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Copenhague... Un Sommet d'incohérence ?

Pourquoi cette campagne ?
Demandes et cibles
Autoroutes : Une voie sans issue !
Course automobile : Tout à une F1

Nucléaire : l'EPReuve de force !
Aéroport : Il est temps d'attérir...
Charbon : Mine... de rien !
La carte de France des projets climaticides
Revue de presse

 

Le 05 novembre, à l'Assemblée nationale, Agir pour l'Environnement, le RAC et la Fnaut organisent un colloque "Climat et transport : Du global au local"
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Campagne n°31 :
Copenhague... Un Sommet d'incohérence ?


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Soutenue par les associations : Flins sans F1, Capen71, Acipa, Arlp, Sauvegarde des coteaux du Jarez, Cairn, Non à la deuxième autoroute, Projet d'autoroute A32 : Non merci !, Sauvegard des coteaux du Lyonnais
 

Pourquoi cette campagne ?

Le sommet de Copenhague sur le climat va être, dans les semaines et mois à venir, le théâtre de surenchères verbales qui masqueront mal certains projets locaux d’envergure nationale moins présentables… Les décideurs politiques aiment plus que tout les tribunes internationales qui leur permettent aisément de revêtir les habits vert-pâle d’une écologie hors-sol, sans que le lyrisme et la grandiloquence des discours se traduisent dans les faits.

La France n’échappe pas à cette mauvaise habitude. Face à l’urgence climatique, notre pays se hâte lentement… en multipliant des projets controversés. Aux quatre coins du territoire, l’asphalte coule à flot pour le plus grand plaisir du lobby routier. Bretelles, contournements, élargissements, doublements, désenclavements, sécurisation… sont quelques-unes des justifications avancées pour amorcer une relance discrète mais certaine du programme routier et autoroutier.

Si la politique est affaire de symboles, le gouvernement aurait pu trouver mieux pour démontrer son ardeur écologique que de promouvoir l’implantation d’un nouveau circuit de Formule1 en Ile-de-France. En pleine crise du modèle automobile et à rebours des aspirations des Français, la construction de cette infrastructure de prestige serait une aberration totale. La liste des projets climaticides, loin d'être exhaustive, illustre néanmoins un état d'esprit et une façon de faire où la parole publique est rarement en adéquation avec l'action politique. Nouvel EPR en Basse et Haute-Normandie, aéroport international à Notre-Dame des Landes, mine de charbon dans la Nièvre, etc. révèlent l’incohérence de celles et ceux qui nous représenteront officiellement au Sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre prochain.

Pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique, les pays industrialisés doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990. Pour atteindre cet objectif, seule la mobilisation citoyenne contre les projets anachroniques et irresponsables permettra d’obtenir que les actes s'accordent enfin aux discours.


Demandes et cibles

La délégation française qui se rendra au sommet onusien sur le climat de Copenhague en fin d’année ne pourra faire l’économie de la cohérence. Face à toutes celles et ceux qui tenteront de remettre au lendemain ce que nous aurions dû faire hier, le double-discours institutionnel visant à parler fort et agir peu sera rapidement illégitime et inaudible. L’urgence climatique nous appelle au sens des responsabilités.

A ce titre, nous demandons au Chef de l’Etat et au Ministre de l’Ecologie :
> D’oeuvrer en faveur d’un accord international sur le climat mettant un terme à la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroître d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport à 1990;

> D’agir en faveur d’un accord de Copenhague équitable à l’endroit des pays du Sud en organisant un véritable transfert de technologies tout en mobilisant les ressources et moyens financiers (110 milliards d’euros par an) aptes à répondre à la crise climatique annoncée ;

