< CAMPAGNES APE
 

4x4 = Zéro de conduite !


Pourquoi cette campagne ?
Les demandes
4x4... plus de pollution ?!?
4x4... plus sûrs ? Pour qui !!!
Malus gouvernemental ?
Bonus écologique !
Une société des pétrooliques anonymes !
PDU : Les finacements en plan
Echos médiatiques
Prix Tuvalu du dérèglement climatique remis à Mercedes-Benz


envoyé par rue89
Koléos, le premire 4x4 de Renault
palme d'or 200 du dérèglement climatique
Plus d'infos : www.koleos.tv

Téléchargez le 4 pages de campagne
Téléchargez les cartes postales de la campagne

Mondial de l'auto
Les casques verts en action contre les 4x4

Les photos et vidéo de l'action
La Lettre ouverte au PDG de Renault

Gare de Lyon :
Une nouvelle concession auto ?

Lire le communiqué
Lire la lettre ouverte + la réponse de la Pdte SNCF
Voir les photos et vidéo de l'action
4x4 de Peugeot :
Les écologistes sortent les griffes !
Lire le communiqué

Lire le communiqué : Peugeot-Citroën recoît le prix Tuvalu du dérèglement climatique
Lire le communiqué : Salon de l'automobile de Genève : Les écologistes seraient-ils de dangereux terroristes ?



Ecoforum

Pourquoi cette campagne ?

Avec une progression des ventes avoisinant les 20% pour le premier semestre 2004, les véhicules à quatre roues motrices ont le vent en poupe. Bénéficiant d'une publicité incessante, les 4x4 représentent désormais 5% du parc automobile français. Contre toute attente et malgré les dénégations des thuriféraires de ces véhicules, ils sont majoritairement utilisés en milieu urbain pour des trajets courts. Leur inadaptation est donc criante mais l'air du temps semble interdire toute remise en cause.

C'est ainsi qu'un effet de mode purement compulsif, tout droit venu des Etats-Unis, peut prospérer dans et à proximité des zones urbaines ! Ces véhicules parmi les plus gourmands en carburant utilisent égoïstement une ressource naturelle précieuse tout en accroissant encore un peu plus nos émissions de gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique. Avec un poids dépassant la tonne et demie, un gabarit souvent hors de proportion et une certaine incivilité caractérisée par des stationnements anarchiques permis par un bas de caisse surélevé, les 4x4 sont en partie responsables de l'insécurité routière ambiante.

Alors que le Gouvernement se penche sur cette question épineuse tout en tergiversant à l'aide de mesures dilatoires, le 4x4 se développe et prend place dans le paysage courant, hors de toute fonctionnalité. L'épuisement des ressources naturelles, le dérèglement climatique et l'insécurité routière persistante réclament des responsables politiques courageux à même de maîtriser les achats irréfléchis de certains automobilistes adeptes du « toujours plus ».


Les demandes

La mise en oeuvre d'un bonus/malus à l'achat de véhicule neuf, annoncé précipitamment par le Ministre de l'Ecologie, a été renvoyée à un hypothétique accord européen, suite aux pressions exercées par plusieurs ministres relayant les récriminations des constructeurs automobiles. Face à ce lobbying inacceptable, nous demandons au Ministre des Transports, au Président de l'AMGVF et aux principaux constructeurs automobiles :

- de généraliser un affichage clair identifiant les véhicules les plus émetteurs de gaz à effet de serre grâce à un étiquetage de A pour les moins émetteurs à G pour les plus polluants ;
- de proscrire des centres urbains les véhicules étiquetés dans les catégories E, F et G et limiter l'accès des véhicules classés C et D lors des pics de pollution de niveau 2 ;
- de relancer le projet de malus pour l'achat des véhicules les plus consommateurs et de réintroduire une taxe annuelle frappant tous les véhicules particuliers, proportionnelle aux émissions de gaz à effet de serre et incluant les différentes options comme la climatisation ;
- d'imposer un message explicite -sensibilisant l'éventuel acquéreur aux effets dramatiques du dérèglement climatique- sur tout support publicitaire vantant les mérites des 4x4 et autres véhicules polluants ;

- de promouvoir, par l'intermédiaire d'incitations financières attractives type crédit d'impôt, les modes de déplacement écologiques comme la marche à pied, le vélo, les rollers, les bus, tramways et métros ;
- de rétablir le financement des plans de déplacement urbain et d'obtenir des collectivités locales et de tous les établissements et organismes publics qu'ils se dotent de plan de déplacement d'entreprises.


4x4... plus de pollution ?!?

