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Bruxelles, le mercredi 27 septembre 2000 à 16h30
Présents : Loyola de Palacio, Vice-présidente
de la Commission européenne, Daniel Calleja Crespo,
Chef de Cabinet, Gilles Bergot, expert maritime auprès
de la Commission européenne, François Lille,
Membre du Conseill scientifique d'ATTAC, Serge Le Quéau,
Administrateur d'ATTAC, Jean-Paul Declerq, Animateur de l'Afcan,
Stéphen Kerckhove, Animateur d'Agir pour l'Environnement.
Mme de Palacio, souffrante, ne pourra pas être présente
tout au long du rendez-vous. Elle s'en excuse.
Le premier paquet présenté par la Commission
en début d'année est proche d'un accord. Le
Parlement européen doit remettre son rapport en novembre
ou décembre. Le Conseil Transports doit rendre un avis
lors du Conseil Transports du 02 octobre mais doit attendre
l'avis définitif du Parlement. Il semble que la procédure
de co-décision aboutira fin décembre car toutes
les institutionnels en présence ont intérêt
à aboutir rapidement.
En tout état de cause, il est encore temps de proposer
des amendements si le rapport de la Commission Transports
du Parlement européen ne convient pas totalement.
Il faut bien comprendre que les directives présentées
par la Commission européenne n'ont pas pour but de
résoudre tous les maux du transport maritime. Tout
le monde est bien conscient de l'importance néfaste
des pavillons de complaisance, mais la Commission a fait le
choix de proposer des directives acceptables par l'ensemble
des Etats membres. Il n'en reste pas moins que la sécurité
maritime a énormément progresser en quelques
mois ; il était, en effet, impensable d'avancer si
vite il y a à peine un semestre.
Le dernier point de clivage réside encore au sein du
Conseil des ministres sur le niveau institutionnel à
privilégier. Certains Etats membres préfèreraient
intervenir dans le cadre de l'OMI. Il n'en reste pas moins
que l'élimination des simples coques interviendra soit
globalement à l'OMI, soit au sein de l'Union européenne.
Mais il y a de fortes chances d'aboutir au niveau mondial.
La directive sur l'agrément des sociétés
de classification obtient quasiment un accord politique entre
tous les Etats membres. La Commission a déjà
une expertise dans ce domaine et un personnel expérimenté.
La Commission propose en cas de litige, un système
de cartons jaunes avant tout retrait de l'agrément
européen. Le carton serait attribué à
l'Etat du pavillon ainsi qu'à la société
de classification. L'aspect symbolique et la médiatisation
inhérente à ce type de " sanction "
progressive peut être à même d'améliorer
le système des sociétés de classification.
La directive sur le renforcement des contrôles effectués
par les Etats de port oppose encore la Commission et une majorité
du Conseil Transports qui préconise des coefficients
visant à rendre progressif les contrôles et les
sanctions afférentes. La Commission européenne
maintient sa position initiale et espère une évolution
du Conseil Transports. A nouveau, il semble intéressant
de proposer des amendements au Parlement européen afin
de peser en cas de procédure de conciliation. Les critères
susceptibles de provoquer un bannissement d'un navire potentiellement
dangereux sont au nombre de trois et sont cumulatifs. Les
coefficients de ciblage peuvent être multiplier mais
le risque existe de les rendre inopérant par leur multiplication
créant une asymétrie par rapport au temps que
les inspecteurs de l'Etat du port peuvent consacrer à
un navire. Néanmoins, il serait intéressant
d'inclure une disposition favorisant le contrôle de
navire battant pavillon de pays n'ayant pas d'administration
maritime et ayant recourt systématiquement aux sociétés
de classification pour suppléer un travail régalien.
Le but est d'arriver à cibler tous les navires ayant
une qualité moindre que celle de l'Erika.
L'amélioration de la transparence est un but de cette
directive mais l'obligation d'identification faite aux armateurs
et affréteurs doit être étendue aux différents
gestionnaires.
Enfin, il faut signaler que la directive sur les installations
de déballastages est acceptée par l'ensemble
des Etats membres. Il reste à formaliser le texte par
une signature mais les négociations techniques sont
terminées.
Le Sommet informel de Biarritz qui aura lieu les 13 et 14
octobre a prévu à son ordre du jour d'aborder
la question de la sécurité maritime. La Commission
européenne en profitera pour faire un premier bilan
du paquet Erika I et tracera des perspectives par la présentation
du paquet Erika II. Ce second volet de la régulation
maritime sera soumis aux discussions des Etats membres de
façon dissociée.
Trois nouvelles directives vont être soumis au Parlement
européen et au Conseil européen des ministres
des transports.
Les informations suivantes restent encore à l'état
confidentiel et la Commission européenne espère
sincèrement que les associations partenaires de la
campagne " Erika, la marée noire de trop ! "
joueront un rôle de propositions, d'amendements et d'enrichissements.
La 1er directive sera présentée à la
mi-novembre est concerne la mise en place d'un système
de surveillance du trafic maritime dans les zones sensibles.
Ce système va s'inspirer des modalités de contrôle
du système aérien (eurocontrôle maritime).
Ce premier point pourrait répondre aux attentes d'un
ciblage a priori, des navires avant leur arrivée dans
les Etats de port. Les navires à destinations des eaux
européennes et souhaitant entrer dans la ZEE devront
se présignaler trois jours avant d'entrer dans la zone
des 200 miles.
La seconde directive présentée quinze jours
plus tard proposera de créer une Agence maritime européenne
dotée de moyens humains et financiers à la hauteur
des enjeux. Ce projet n'en est encore qu'à ses balbutiements.
Un chose est sur, la Commission européenne conserve
son pouvoir de contrôle, notamment sur l'application
réelle des directives par les Etats membres et sur
l'obtention et le retrait de l'agrément pour les sociétés
de classification. Cette agence se doit de mutualiser les
initiatives menées en direction d'une meilleure prise
en compte de la sécurité maritime.
Enfin, la troisième directive concernera la responsabilité
et les indemnisations financières liées aux
catastrophes se produisant aux larges des côtes européennes.
Le fond du FIPOL reste en deçà des indemnisations
et ne peut venir en aide à toutes les demandes. La
Commission européenne présentera cette directive
afin de créer un troisième cercle d'indemnisation
afin de pallier en cas de besoin le FIPOL. Les dommages causés
à l'environnement et la prise en considération
du principe de précaution seront peut être des
critères d'indemnisation. La question de l'indemnisation
n'est pas liée à la question des responsabilités
pénales, mais là encore, la Commission européenne
n'en est qu'au début d'une négociation qui sera
longue entre les Etats membres.

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