> De stopper tous les projets climaticides et énergivores actuellement à l’étude en France, notamment :
- le doublement de l’A9b à proximité de Montpellier, le projet de contournement autoroutier de l’agglomération tourangelle, la privatisation et l’élargissement de la RCEA entre Mâcon et la façade atlantique, la construction de la rocade autoroutière nord de Grenoble, l’A831 entre Rochefort et Fontenay le Comte, l’A65 entre Pau et Langon, l’A45 entre Lyon et Saint-Etienne, la mise à 2x2 voies de la RN88 en Lozère, le grand contournement ouest de Strasbourg, la mise en concession autoroutière de la RN126 entre Castres et Toulouse et de la RN154 entre Orléans et Rouen, l’A32 entre le Luxembourg et Toul… ;
- le circuit de Formule 1 prévu en banlieue parisienne ;
- la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville et sa ligne à très haute tension, la construction d’un deuxième réacteur EPR à Penly
- l’aéroport du grand Ouest Notre-Dame des Landes ;
- la mine de charbon prévue dans la Nièvre ;
- le terminal charbonnier à Cherbourg.


Autoroutes : Une voie sans issue

A Montpellier, Pau, Rochefort, Strasbourg, Mâcon, Lyon, Castres, Tours, Toul… la pieuvre autoroutière tisse sa toile. Pourtant, chaque nouvelle autoroute pose systématiquement les mêmes problèmes : une bande de bitume de plusieurs dizaines de mètres de large fragmente les milieux écologiques et limite ainsi le brassage des espèces. Chaque année, ce sont 60 000 hectares de terre qui disparaissent sous le bitume ! Les autoroutes asphyxient les zones périphériques et rurales qu’elles transpercent sans les desservir et qui se résument à de vagues lieux de passage exposés aux bruits et polluants de toute sorte.

Ces nouvelles artères (ou hub) sont une invitation à de nouveaux flux de circulation motorisés et constituent donc une incitation à émettre des émissions de gaz à effet de serre supplémentaires. De plus, la possibilité offerte aux automobilistes d’accroître leur vitesse a un coût énergétique direct. Le fait, par exemple, de passer d’une vitesse de 120 à 130 km/h engendre une hausse de 14 % de sa consommation, l’équivalent de 1 litre de carburant supplémentaire pour 100 km. Pire, en investissant massivement pour ce type d’infrastructures, l’Etat opte durablement pour le transport de marchandises par voie routière, dont le bilan carbone ne cesse d’être décrié. C’est ainsi que depuis 1990, le secteur « transport » a accru ses émissions de CO2 de 26 % ! L’Etat français doit revoir sa copie en publiant un schéma national des infrastructures excluant tout financement en faveur de la construction de nouvelles autoroutes.

• Route Centre Europe Atlantique : Capen (71)
A65 Pau-Langon
A45 Lyon-Saint Etienne
Rocade autoroutière nord de Grenoble
• A32 Toul-Luxembourg : Association du Toulois pour la préservation du cadre de vie
A831 entre Rochefort et Fontenay le Comte
Autoroute Castres-Toulouse
Contournement ouest de Strasbourg
A10bis Contournement de Tours
• Mise en 2x2 voies de la RN88 : Non à la deuxième autoroute – Brugers – 48100 Palhers
Mise en concession autoroutière de la RN154 entre Orléans et Rouen


Course automobile : Tout à une F1 !
Pour faire face aux crises écologique, économique et sociale que subit l’industrie automobile, certains acteurs politiques, au premier rang desquels le Premier ministre, n’ont rien trouvé de mieux que de promouvoir la construction d’un nouveau circuit de Formule1 aux portes de Paris. Alors que tout indique que le secteur automobile doit changer de modèle pour rencontrer les attentes des consommateurs, la France opte pour un projet d’infrastructure de pur prestige. L’un des lieux envisagés pour implanter ce nouveau circuit de F1 est un terrain prévu pour accueillir le plus grand projet d’agriculture biologique d’Ile-de-France sur les communes de Flins et des Mureaux. Pire, ce circuit se situerait sur l’une des principales nappes phréatiques d’Ile de France… ! Alors que les principaux constructeurs automobiles quittent la formule1, nous demandons que la France abandonne immédiatement ce projet de circuit d’un autre temps et rende ces terres aux agriculteurs.

• Flins sans F1 : http://www.flinssanscircuitf1.org/
• Val d’Oise sans F1 : http://www.valdoisesansf1.org/


Nucléaire : l'EPReuve de force !

