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EPR, NON MERCI !
POUR UNE ALTERNATIVE ENERGETIQUE, NON A UN NOUVEAU PROGRAMME NUCLEAIRE

Pourquoi cette campagne ?
Les objectifs
Qu'est-ce que l'EPR ?
Surproduction et pression à la consommation
Nucléaire ou démocratie, il faut choisir !
Le nucléaire n'a plus d'avenir
Les alternatives énergétiques existent
En savoir plus
Echos médiatiques

Campagne 8 :
EPR, NON MERCI !
POUR UNE ALTERNATIVE ENERGETIQUE, NON A UN NOUVEAU PROGRAMME NUCLEAIRE

mars 1999 à mars 2000

Téléchargez la 1ère du document de campagne

Campagne terminée mais sujet toujours d'actualité :
voir www.petition-energie.org

Pourquoi cette campagne ?

Pour éviter d'en reprendre pour 50 ans de nucléaire, c'est maintenant qu'il faut agir !

Le saviez vous ? Nous avons échappé de peu à une décision aux conséquences considérables qui risquait d'être prise d'ici la fin de l'année 1999 : le lancement d'une nouvelle génération de centrales nucléaires ! La décision de construction d'un prototype d'EPR (European Pressurised Water Reactor) était en effet soumise au gouvernement par le " lobby nucléaire ". Ce réacteur serait destiné à remplacer à terme les centrales nucléaires actuellement en activité.

Grace à la pression des associations et partis politiques écologistes organisé dans la campagne contre un nouveau programme nucléaire, le lobby a finalement battue en retrait : la décision est reportée. C'est une première victoire. Mais nous ne pourrons pas nous en contenter. Car le lobby nous a souvent montré sa capacité à contourner le citoyen. Nous voulons donc obtenir une décision politique confirment l'abandon du projet EPR.

La campagne d'Agir pour l'Environnement constitue un outil de pression citoyenne pour toutes celles et ceux qui refusent d'être mis devant le fait accompli, alors qu'il existe des alternatives possibles à la relance de la politique nucléaire. Avec nous, dîtes NON à un nouveau programme nucléaire, OUI aux alternatives énergétiques et à des processus de choix démocratiques.

Cette campagne relaie, sous forme de cartes postales, la pétition " 100 000 signatures contre un nouveau programme nucléaire français " initiée il y a quelques mois par le Réseau " Sortir du nucléaire " en direction du Premier ministre. Agir pour l'Environnement a réuni de nouveaux partenaires pour accroître la pression, et y a ajouté une carte postale destinée au Président d'EDF, pour lui demander de s'engager en faveur de l'alternative énergétique au nucléaire.


Les objectifs

Cette campagne de pression citoyenne veut mobiliser toutes celles et tous ceux qui refusent le fait accompli d'un nouveau programme nucléaire français, pour cela nous demandons :

Au Premier ministre :

> l'annonce officielle de l'abandon du projet d'EPR,

> le rééquilibrage de la politique énergétique française en faveur des énergies renouvelables,

> un vrai débat démocratique sur les choix énergétiques de la France.

Au Président d'EDF :

> un engagement en faveur du développement d'une alternative énergétique au nucléaire,

> la décentralisation de la production en harmonie avec les besoins en termes d'aménagement du territoire et de l'emploi,

> l'abandon des campagnes de publicité en faveur du chauffage électrique.


Qu'est-ce que l'EPR ?

L'idée en est née en 1989 de la rencontre de Framatome et Siemens. Ils ont fondé la société NPI (Nuclear Power International) dans le but de développer un nouveau prototype de réacteur nucléaire destiné à remplacer les réacteurs actuels en fonction en France et en Allemagne. La décision du gouvernement allemand d'engager une sortie progressive du nucléaire a rendu caduque la partie germanique du programme. Reste la part française.

Le parc électronucléaire français actuel est composé de 58 réacteurs répartis dans 19 centrales. Ces réacteurs ont été mis en service entre 1977 et 1997. La question de leur remplacement par un éventuel nouveau parc ne se posera pas avant 2020-2025 (et même 2030-2035 si on en croit EDF qui veut prolonger la durée de vie de ses centrales). Entre la date de commande d'un projet de centrale nucléaire et son couplage au réseau il faut prévoir entre 7 et 12 ans. Alors pourquoi précipiter la décision, si ce n'est pour mettre les citoyens devant le fait accompli ?

EPR, le réacteur du futur ???

