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Notre environnement,
c'est notre santé"


Pourquoi cette campagne ?
Les objectifs
Les substances chimiques
Les déchets
La téléphonie mobile
Les pesticides
Les nuisances sonores
Les organismes génétiques manipulés
Tout va très bien Madame la marquise...
Une question de principe
Echos médiatiques

Campagne 21 :
"Notre environnement, c'est notre santé"
Avril 2005 à 31 décembre 2005

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Projet européen REACH sur les substances chimiques : Envoyer un courriel aux parlementaires européens
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Ecoforum

Pourquoi cette campagne ?

Nous sommes face à des épidémies modernes : croissance des cancers (hausse de 40% ces vingt dernières années à âge égal), croissance de l’asthme (doublement en 20 ans, un enfant sur trois en Europe), des allergies (10% des enfants présentent des symptômes allergiques), de l’infertilité (un couple sur sept rencontre des difficultés pour procréer, 50% de baisse du nombre de spermatozoïdes sur les deux-trois dernières générations)… Ces « maladies créées par l’homme», selon l’expression du cancérologue Dominique Belpomme, trouveraient leurs origines dans notre environnement :
• Dans notre alimentation par la pollution persistante, parfois radioactive, par les résidus de pesticides et plusieurs autres substances de synthèse incorporées volontairement (additifs alimentaires).
• Sur les lieux de travail via les produits industriels (production primaire et transformation en aval). À cet égard, la mortalité due à l’amiante représente la plus importante crise de sécurité sanitaire.
• Dans la pollution atmosphérique et sonore via le trafic automobile.
• Dans l’environnement intérieur via les cosmétiques, les matériaux de construction, les meubles et les produits domestiques.
• Dans la zone d’impact des champs électromagnétiques causés par les téléphones mobiles ou les antennes-relais.

Face à cela, le Plan National Santé Environnement et le Plan National Santé Travail apportent des réponses bien timides. La recherche en santé environnementale est toujours aussi faible. Le Plan Cancer n’a pas de volet environnemental. Il n’y a toujours pas d’agence de sécurité sanitaire de l’environnement digne de ce nom.

La complaisance face aux lobbies est dangereuse. Ainsi, seuls 3% des 100000 substances chimiques aujourd’hui commercialisées ont été évaluées. Les effetsà moyen et long terme de la diffusionà grande échelle de molécules chimiques dans notre environnement sont donc encore largement inconnus. Et le lobby de la chimie s’oppose à la directive européenne REACH qui vise à tester de telles substances avant leur mise sur le marché ! Dans nos villes et dans nos lieux de vie, la santé environnementale est aujourd’hui un enjeu majeur qui doit faire l’objet de politiques publiques à la hauteur.


Les objectifs

Malgré des promesses gouvernementales répétées, la «santé environnementale » demeure l’un des parents pauvres du système juridique et de la recherche française. Ce que nous buvons, mangeons, touchons, respirons ou entendons a des conséquences sur notre santé et celle des générations à venir. Les citoyens, le Gouvernement et la Commission européenne doivent donc œuvrer ambitieusement en vue de :

> Dans le cadre du Plan National Santé Environnement :
• s’appuyer sur le projet REACH renforcé pour développer les capacités d’expertise
nationale en matière de sécurité sanitaire et environnementale vis-à-vis du risque chimique;
• mettre en place un régime de responsabilité imprescriptible des industrielsà l’égard des produits qu’ils mettent sur le marché, soumis à sanctions financières et pénales;
• réformer et donner à l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement les mêmes ressources que celles affectées à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et créer un comité d’éthique sur l’expertise ;
• augmenter le budget de la recherche sur l’évaluation des risques (toxicologie, épidémiologie, expologie), notamment par la création de nouveaux postes ;
• ajouter un module de formation sur la santé environnementale dans les formations scolaires et universitaires;
• mettre en œuvre une véritable politique d’évaluation de la pollution de l’environnement intérieur.

> De manière spécifique :
• évaluer, réduire et substituer les pesticides existants en augmentant les surfaces agricoles biologiques et durables, et en orientant la recherche vers des solutions alternatives;
• promouvoir les alternatives à l’incinération et à la mise en décharge ;
• réglementer efficacement le développement de la téléphonie mobile ;
• systématiser les cartographies du bruit et résorber les points noirs du bruit;
• interdire la dissémination dans l'environnement de tout organisme génétiquement modifié (OGM) tant que l'absence de risque pour la santé humaine et l'environnement n’a pas été démontrée par des évaluations contradictoires.