Les véhicules à quatre roues motrices polarisent, à raison, l'attention des écologistes. Avec un argumentaire "clef en main" rédigé par leur fédération, les acharnés du 4x4 tentent de brouiller les pistes en comparant leur véhicule à des berlines et autres familiales dont les consommations avoisinent parfois celles des 4x4. Qu'en est-il en réalité ? A partir de données transmises par les constructeurs automobiles, il est possible d'établir un étiquetage incontestable reposant, non sur une catégorie de véhicules en particulier, mais sur les émissions de gaz à effet de serre et la consommation de carburant de chaque véhicule.

Force est de constater que ces chiffres font apparaître les 4x4 en haut du classement des véhicules les plus polluants, quelles que soient les dénégations maladroites de leurs aficionados. Les émissions moyennes de CO2 pour les véhicules neufs tous terrains sont de 232 grammes de CO2 par km, 146 grammes de CO2 par km pour les berlines neuves. Chiffres en main, il est ainsi possible d'identifier à l'aide d'un étiquetage clair et lisible les automobiles les plus polluantes.

Grâce à cet étiquetage, chacun doit pouvoir comparer le prix d'achat ainsi que le coût de fonctionnement pour 10.000 kilomètres en cycle mixte et urbain, de même que les rejets de CO 2 . Sur le modèle des produits électroménagers, chaque véhicule doit être doté d'une lettre, de A pour les moins polluants à G pour les plus émetteurs. Pour que cet étiquetage ne reste pas lettre morte, le Gouvernement doit aider financièrement l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie à organiser des grandes campagnes d'information sur le sujet.


4x4... plus sûrs ? Pour qui !!!

L’insécurité routière produit des effets paradoxaux. Au lieu de limiter une vitesse excessive en bridant des moteurs surpuissants, les constructeurs font preuve d’une imagination sans limites jouant la surenchère permanente entre les automobilistes et les autres usagers de la route. C’est ainsi que les 4x4 sont réputés plus sûrs pour le propriétaire dudit véhicule… Sécurité acquise aux dépends d’imprudents piétons ou cyclistes chez qui le risque de mortalité est trois fois supérieur si ce même 4x4 est impliqué dans un accident ! Claude GOT, accidentologue, indique que « face à une Twingo ou une Clio, il y a une telle asymétrie de poids que l'on sait à l'avance où seront les morts en cas de collision. En ville, la prolifération de ces engins polluants est une erreur manifeste. »

En plaçant le conducteur « au-dessus de la mêlée », celui-ci acquiert un sentiment de supériorité qui le conduit à accélérer imperceptiblement. Cette prise de hauteur aveugle corrélativement les autres usagers placés à l’arrière du 4x4. Les véhicules à quatre roues motrices ne sont donc ni plus sûrs pour leur conducteur dont le centre de gravité plus élevé entraîne un risque de tonneaux trois à quatre fois plus élevé, ni a fortiori pour les individus qui ont fait le choix de récuser la surenchère auto…tiste !

Face à l’hécatombe routière qui endeuille des milliers de familles chaque année, le Ministre des Transports doit avoir le courage de proposer enfin un bridage des moteurs à 150 km/h.


Malus gouvernemental ?

La suppression de la vignette automobile a implicitement accru l’avantage de l’automobile sur d’autres modes de transport qui doivent directement payer leur infrastructure (comme le rail). Alors qu’il s’agirait au contraire d’internaliser les coûts environnementaux dans le prix d’achat et de fonctionnement d’un véhicule, les gouvernements successifs s’acharnent à soutenir financièrement les usages polluants aux dépens de ceux préservant l’environnement.

Cette façon irresponsable de se défausser sur les générations futures relève d’un sentiment d’impuissance trop répandu chez les décideurs politiques. En considérant la possession de 4x4 et autres automobiles surpuissantes comme la reconnaissance d’une certaine réussite sociale plutôt que comme un fait générateur d’une nuisance environnementale qu’il s’agirait de limiter, notamment en zone urbaine, les ministres de l’économie, des transports et de l’environnement abdiquent devant la puissance d’un lobby regroupant les pétroliers, les constructeurs automobiles et les entreprises de travaux publics.

Une taxe annuelle aurait pourtant une valeur pédagogique en renchérissant les produits énergivores tout en guidant le consommateur vers des achats moins nocifs pour l’environnement. Pour être acceptée, cette taxe doit être juste au regard d’un objectif politique reposant sur la santé publique et la préservation de la planète. Sur cette base, une taxe annuelle peut et doit frapper les véhicules les plus polluants à partir de données objectives reposant sur les émissions de gaz à effet de serre de chaque véhicule mis sur le marché. Afin de ne pas minorer la réalité de ces émissions, le calcul des rejets doit prendre en compte l’ensemble des options qui ont un impact direct sur le dérèglement climatique, comme la climatisation installée de série sur plus de trois véhicules sur quatre !

