Le Figaro - 07 septembre 05
Une loi sur les cultures d'OGM annoncée pour l'automne
Yves Miserey (avec AFP.)


«Il existe un problème de l'usage commercial des OGM, a hier reconnu le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau, en marge de l'inauguration du salon Tech Ovin, à Bellac (Haute-Vienne), en réagissant à nos informations (nos éditions d'hier) selon lesquelles plus d'un millier hectares de maïs transgénique à destination commerciale ont été cultivés cette année en France. Le gouvernement proposera une loi à l'automne, qui permette de sortir de la situation».

Une superficie de 500 de maïs OGM a été déclarée aux services de la protection des végétaux, principalement dans le Sud-Ouest, mais le ministère de l'Agriculture n'a pas rendu publics ces chiffres qui marquent un net retournement de tendance (l'an dernier, 17 hectares d'OGM avaient été cultivés). Si l'on prend en compte les cultures de maïs OGM non déclarés - faute de réglementation la déclaration n'est pas obligatoire - ces chiffres pourraient être bien plus importants dans le Sud-Ouest. Ces nouveaux agriculteurs d'OGM s'approvisionnent en semences en Espagne où ils écoulent leur production. Ces pratiques n'ont rien d'illégal. En effet, plusieurs variétés de maïs BT cultivés ont été autorisées à la culture avant la mise en place du moratoire de 1999 dans tous les pays de l'Union européenne.

Christophe Terrain, le président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), a souhaité la mise en place rapide d'une réglementation sur les cultures de maïs OGM. «Elle serait arrivée un an plus tôt, ça aurait été plus agréable pour tout le monde pour travailler.» Il a invité les agriculteurs intéressés par la production de maïs OGM à jouer la transparence avec leurs voisins et leurs organismes stockeurs et à se déclarer au Comité de biovigilance.

Martin Malvy, le président de la région Midi-Pyrénées où se concentre une bonne partie des cultures 2005 de maïs OGM souligne dans un communiqué qu'il avait, dès le début 2003, «délibéré pour appeler le gouvernement à prendre ses responsabilités sur la légalisation en matière de cultures transgéniques en plein champ». Soucieux que soient établies des règles de coexistence entre les cultures OGM et les autres cultures, il se déclare néanmoins très réticent vis-à-vis des OGM. «On peut comprendre l'alerte lancée par José Bové même si je n'approuve pas les destructions d'essais des plantes transgéniques.»

Trois points dans la réglementation font débat : la définition des règles de coexistence entre les cultures OGM et les autres cultures (conventionnelles, bio, terroir) ; la question de la responsabilité (qui paie en cas de contamination par les cultures OGM) ; et le taux maximal acceptable présent accidentellement dans les denrées font l'objet d'âpres discussions (l'Espagne l'a fixé à 0,9% et l'Allemagne à 0,1%). Sur tous ces points, il n'y a toujours pas d'accord entre les écologistes et les pro-OGM. C'est pourquoi l'association Agir pour l'environnement ironise en affirmant être «sur la même position que les producteurs de maïs qui réclament une législation française pour encadrer la dissémination et établir un régime clair de responsabilité». En réalité, les uns veulent mettre en place des règles tellement sévères qu'elles condamneraient les OGM, les autres espèrent se faire accepter en offrant un maximum de garantie, économiquement acceptable.

 

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