement de l'EPR en France. Ces rapports pourraient être suivis d'une conférence de citoyens permettant d'exposer objectivement les tenants et les aboutissants du prototype EPR, sans fuir les risques et les enjeux. Jamais en France ce débat n'a eu lieu, traduisant de fait une peur irrépressible des responsables politiques envers les citoyens et leur jugement sur le nucléaire en général et sur l'EPR en particulier.

La décision de construire une nouvelle centrale nucléaire, a fortiori quand tous les pays européens renoncent les uns après les autres au nucléaire, doit être le fruit d'un débat collectif approfondi et d'un consensus reposant sur des arguments objectifs connus et acceptés de tous.


Produire plus ou consommer moins ?

A échéance de 20 à 30 ans, la France n'a pas besoin de nouvelles sources de production électrique d'ampleur. Victimes d'une vision productiviste, les responsables politiques reproduisent les erreurs qui ont conduit la France à se doter d'un appareil de production électronucléaire totalement surdimensionné engendrant exportations à prix cassés et pertes d'énergie sur les lignes à haute tension. La volonté de construire une nouvelle centrale EPR, alors que la France exporte d'ores et déjà massivement son électricité, est un non-sens économique. Mobiliser l'équivalent de trois milliards d'euros dans un prototype ajoutant de la surproduction à la surproduction s'inscrit une nouvelle fois dans une politique qui nie les besoins réels pour imposer un outil technologique qui ne fera qu'accroître le gaspillage énergétique, type climatisation ou chauffage électrique.

Selon les estimations du rapport " Etude économique prospective de la filière électrique nucléaire ", une politique de maîtrise de l'énergie liée à une diversification ambitieuse de la production repousserait tout besoin électrique supplémentaire de plusieurs décennies. Malheureusement, la mainmise du lobby électronucléaire impose ses vues sur l'appareil d'Etat, et cela en dehors de toute objectivité. Les experts de Global Chance indiquent qu' " il ne sera pas nécessaire avant 2028 ou 2033, selon les durées de vie du parc, d'introduire de nouveaux moyens nucléaires. Bien entendu, des programmes plus ou moins ambitieux de maîtrise de l'énergie retarderaient ces échéances. "

Malgré ces mises en garde répétées d'experts indépendants, la DGEMP n'hésite pas à préconiser le lancement immédiat d'un prototype EPR, préconisation ne reposant sur aucun scénario crédible ni validé à la suite de débats contradictoires.

En s'enfermant de la sorte dans une logique jusqu'au-boutiste, le lobby nucléaire tente de reprendre la main après une décennie pendant laquelle les citoyens ont massivement refusé le "tout nucléaire". Or, en poussant sans discernement à la construction de l'EPR, les tenants du nucléaire prennent le risque de soutenir un prototype technologiquement peu novateur, économiquement peu rentable et toujours aussi dangereux…


Maîtrisons notre avenir !

Au-delà des discours grandiloquents en faveur de la maîtrise de l'énergie que tout le monde reconnaît comme indispensable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et sortir du nucléaire, le livre blanc sur les énergies édité par le Ministère de l'Industrie -précédant le vote d'une loi sur l'énergie- semble malheureusement peu volontariste sur le sujet.

La faiblesse et la discontinuité des moyens dédiés à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sont à mettre en parallèle avec la puissance de frappe des producteurs d'énergie, dont l'objectif premier est d'accroître encore et toujours la consommation finale. Confondant encore trop souvent le " plus de consommation " avec le " mieux être ", le Ministère de l'Industrie tergiverse en gagnant du temps grâce à des propos dilatoires non suivis d'effets !

Le triptyque " Réglementation / Incitation financière / Information " doit être traduit dans une loi sur la maîtrise de l'énergie afin de diviser par deux la consommation française d'énergie, seul objectif compatible avec la nécessaire division par quatre des émissions de gaz à effet de serre, reconnue comme objectif ultime de la politique énergétique française. Un objectif chiffré et contraignant décliné pour les secteurs du bâtiment, des transports et de l'industrie doit être inclus dans cette loi.


10 gestes pour sauver notre planète

1. Eteindre les veilles des appareils électroménagers (additionnées, celles-ci peuvent consommer 400 kWh par an, soit 10% de la consommation électrique des ménages).
2. Utiliser un couvercle pour faire bouillir de l'eau (pour maintenir 1,5 litre d'eau en ébullition sans couvercle, il faut une puissance de 720 watts ; avec un couvercle, 190 watts suffisent).
3. Remplacer les ampoules conventionnelles par des lampes fluocompactes (elles consomment quatre à cinq fois moins et économisent donc près de 1000 kWh pendant leur durée de vie).
4. Eteindre la lumière en quittant une pièce.
5. Limiter la température intérieure d'une habitation à 19°C et à 16°C dans les chambres (chaque degré supplémentaire consomme 7% d'énergie en plus).
6. Sécher son linge à l'air libre ou dans un local bien ensoleillé (un sèche-linge consomme environ 500 kWh par an, soit 15% de la consommation électrique).
7. Généraliser progressivement les appareils électroménagers étiquetés dans la catégorie A (en France, une politique ambitieuse dans ce domaine permettrait d'économiser plus de 12 milliards de kWh).
8. Abandonner le chauffage électrique (entre un tiers et un quart de l'énergie produite est réellement utilisée pour chauffer l'air de la pièce) et éviter la climatisation.
9. Remplacer les chauffe-eau électriques par des chauffe-eau solaires (un capteur solaire peut assurer 40 à 70% des besoins annuels d'eau chaude).
10. Bien disposer le mobilier d'une pièce pour profiter de la lumière naturelle.


Pour un renouveau des renouvelables

Bien que certaines énergies renouvelables atteignent une maturité technico-économique avérée, la France continue à nier le potentiel de ces nouvelles énergies. Selon Greenpeace, sur une même durée, " un programme éolien de même coût total que la tête de série EPR produirait clairement plus de courant à son apogée (2,3 fois plus), soit près de 24 TWh par an, contre 10 TWh pour le réacteur nucléaire ". De plus, une directive européenne invite les Etats membres à accroître sensiblement la part des renouvelables dans leur production énergétique. La France se doit, d'ici à 2010, d'atteindre une part de 21% d'énergies renouvelables dans sa consommation d'électricité. L'attentisme conservateur s'ajoutant aux pulsions pro-nucléaires de certaines administrations, notre pays prend un retard technologique considérable, retard qui se traduira un jour ou l'autre par un coût de licence que nous devrons payer aux Etats moteurs sur le sujet. Ce retard porte dès aujourd'hui préjudice aux pays en développement qui pourraient bénéficier, par effet d'apprentissage et économies d'échelle, d'un plus grand accès aux énergies renouvelables si seulement les pays développés comme la France en utilisaient plus.

Au-delà des discours en faveur d'un rééquilibrage entre le nucléaire et les énergies renouvelables, la loi d'orientation sur l'énergie doit fixer les grandes lignes à atteindre à échéance de 10, 20 et 30 ans en matière d'énergie renouvelable (éolienne, solaire, géothermique, cogénération, bois-énergie…). Des tarifs d'achat incitatifs et une simplification administrative devraient conduire la France sur le même chemin que celui emprunté depuis une dizaine d'années par l'Allemagne, le Danemark, l'Espagne et d'autres pays européens.


Agir pour l'Environnement - 2, Rue du Nord - 75018 Paris - Tél. 0140310237 - contact@agirpourlenvironnement.org - 2008