Paris,
le 20 mars 2007 : Le Gouvernement vient de publier une série de décrets portant transposition
partielle de la directive 2001/18 relative à la dissémination
d'OGM dans l'environnement. Après plusieurs mois de
valses hésitations, ce Gouvernement a privilégié la
voix réglementaire à toute solution législative.
Sous couvert d'éviter une amende pour défaut
de transposition, le Gouvernement tente un coup de force
institutionnel en réglementant a minima les cultures
d'OGM, privilégiant une contamination lancinante des
cultures conventionnelles. Agissant dans une précipitation
flagrante, le Ministère de l'Agriculture impose des
OGM que les parlementaires se sont pourtant ingéniés à rejeter
implicitement à l'Assemblée nationale.
Avec cinq années de retard, le Gouvernement s'échine
donc à transposer partiellement une directive, oubliant
de fait les principaux acquis de cette réglementation
européenne, notamment le registre public des mises
en culture permettant un minimum de transparence. Avec ces
oublis circonstanciés, la France privilégie
les cultures OGM au dépend de cultures biologiques
tout en étant toujours sous la menace d'une sanction
communautaire pour défaut de transposition.
A quelques semaines de premiers semis, le Gouvernement souhaite,
au travers de ces décrets, rassurer les agro-semenciers
et envoyer un signal positif aux promoteurs des OGM. Agir
pour l'Environnement exprime sa révolte à l'égard
d'une procédure réglementaire particulièrement
osée. Dans la hiérarchie des normes, un décret
vient préciser une loi et intervient donc au terme
de la procédure législative. En l'espèce,
le Gouvernement va officiellement dissoudre l'Assemblée
nationale en considérant les travaux parlementaires
en cours comme nuls et non avenus et les remplacer par de
simples décrets !!
Les OGM, non comptant de modifier notre environnement, vont
donc participer à une modification génétique
de notre Constitution ! Le Gouvernement légifère
quand les parlementaires sont en campagne.
En pleine campagne électorale, Agir pour l'Environnement
est choquée par la manière avec laquelle le
Gouvernement tente d'imposer, sans aucune concertation, ses
vues à une classe politique massivement opposée à l'introduction
des OGM dans l'environnement. A la notable exception de Nicolas
Sarkozy, l'ensemble des candidat-es ont fait par de leur
volonté d'adopter, sitôt élu-e, un moratoire
sur les OGM.
Agir pour l'Environnement appelle en conséquence
les candidat-es à abroger, sitôt élu-e,
ces décrets de circonstance, véritable coup
de force institutionnel. Agir pour l'Environnement appelle
de ses voux l'adoption immédiate d'un moratoire sur
les OGM.

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