REACH, une solution aux substances chimiques

La future réglementation communautaire REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques) doit permettre de lever l’ignorance sur la toxicité de 97% des substances chimiques commercialisées (sur un total de 100000 substances). Ce projet essentiel ne coûtera, selon les estimations
de la Commission européenne, pas plus de 0,05% de son chiffre d’affaires à l’industrie chimique sur les 11 ans de mise en place de REACH (soit 2,3 milliards €) et pourra économiser, dans les hypothèses les plus conservatrices, 50 milliards € de dépenses de santé publique sur 30 ans.

Prévenir la présence de substances toxiques dans le cordon ombilical, le placenta ou le lait maternel ; mettre fin à l’exposition des citoyens aux pollutions de leur environnement intérieur (domestique et de travail soit 90% de notre temps); protéger la biodiversité; assurer la transparence et la circulation de l’information depuis l’industrie jusqu’au consommateur; garantir la pleine responsabilité des acteurs économiques; engager l’industrie vers l’écoinnovation : telles sont les ambitions minimales à exiger de REACH.

La version actuelle de REACH doit être renforcée autour de cinq points cruciaux : la substitution obligatoire des substances dangereuses par les alternatives disponibles, l’extension des exigences d’information et d’évaluation à l’ensemble des substances commercialisées, l’application du droit de savoir pour les travailleurs et les consommateurs, la mise en place d’un contrôle qualité indépendant des évaluations produites par l’industrie, la réintroduction d’un «devoir de prudence » pour tout producteur de substances chimiques.

Au niveau national, la création d’une Agence chimique européenne devra renforcer les capacités quasi inexistantes de la France en matière d’expertise indépendante et de sécurité sanitaire et écologique.


Une gestion plus saine des déchets est possible !

Seuls 20% de nos déchets sont recyclés ou compostés. Le reste part en décharge ou à l’incinération. Or, la mise en décharge incontrôlée ou laxiste et l’incinération de nos détritus sont dangereuses pour notre santé. Les jus de décharge, chargés en bactéries et substances chimiques, polluent les nappes phréatiques, les cours d’eau et les sols, et entrent dans la chaîne alimentaire.

La combustion des ordures ménagères génère des dioxines, des métaux lourds et des centaines d'autres substances polluantes. Les nouvelles normes exigibles fin 2005 pour les incinérateurs diminueront certes la quantité par m3 de substances dégagées, mais au vu de l'augmentation des tonnages incinérés, ces substances continueront à être dispersées en quantité importante et ne perdront pas leur caractère toxique. La dioxine la plus nocive est reconnue cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé. Les dioxines sont également responsables d'affections dermatologiques, cardio-vasculaires, hépatiques, endocriniennes et causent des troubles de la reproduction.

Des alternatives à la gestion des déchets par décharges et incinération existent. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et aux entreprises d’agir en faveur de la réduction à la source de la quantité et de la toxicité des déchets, de la production propre des entreprises, de la durabilité et de la réutilisation des produits. Nous invitons les consommateurs à préférer les produits réparables et réutilisables aux produits jetables, les produits recyclés puis ceux recyclables aux produits qui ne le sont pas ainsi qu’à composter davantage.


Téléphonie mobile : Insup-PORTABLE !

Tandis que la controverse entourant le développement de la téléphonie mobile persiste, une série d'études officielles (menées par des chercheurs suédois, hollandais et allemands, et les résultats du programme européen REFLEX) vient renforcer l'inquiétude légitime des riverains d'antennes-relais et des utilisateurs de portables. Ces études montrent le risque de développement de tumeur du nerf auditif ou de modification de la fonction cognitive chez les utilisateurs de portables. Malgré ces signaux d'alerte, le Gouvernement français, s’appuyant sur les rapports de quatre «scientifiques» complaisants, privilégie un attentisme inacceptable. Prenant le contrepied de cet immobilisme, nous demandons de réduire l'exposition des riverains des antennes-relais à 0,6 volt par mètre et d’interdire la vente des portables destinés aux enfants dont le système nerveux est en pleine croissance et donc particulièrement sensible.


L'utilisation intensive des pesticides nuit gravement à la santé

L’agriculture a massivement recours aux pesticides. Notre pays est le premier utilisateur européen de ces substances avec 90000 tonnes par an.