Même dans les scénarios productivistes les moins favorables à la maîtrise de l’énergie, la France est et restera pour longtemps un pays dont les moyens de production dépassent allègrement la consommation électrique moyenne. Pourtant, en favorisant le développement du chauffage électrique (dont l’efficacité énergétique ne dépasse pas 30 %) ainsi que la climatisation en été, la France subit des hausses brutales de sa consommation notamment en fin de journée. Ces pics de consommation obligent la France à recourir à de vieilles centrales fioul et charbon, seules aptes à répondre à cette demande spécifique, faute d’investissement dans les énergies renouvelables. Le bilan carbone du kWh électrique en période de pointe de consommation est évalué à plus de 600 grammes de CO2.

Au lieu de maîtriser l’énergie, développer les énergies renouvelables et lisser les pointes de consommation, la France persiste à investir des sommes abyssales (environ 4 à 5 milliards d’euros par réacteur !) dans des centrales nucléaires EPR, à Flamanville (50) et Penly (76) qui ajouteront de la surproduction à la surproduction sans répondre à la demande de pointe. Pire, en optant pour des moyens de production ultra-centralisés, la France a collatéralement besoin d’implanter des dizaines de milliers de pylônes supportant plus de 20000 kilomètres de lignes à très haute tension dont les effets sur la santé demeurent mal connus !

• EPR : http://www.stop-epr.org
• Coordination interrégionale Stop THT : http://www.stop-tht.org


Aéroport : Il est temps d'attérir...

Le secteur aéronautique est responsable de plus de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans les scénarios les plus délirants, certains acteurs économiques n’hésitent pas à imaginer un doublement du trafic aérien d’ici à 2020, faisant abstraction des conséquences d’une raréfaction des ressources pétrolières. Ces hypothèses ubuesques amènent certains aménageurs à proposer la création de nouvelles infrastructures aéroportuaires afin d’anticiper un trafic en constante augmentation.

C’est ainsi qu’un projet vieux de plusieurs décennies a été remis au goût du jour à Notre-Dame des Landes à proximité de Nantes. Ce projet, outre ses effets directs sur le climat, entrainerait la destruction de 2000 hectares de zone humide, l’expropriation d’une cinquantaine d’agriculteurs ! Des associations ont proposé, à l’occasion du débat public, d’étudier des solutions alternatives au survol de Nantes mais n’ont pas été écoutées ! Début 2008, la construction de cet aéroport a été confirmée malgré le gel, annoncé lors du Grenelle de l’environnement, de toute nouvelle structure aéroportuaire.

• Aéroport Notre Dame des Landes : http://acipa.free.fr


Charbon : Mine... de rien !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la France s’apprête à relancer l’exploitation du charbon en autorisant l’extraction de ce minerai dans le sud du département de la Nièvre. Le gisement, découvert dans les années 1980, alimenterait une centrale électrique de 1000 MW construite pour l’occasion à proximité du site et engloutirait environ 2 millions de tonnes de charbon chaque année ! Au nom d’un mythique « charbon propre » ou d’une non moins mythique « séquestration du carbone » qui ne verrait le jour de façon très hypothétique qu’en 2020/2030, les promoteurs de ce projet tentent d’imposer l’idée selon laquelle le charbon, moyennant quelques contorsions sémantiques, serait compatible avec les engagements climatiques.

Non content de relancer l’exploitation du charbon, le gouvernement français envisage aussi d'autoriser un terminal charbonnier à Cherbourg permettant ainsi d’en importer plusieurs millions de tonnes chaque année, soit l'équivalent de 10 à 11 millions de tonnes de CO2 une fois brûlées dans les centrales britanniques. L'objectif avoué est de prendre des parts de marché à la route traditionnelle du charbon pour redynamiser un secteur économique...

• Terminal charbonnier de Cherbourg : http://energieclimat.greenpeace.fr/non-au-terminal-charbonnier-de-cherbourg
• Mine de charbon dans la Nièvre : www.adsn58.fr


 
 



 
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