|
Paris, le mardi 26 septembre 2000 à 16h00
Présents : Laurent Guillot, Conseiller de M.Gayssot,
Mireille Ferri, Présidente d'Agir pour l'Environnement,
Serge Le Quéau, Administrateur d'ATTAC, Stéphen
Kerckhove, Animateur d'Agir pour l'Environnement.
L'article du Monde traitant des dégazages paru il
y a quelques jours est un malentendu issu d'informations émanant
d'eurodéputés. Sur le fond, dans le but de faire
aboutir au plus vite la directive qui comprend d'autres volets
sur l'obligation d'équipement des ports et sur l'obligation
de déballastage avant la sortie des ports, le ministre
Gayssot a activement contribué à trouver un
compromis entre les positions du Parlement européen
et le Conseil Transports majoritairement hostile au principe
du paiement au forfait pour financer les infrastructures de
déballastages mais plustôt favorable au principe
pollueur-payeur. Les rapports de force au sein du Conseil
Transports sont les suivants : les pays du sud et l'angleterre,
majoritaires, souhaitent l'instauration du principe pollueur/payeur
et les pays nordiques (Danemark, Suède, etc.) préfèreraient
déconnecter le paiement de l'acte de dégazer.
Aux termes de ce compromis, 30% au moins seront prélevés
sur le principe du forfait par les Etats de port.
Un projet de loi français transposant la directive
« Dégazage » revient devant le Sénat
courant octobre. Des amendements, travaillés avec le
ministère de l'équipement et acceptés
par le Gouvernement, ont été déposés
lors de la précédente lecture à l'assemblée
afin d'obliger les navires à dégazer avant de
quitter un port. En cas de refus de l'armateur, des sanctions
pénales sont prévues. Spécifiquement
en France, le METL fait un audit sur les installations existantes
le long des façades maritimes. Des moyens financiers
seront dégagés en fonction des besoins et des
ports, ces moyens n'étant pas forcement uniquement
étatique.
Conseil Transports : Les directives proposées par la
Commission sont encore en discussion mais le Conseil Transports
du 02 octobre a inscrit à l'ordre du jour cette discussion.
La directive sur les sociétés de classification
a reçu un échos favorable de la part de l'ensemble
des pays membres. La directive sur les contrôles exercés
par les États du port a reçu une réserve
de la Grèce. Cette position semble stratégique
et vise surtout à peser sur la négociation sur
le calendrier de retrait des simples coques. Mise à
part la Grèce, tous les États membres semblent
prêts à accepter cette directive. Le règlement
sur les simples coques bute encore sur l'hostilité
de la Grèce, notamment à cause de navires qu'ils
considèrent comme jeunes (-de 25 ans). Le calendrier
du retrait recueillera prochainement un accord. Pour prendre
en compte la capacité des chantiers navales à
construire de nouveaux navires, les dates butoirs pourraient
être dépassées moyennant un renforcement
des contrôles et le passage devant deux sociétés
de classification. Le 02 octobre a lieu aussi une réunion
de l'OMI qui doit débattre des simples coques. En ayant
une position communautaire, le poids de l'Union s'en trouvera
renforcé. Si l'OMI refuse de prendre en compte la position
européenne, un vote à la majorité simple
permettra à l'Europe d'éliminer progressivement
les simples coques. L'ensemble du paquet devrait être
avalisé au Conseil du 02 octobre, ou au plus tard le
20 décembre, date butoir.
Un second paquet comprenant les questions de la surveillance
des navires, de la responsabilité, de l'agence européenne
de contrôle (contrôle des contrôleurs),
et de l'harmonisation sociale fera l'objet, à l'initiative
de la France, d'un débat au Conseil européen
du 02 octobre. La commission devrait faire des propositions
sur ces sujets en octobre ou novembre.
Juridiquement, le Fipol, lors de sa réunion d'octobre,
ne pourra modifier pas son mode d' indemnisation, notamment
en ce qui concerne les dommages irréversibles causés
à l'environnement. La France a plaidé néanmoins
que dans le cadre de la réforme du FIPOL, les dommages
causés à l'environnement soient désormais
pris en compte.
Le pavillon Kerguelen n'est pas un pavillon de complaisance.
Les exigence de la France sont strictement identique au pavillon
métropolitain en matière de sécurité,
de contrôle et de formation. Il est cependant plus économique
et permet d'espérer avoir plus de navires sous pavillon
français plus sûr que la pluspart des autres
pavillons. Une discussion s'est par ailleurs engagée
avec les syndicats de marins pour mettre en place des normes
sociales minimales pour tous les navigants à bord des
navires battants pavillon français.

|