En subissent les conséquences notre environnement et notre santé : 80% des eaux de surface sont polluées par les résidus de pesticides, 57% des eaux souterraines; la pollution se retrouve également dans l’air et dans nos aliments. Au final, ce sont nos organismes qui concentrent ces résidus et risquent de développer des cancers (lymphomes, cancers de la vessie, du cerveau, du sein, leucémies…), des troubles du comportement, des malformations génitales et des problèmes d'infertilité.

Des études épidémiologiques ont par exemple conclu que des femmes exposées pendant le début de leur grossesse à des pesticides avaient trois fois plus de risques de faire une fausse couche suite à une malformation du fœtus que celles non exposées aux pesticides. Pour sortir de cette situation, il faut favoriser une agriculture utilisant peu ou pas de produits chimiques de synthèse. L’agriculture biologique, qui en bannit l'emploi, est une solution exemplaire. L’agriculture durable, qui n’emploie les pesticides qu’en dernier recours, est aussi à favoriser.

Aujourd’hui, la Commission européenne ne propose qu’un projet de stratégie thématique (moins contraignante qu’une Directive) pour l’ «utilisation durable» des pesticides. La France se contente d’un plan de réduction des risques liés à leur utilisation, sans objectif de réduction; l’agriculture dite raisonnée – qui ne prévoit pas de réduction de l’utilisation des pesticides, est promue en lieu et place de l’agriculture biologique et durable. Face à ces résistances, il reste à faire pression pour que soient retenus des objectifs chiffrés de réduction de l’utilisation des pesticides et d’augmentation des surfaces agricoles biologiques et durables sur tout le territoire !


Reconnaître le droit au calme

La puissance, la hauteur et la fréquence des ondes sonores détruisent notre corps ou contribuent à le détruire. Les basses fréquences et infrasons génèrent les plus puissants troubles.

Chez les jeunes, les cas de surdité précoce se multiplient et les enseignants constatent des difficultés de concentration, une hausse du stress et de l’agressivité. Chez les adultes, si le bruit alimente le stress, il perturbe également la structure de notre sommeil, modifie nos comportements, dérègle notre système digestif et malmène notre rythme cardio-vasculaire. Il a été montré que le risque d’hyper-tension artérielle est 2 fois plus élevée chez les sujets dormant dans un environnement bruyant que pour le reste de la population!

L’ordonnance du 12 novembre 2004 sur la cartographie du bruit doit être rapidement appliquée.


Il faut davantage d'études sanitaires sur les OGM

De nombreuses études font état de dommages potentiels graves à la santé d'insectes et d'animaux de laboratoires ayant consommé ou ayant é té exposés à des plantes transgéniques (allergie, perte de fertilité, augmentation de la mortalité, proliférations cellulaires anormales...). Bien que publiées dans des revues scientifiques, plusieurs de ces études sont contestées par les laboratoires producteurs d'OGM, mais n'ont jamais été reproduites ni vérifiées et les auteurs de ces études se voient souvent privés de crédits publics. Ces études doivent être poursuivies et menées à terme avant toute autorisation de dissémination !


Tout va très bien, Madame la Marquise...


En France, depuis vingt ans, on constate un doublement des cancers du sein et un triplement des cancers de la prostate. En Europe et aux États-Unis, l’incidence des cancers chez l’enfant augmente de 1% par an depuis 1970. Le nombre de lymphomes, tumeurs cérébrales, allergies… croît de manière inquiétante, en particulier chez les plus jeunes.

Alarmés par cette situation, de nombreux scientifiques, chercheurs et médecins internationaux se mobilisent. En juin 2004, plusieurs dizaines de chercheurs et de praticiens, dont plusieurs Prix Nobel, associés à plus de 400 organisations non gouvernementales (ONG) en Europe, rendaient public l’Appel de Paris. «L’espèce humaine [étant] en danger», il est urgent d’agir d’autant que l'augmentation des maladies liées aux pollutions a un coût financier déjà important qui risque de devenir phénoménal.

Pour enrayer ce phénomène, il faut augmenter le budget de la recherche sur l’évaluation des risques, octroyerà l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement des ressources supplémentaires, créer un comité d’éthique sur l’expertise et ajouter un module de formation sur la santé environnementale dans tous les cursus.


Une question de principes



Agir pour l'Environnement - 2, Rue du Nord - 75018 Paris - Tél. 0140310237 - [email protected] - 2008