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VILLE DE PARIS
Mairie du 19ème arrondissement
Le Maire
Paris, le 2 juillet 2001
Mme Mireille FERRI
M. Stéphen KERCKHOVE
Agir pour l'Environnement
97 rue Pelleport
75020 PARIS
Madame, Monsieur,
J'ai bien reçu votre " lettre ouverte "
du 25 juin pour une réglementation des implantations
des antennes-relais de téléphonie mobile.
Je vous invite à prendre connaissance ci-joint, à
titre d'information, de la question qui a été
posée à ce sujet à la session du Conseil
de Paris du 11 juin et de la réponse du Maire de Paris.
Restant à votre disposition, je vous prie de croire,
Madame, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les
plus distingués.
Le Maire du 19ème arrondissement
Vice-Président du Conseil régional d'Ile de
France
Roger MADEC
VILLE DE PARIS - Paris, le 23 mai 2001
Séance du Conseil de Paris du 11 juin 2001
Question au Maire de Paris de MM Roger MADEC,François
DAGNAUD, Daniel MARCOVITCH, et de Mles Gisèle STIEVENARD,
Hamila JEMNI, Colombe BROSSEL et des membres du Groupe Socialiste
et apparentés
La multiplication des antennes-relais de téléphones
portable suscite des inquiétudes croissantes dans la
population. Les amicales de locataires et les copropriétaires
protestent de plus en plus contre leur implantation sans concertation
sur les terrasses d'immeubles.
Ils dénoncent aussi les abus de certains opérateurs
qui parviennent à faire signer aux syndics ou aux bailleurs
sociaux des baux de 30 ans pour ces installations alors que
toutes les incertitudes en matière de santé
ne sont pas levées. En outre, les relevés effectués
en région parisienne par un cabinet d'expertise pour
le compte du mensuel " Sciences et Avenir " tendraient
à démontrer que les rayonnements magnétiques
dépassent souvent très largement les seuils
estimés par France Télécom.
Sans méconnaître l'obligation faite aux opérateurs
de réseaux de téléphonie mobile de couvrir
la totalité du territoire, les élus susnommés
souhaitaient connaître les possibilités d'action
de la Mairie de Paris dans le cadre de la réglementation
en vigueur, en matière notamment de respect des règles
d'urbanisme et d'information des riverains.
Ils souhaitent savoir si le " principe de précaution
" ne pourrait pas s'appliquer à certains lieux
publics sensibles (crèches, écoles, hôpitaux,
résidences de personnes âgées) pour les
tenir suffisamment éloignés de ces antennes
relais.
Ils aimeraient connaître le rôle exact de l'instance
de concertation locale préconisée par la circulaire
de Mme Voynet du 31 juillet 1998, dont le Préfet de
Paris était chargé de la mise en uvre
afin d'émettre un avis en amont des projets d'équipements
ainsi que les modalités d'application de la Charte
Nationale signée avec l'Etat le 12 juillet 1999 à
travers laquelle les opérateurs s'engageaient à
informer les riverains par voie d'affichage.
Enfin, une proposition de loi visant à
garantir la prise en compte des risques environnementaux et
de santé publique vient d'être déposée.
Ne serait-il pas possible et judicieux d'anticiper certaines
de ses dispositions en obilgeant par exemple les opérateurs
à matérialiser une signalisation précise
des équipements et en recommandant aux bailleurs sociaux
et privés de ne pas consentir de baux supérieurs
à trois ans ?
CONSEIL DE PARIS - Séance du 11 juin 2001
Réponse à la question orale n°QOC 2001-176
Posée par Messieurs Roger MADEC, François
DAGNAUD, Daniel MARCOVITCH, et de Mles Gisèle STIEVENARD,
Hamila JEMNI, Colombe BROSSEL et des membres du Groupe Socialiste
et apparentés
Il convient tout d'abord de rappeler que les installations
liées à la téléphonie mobile,
qu'il s'agisse de locaux techniques ou d'antennes ne font
pas systématiquement l'objet d'autorisations d'urbanisme.