La France est le seul pays parmi les 15 de l’Union européenne (avant élargissement) à n’être doté ni d’une taxe à l’achat ni d’une taxe annuelle spécifique aux véhicules ! Nous demandons aussi au Gouvernement de mettre en œuvre au plus vite le projet de malus à l’achat pour les véhicules les plus polluants.


Bonus écologique !

L’intérêt indiscutable du bonus/malus est le lien direct créé entre la taxe et son affectation. Par un effet de vase communicant, le malus équilibre le bonus. Mais l’annonce de la création d’un bonus/malus doit coïncider avec sa mise en œuvre, sous peine d’entraîner des effets pervers difficilement contrôlables. En précipitant l’annonce de la création d’une telle taxe/incitation, le gouvernement a pris le risque de pousser les futurs acquéreurs de 4x4 à anticiper l’achat de véhicules particulièrement polluants tout en incitant les automobilistes plus responsables à repousser le leur en attendant l’aide fiscale promise.

Il y a donc urgence à appliquer ce qui a été annoncé en juin 2004 ! D’autant que chacun mesure bien l’intérêt écologique qui consiste à soutenir financièrement les pratiques écologiques comme la marche à pieds, les rollers, le vélo, les déplacements en bus, tramways et métro. Exclure ces modes de déplacement du bonus reviendrait, une nouvelle fois, à aider des véhicules moins polluants… mais polluants quand même, et ce aux dépens des modes de déplacement réellement écologiques.

Attendre un très hypothétique accord européen pour mettre en œuvre une telle mesure disqualifierait pour longtemps le gouvernement auteur d’un tel effet d’annonce non suivi de mesures concrètes.


Une société des pétrooliques anonymes

La jungle urbaine est peuplée d'Indiana Jones en mal d'espaces à conquérir… dont le mode de déplacement est un 4x4 ! Cette mode grotesque prêterait à sourire si elle n'entraînait pas une surconsommation démesurée de carburant, frôlant pour certains modèles les 25 litres aux 100 kilomètres tout en rejetant, pour chaque kilomètre parcouru, l'équivalent d'un ½ kg de CO2 , climatisation en fonctionnement !

Les collectivités locales ont le devoir de pallier l'inaction de l'Etat en adoptant des mesures réglementaires permettant de limiter certains accès aux véhicules particulièrement polluants. Sans attendre l'introduction d'un bonus-malus ou l'évolution des comportements, les agglomérations et villes densément peuplées peuvent, sur la base des données émises par l'Ademe, établir une liste des modèles très polluants à proscrire immédiatement de certaines zones et une deuxième liste moins coercitive qui entrerait en application lors des pics de pollution de niveau 2.

Parce qu'il s'agit de sauver l'équivalent de 10.000 vies par an écourtées par une pollution atmosphérique de fond, parce qu'il s'agit également de limiter notre impact sur le dérèglement climatique et enfin, parce que nous n'avons pas le droit d'épuiser égoïstement les ressources naturelles précieuses que nos enfants nous envieront en nous maudissant, un sevrage nécessaire doit nous conduire à réapprendre la sobriété et la simplicité, à mille lieux des chevauchées embouteillées des conducteurs de 4x4.


PDU : les financements en plan

La gestion des transports en milieu urbain ne peut reposer exclusivement sur des incitations fiscales individuelles, fussent-elles très pertinentes ! C'est la raison pour laquelle les Plans de déplacement urbains (PDU), outils issus de la Loi sur l'air adoptée en 1996, obligent les villes de plus de 100.000 habitants à se doter d'un plan visant à réduire la pression automobile et offrir des alternatives écologiques.

Mais malgré l'intérêt d'outils reposant sur la subsidiarité, l'Etat, par son désengagement financier unilatéral, porte une lourde responsabilité. Depuis trois ans, les subventions d'investissement ont chuté, entraînant de fait une suspension d'n grand nombre de projets de transport en commun en site propre comme les tramways. Pourtant, tant que les infrastructures manqueront, les discours sur la pollution et ses conséquences resteront sans lendemain.

Il n'en reste pas moins que sans attendre, les collectivités locales doivent s'astreindre à respecter la loi sur l'Air en se dotant d'une flotte de véhicules propres et proposer à leurs administrés un bonus local à l'achat de vélos ou à l'tilisation régulière des transports en commun.


Agir pour l'Environnement - 2, Rue du Nord - 75018 Paris - Tél. 0140310237 - contact@agirpourlenvironnement.org - 2008