Monsieur le Président,
Le gouvernement a pris le 27 novembre dernier la décision
d'autoriser la mise en culture d'un maïs Bt, décision
assortie de la promesse d'un débat public sur les organismes
génétiquement manipulés (OGM) dont l'Office
Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et technologiques
(OPECST) s'est vu confier l'organisation.
La dissémination d'OGM à des fins agricoles
soulève d'innombrables questions. De très nombreuses
controverses scientifiques demeurent sur les dangers pour
l'environnement et la santé humaine. Des découvertes
récentes sont venues confirmer le risque de flux de
gènes à des plantes sauvages interfertiles ou
cultivées de la même espèce. A l'évidence
des études complémentaires de longue durée
-indépendantes des grandes firmes qui font la promotion
des OGM- sont nécessaires.
La recherche publique devrait être encouragée
à cet égard.
Au-delà de ces risques immédiats se dessinent
des difficultés sociales et économiques. En
recourant à des produits transgéniques, l'agriculture
française et européenne se plie aux contraintes
d'une mondialisation qui pourrait se révéler
très pénalisante à moyen terme.
Si les droits des agriculteurs sont lésés,
ceux des consommateurs le sont également. La détection,
la traçabilité aujourd'hui très incertaines
rendent une réglementation et un étiquetage
adéquat impossibles. Celà empêche donc
les consommateurs d'exercer leur libre choix. Pour ces raisons
brièvement résumées ici et qui motivent
notre campagne nous avons demandé au gouvernement français
de revenir sur sa décision de mise en culture du maïs
transgénique et de donner au débat public l'ampleur
qui correspond à la gravité de la question posée
par la dissémination des OGM. Or, ce débat national
semble à certains égards prendre l'allure d'un
huit-clos.
Les citoyens doivent s'approprier ce débat, qui n'est
pas seulement scientifique, mais aussi philosophique et éthique.
Et c'est précisément sur les modalités
d'organisation de ce débat et après notre première
rencontre avec vous, qu'Agir pour l'environnement et ses partenaires,
regroupés en une plateforme associative et citoyenne
ont choisi de vous interpeller et de vous faire part de leurs
demandes.
-le détail de la méthodologie employée,
les études qui ont conduit à son choix, la justification
de sa légitimité et viabilité à
reproduire l'opinion publique française ;
-la publication immédiate du comité de pilotage
chargé d'organiser ce grand débat public ;
-la publication immédiate de la liste des industriels,
syndicats, associationsÖ auditionnés par l'Office
Parlementaire.
Nous pensons qu'il est irréaliste d'organiser une
unique journée de formation du panel de citoyens et
émettons des doutes sur l'idée même de
neutralité de cette formation ou vulgarisation. Il
nous semble nécessaire de faire évoluer cette
première partie du débat par :
-la publication de la liste des formateurs.
-une information claire sur le type de formation qui sera
prodigué au panel de citoyens ;
-une formation non pas "neutre " puisqu'aucune
information ne peut l'être, mais contradictoire et équilibrée
;
Nous pensons également que l'organisation des deux
journées de débat à l'Assemblée
Nationale les 20 et 21 juin, n'est pas conforme à l'esprit
de transparence souhaitée par le gouvernement. C'est
pourquoi nous souhaitons que :
-le calendrier de ce débat soit suffisamment souple
pour permettre l'intervention des représentants des
secteurs concernés ;
-que ce calendrier soit diffusé à l'avance
;
-que le panel de citoyens puisse choisir d'auditionner les
représentants des secteurs concernés, non pas
sur communication de la simple liste des auditionnés
par l'Office Parlementaire, mais sur présentation d'un
dossier de motivation communiqué par ceux qui souhaitent
être auditionnés par ce panel.
Sachant que l'opinion publique considère la participation
d'associations comme une garantie dans ce genre de débat.,
nous souhaiterions obtenir un rendez-vous avec vous afin d'aborder
ces questions le plus rapidement possible.
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur
Le Président, à l'assurance de notre courtoise
considération.
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