Le Code de l'Urbanisme prévoit que les poteaux et
pylônes d'une hauteur inférieure à 12
mètres, ainsi que les antennes de moins de 4 mètres
ne font l'objet ni d'un permis de construire, ni d'une déclaration
préalable.
Sont exonérés également du permis de
construire les pylônes de plus de 12 mètres et
les ouvrages techniques de moins de 100 mètres carrés.
En revanche, une déclaration de travaux préalable
doit être déposée. La Ville de Paris,
de manière classique, ces déclarations, en liaison
avec les Architectes des Bâtiments de France (ABF).
Ceux-ci sont consultés dès lors que l'installation
est située en site inscrit, en application de la loi
du 2 mai 1930, ou lorsque l'ouvrage est situé dans
le champ de visibilité d'édifices protégés
au titre des monuments historiques, en application de la loi
du 31 décembre 1913.
Il n'existe pas de base légale ou réglementaire
pour faire intervenir à ce niveau un critère
sanitaire. En effet, seule une recommandation du Conseil Européen
(1999/519/CE) en date du 12 juillet 1999 traite actuellement
de la question, en préconisant une zone d'exclusion
autour des antennes elles-mêmes, afin de protéger
leur accès (2 mètres devant, 50 à 70
centimètres en arrière, sur les côtés,
au dessous et au dessus). Le législateur n'a pas prévu,
à cet égard, davantage de contraintes lorsqu'il
a ouvert le service de la téléphonie mobile
à la concurrence, afin de permettre une couverture
rapide du territoire national.
La Ville de Paris ne peut se substituer au législateur
pour accroître le caractère précis et
contraignant des textes régissant l'implantation des
installations de téléphonie mobile. Cependant
elle fait respecter, sur son domaine, la zone d'exclusion
définie dans la réglementation européenne,
qui est balisée et interdite d'accès.
En ce qui concerne l'implantation d'antennes et de locaux
sur ou dans des bâtiments municipaux, elle est ainsi
encadrée par une procédure issue des conventions
cadres liant la Ville de Paris aux opérateurs de téléphonie
mobile. L'occupant du lieu est bien entendu consulté
afin de déterminer la faisabilité et les conditions
de l'installation. La Ville veille au caractère discret
et soigné des locaux techniques et des antennes implantés
sur ses propres bâtiments ou sites.
Les personnes morales distinctes de la Ville de Paris, qu'il
s'agisse de propriétaires individuels, de syndicats
de copropriétaires, de sociétés privées
traditionnelles, de bailleurs sociaux ou d'établissements
publics peuvent librement contracter avec les opérateurs
de télécommunications.
De manière plus générale, il convient
d'informer les élus parisiens que, à la demande
du gouvernement, la Direction Générale de la
Santé a réuni, en juin 2000, un groupe d'experts
présidé par le docteur Denis Zmirou, qui a été
chargé d'analyser les données scientifiques
disponibles en matière sanitaire quant à l'utilisation
de la téléphonie mobile.
Son rapport, remis en février 2001, conclut que "
l'exposition des personnes est considérablement moindre
au voisinage des stations de base qu'au cours d'une communication
avec un mobile lorsque l'on considère la durée
d'exposition des riverains les plus proches des stations de
base. " Compte tenu des niveaux d'exposition constatés,
le groupe d'experts ne retient pas l'hypothèse d'un
risque pour la santé des populations vivant à
proximité de ces stations. Ainsi, l'installation d'une
antenne de station de base sur le toit d'un bâtiment
ne présente aucun risque pour ses occupants, car le
faisceau n'affecte pas l'aire située au-dessous. Au-delà,
la puissance du champ électromagnétique décroît
très vite, avec le carré de la distance.
Sur la base de ce rapport, qui recommande en revanche une
grande prudence dans l'utilisation des combinés téléphoniques
proprement dits par les enfants, les personnes à risques,
dans de mauvaises conditions de réception ou au cours
de déplacements (notamment en automobile), le gouvernement
a demandé à l'Agence nationale des fréquences
de réaliser des mesures aux abords de sites considérés
comme sensibles afin de confirmer les valeurs retenues au
niveau européen et qui devrait être bientôt
transcrites en droit national.

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