Les promoteurs de l'EPR l'ont baptisé " réacteur du futur ". En fait, il ne constitue qu'un nouveau palier de réacteur à eau ordinaire. Il arrive après le palier dit " N4 " dont les 4 réacteurs à Chooz et Civaux ont été immobilisés pendant 1 an du fait de défauts génériques. Avant de passer au palier " N5 ", le minimum serait d'attendre le retour d'expérience sur le N4…si ces réacteurs d'un coût de 60 milliards de francs finissaient par fonctionner !

Le titre de " réacteur du futur " est de plus largement usurpé. L'EPR ne répond ni au risque d'accident grave, il ne résout en rien le problème de la gestion des déchets, ni - en cas de retraitement et d'utilisation du MOX - à la prolifération du plutonium.

Enfin, notons que ce projet a déjà coûté 1 milliard de francs d'investissement de recherche. Le développement d'une tête de série prototype coûtera au minimum15 milliards de francs sur 6 à 9 ans. Une première série dépasserait les 100 milliards de francs. Et bien sûr ces coûts ne prennent pas en compte le démantèlement du parc qu'il est censé remplacer.


Surproduction et pression à la consommation

Le parc électonucléaire français est largement surdimensionné par rapport aux besoins réels de la consommation énergétique française. Pour écouler cette surproduction EDF exporte à perte environ 18% de sa production électrique soit l'équivalent d'une dizaine de réacteurs nucléaires sur 58 en fonctionnement. Elle encourage à la surconsommation, notamment par le chauffage électrique qui constitue 12 % de la consommation électrique et 40% de la consommation des ménages. Les conséquences sociales sont dramatiques : des milliers de ménages voient exploser leur facture et se retrouvent incapables de payer. Vous avez dit " service public " ?


Nucléaire ou démocratie, il faut choisir !

Nucléaire et démocratie n'ont jamais fait bon ménage en France. Le programme électronucléaire a été imposé sans débat, et il a fallu attendre 30 ans pour qu'un projet de loi sur la transparence en matière nucléaire soit évoqué et que la question de la séparation du contrôleur et du contrôlé en matière nucléaire soit posée.

Selon un sondage Ifop paru le 22 janvier 99, 51% des Français ont répondu qu'ils étaient favorables à l'arrêt total du nucléaire en France. 39 % sont défavorables et 10% ne se prononcent pas. Les jeunes eux sont défavorables à 61% et les femmes tous âges confondus à 56%.

Et selon un sondage commandé par le CEA, EDF, Framatome et la COGEMA, en décembre 1997, 73% des français ne souhaitent pas la construction de nouvelles centrales nucléaires, 17% sont pour l'arrêt des centrales existantes : seuls 8% souhaitent la construction de nouvelles centrales !


Le nucléaire n'a plus d'avenir

Autrefois présenté comme La solution aux problèmes énergétiques, le nucléaire est aujourd'hui plombé par ses nombreux points faibles :

> la sûreté : la catastrophe de Tchernobyl est restée dans les esprits. Certes, depuis, aucun accident de même ampleur n'est intervenu. Mais jusqu'à quand ? Peut-on prendre le risque d'une nouvelle catastrophe majeure ? Les derniers accidents au Japon ou en Corée ont par ailleurs démontré que l'accident reste toujours possible en matière nucléaire. Chaque année, des centaines d'incidents ont lieu en France. Et le recrutement de plus en plus fréquent d'intérimaires et de sous-traitants rend la situation toujours plus inquiétante. Le scandale des " transports contaminés " a montré que la soi-disant tradition de sûreté d'EDF est largement surfaite.

> les déchets : trente ans après avoir lancé le programme nucléaire, on ne sait toujours pas quoi faire de ces déchets, dont la nocivité est évaluée en millions d'années. La " solution " proposée par la loi Bataille (l'enfouissement en grande profondeur) reviendrait à léguer aux générations futures un cadeau empoisonné, sans réversibilité des décisions. Le plus raisonnable, si on ne sait comment traiter ces déchets, c'est d'arrêter d'en produire !

> le coût : le prix du kWh nucléaire est largement sous-évalué. Il n'intègre pas le coût de la recherche (subventionnée), du démantèlement (sous-évalué) et de la gestion des déchets (occultée). Nous vivons aujourd'hui à crédit. Malgré ces avantages considérables, le nucléaire devient de moins en moins compétitif. Si la France s'entête dans ses choix, son économie pourrait se retrouver largement handicapées, et le retard pris sur les pays qui développent des énergies nouvelles devenir irrattrapable.

