Dans un dossier
publié à l'occasion de la
semaine nationale de la réduction des déchets,
le Cniid et Agir pour l'environnement pointent les carences
réglementaires en matière de prévention
des déchets ménagers.
pour aller plus loinSemaine nationale de la réduction
des déchets (site de l'Ademe)
Dossier du Cniid et d'Agir pour l'environnement
Réduire la production de déchets ménagers
des Français de 5 kilogrammes par habitant et par
an pendant 5 ans. Cet objectif, inscrit dans le projet
de loi Grenelle I, est-il un vou pieu ou réaliste?
L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de
l'énergie (Ademe) et le Meeddat ne doutent pas de
la capacité de la France en la matière. Vendredi
21 novembre, à la veille de la semaine nationale
de la réduction de déchets, l'agence présentait
une étude menée sur 370 foyers témoins
(1.074 personnes). Ces foyers ont pu réduire leur
production de déchets de 22% en adoptant 4 gestes
de prévention. A raison d'une production moyenne
par habitant de 353 kilogrammes par an, l'initiative permet
de dépasser largement l'objectif du Grenelle.
Pour le Centre national d'information indépendante
des déchets (Cniid) et Agir pour l'environnement,
l'objectif demeure irréaliste en l'état. «Nous
ne pourrons pas nous contenter de petits gestes»,
explique Clara Osadtchy, d'Agir pour l'environnement. «En
moyenne, 30% des déchets ménagers peuvent être
compostés, 50% recyclés, calcule Wiebke Winkler,
chargée de mission Prévention du Cniid. Il
en reste 20% dont on ne sait que faire».
Si le tonnage d'emballages ménagers a diminué entre
1997 et 2003, c'est principalement dû à la
substitution de certains produits par des matériaux
plus légers, comme celle du verre par le plastique,
rappellent les associations dans un dossier publié vendredi
21 novembre.
Les deux associations estiment que le réglementaire
doit venir au secours de la prévention, afin que
les industriels fassent de véritables efforts, notamment
en matière d'éco-conception.
«
Un seul décret (1) donne des obligations en la matière:
il ne fixe pas d'objectif, n'est pas connu, et ne prévoit
aucun contrôle des industriels.»
Vient ensuite la directive européenne de déréglementation
des formats d'emballages (2), «porte ouverte sur
le suremballage» du fait de son «contour extrêmement
flou». Ensuite, les deux associations critiquent
la faiblesse du mécanisme des contributions payées
par les producteurs, qui n'incite pas à la prévention. «Pour
une vraie responsabilité élargie du producteur
(REP), il faudrait une contribution d'au moins 80%, voire
100%», estime Wiebke Winkler.
Enfin, le Cniid et Agir pour l'environnement rappellent
que, dans le cadre du Plan national de prévention
des déchets, une norme expérimentale sur
la durée de vie des produits, qui aurait dû être
conçue par l'Afnor, n'a toujours pas été mise
en ouvre.
(1) Décret n° 98-638 du 20 juillet 2008 transposant
la directive 94/62 relative aux emballages et aux déchets
d'emballages
(2) Directive 2007/45 fixant les règles relatives
aux quantités nominales des produits en préemballages