> le déséquilibre du territoire : la production d'électricité nucléaire est hyper-centralisée. En conséquence, les emplois générés sont concentrés, ce qui entraîne des problèmes considérables lorsque une centrale ferme. De plus, pour transporter l'électricité vers les lieux de consommation, on voit se multiplier les lignes THT à très haute tension, dont les conséquences environnementales et sanitaires sont inquiétantes. En développant des unités de production d'énergies renouvelables plus petites, localisées au plus près des besoins, on diminuerait les pertes en ligne, on contribuerait à l'aménagement du territoire, au développement locale et à la création d'emplois. La loi d'orientation d'aménagement et de développement durable du territoire, dite loi Voynet, devrait contribuer à favoriser cette mutation.

> une énergie marginale au plan international : le nucléaire ne représente aujourd'hui que 5% de la production énergétique mondiale. Et elle va décroître. Dans le sillage de la Belgique et de l'Allemagne, les pays européens abandonnent le nucléaire. Les pays fédéraux abandonnent une énergie trop centralisatrice. Le nucléaire pose de gros problèmes de sécurité en Europe de l'Est et son coût et l'ampleur des investissements rendent l'énergie atomique inadaptée pour les pays en voie de développement qui doivent être en capacité de répondre rapidement à la croissance de leurs besoins.

Pour toutes ces raisons, il n'est pas surprenant que le rapport " Energie 2020 " du Commissariat au Plan ne laisse aucun espoir au nucléaire pour les décennies à venir… à condition d'avoir des alternatives crédibles.


Les alternatives énergétiques existent

On ne peut sortir progressivement du nucléaire que si on est capable de proposer au moins une alternative crédible. Et à une condition : que cette alternative permette simultanément de respecter les engagements internationaux de la France en terme d'émissions de gaz à effet de serre (les émissions de gaz qui induisent un réchauffement de la planète et menacent de générer des désordres climatiques considérables). L'INESTENE (Institut d'Évaluation des Stratégie sur l'Énergie et l'Environnement) 0145650808 > a démontré que c'est possible en combinant trois types de solutions :

> en faisant toutes les économies d'énergie possibles, sans diminution de la qualité de vie, on peut économiser facilement au moins l'équivalent de 4 réacteurs nucléaires. De nombreuses choses très simples peuvent être réalisées : utiliser des ampoules à basse consommation, mieux isoler les logements, etc. On peut aussi arrêter de promouvoir le chauffage électrique.

> les énergies renouvelables : l'éolien, le solaire, la biomasse mais aussi la cogénération peuvent contribuer très largement au remplacement du nucléaire. La France était autrefois à la pointe de la recherche, mais l'a abandonnée pour favoriser le nucléaire. Jusqu'à l'an passé, le budget de recherche sur les renouvelables était inférieur au budget de publicité d'EDF ! Aujourd'hui, un pays comme le Danemark produit 10% de son électricité avec des éoliennes de plus en plus performantes.

> mais ces deux premières ne suffiront pas. Il faut leur adjoindre des centrales à turbine au gaz dont les rendements sont aujourd'hui beaucoup plus intéressants.

Des solutions alternatives existent donc. La meilleure preuve étant que la plupart des pays se passent et se passeront à l'avenir d'énergie nucléaire. Il n'y a pas une solution, mais une multitude de solutions. Après l'ère tout-nucléaire, ne programmons pas l'ère du tout-gaz, du tout-éolien, etc. Mais utilisons chaque énergie pour ce qu'elle sait le mieux faire.


En savoir plus :

> La France nucléaire, matières et sites 2002 par Mary Byrd Davis

> Le nucléaire dans tous ses états. Les enjeux nucléaires de la mondialisation, Ben Cramer, Alias, 2002

> Sûreté des centrales et déchets nucléaires. Eléments de débats. La Documentation française, 2002

> Le nucléaire à la croisée des chemins. Marie-Hélène Labbé, Etudes de la Documentation française,2000

> Nucléaire : la démocratie bafouée, Didier Anger, Editions Yves Michel, 2002

> Cahier de global chance : Maîtrise de l'énergie et développement durable, novembre 2002

> La Gazette nucléaire, une publication du GSIEN (Groupement des Scientifiques pour l'Information sur l' Energie Nucléaire), http://solar-club.web.cern.ch/solar-club/Gazette/

> Le site de Investigation Plutonium : http://www.wise-paris.org

> Le site de la CRIIRAD (Comité de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) : www.criirad.com

> Le site de la CRIIRAD sur Tchernoby : www.tchernobyl.org

> Un site de Greenpeace : www.electricitedeforce.com

> Le site du Réseau sortir du nucléaire : www.sortirdunucleaire.org

> Le site de l'association Négawattt : www.negawatt.org

> Le site du Réseau action climat : www.rac-f.org

> Ecorev' n°10 - Scénarios pour une France sans nucléaire, septembre 2002.


Extrait du N°10 d'Ecorev

 


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