Paris, le 23 mars 2006 : Une étude réalisée
par l’Institut de géochimie environnementale à l’Université Heidelberg
d’Allemagne et publiée dans le Journal of
Environmental Monitoring en janvier dernier s’alarme
de la présence d’antimoine dans l’eau
embouteillée. La toxicité de cette substance
est comparable à celle de l’arsenic et provoque, à faible
dose, des maux de tête et multiples vertiges.
Agir pour l'Environnement et le CNIID s’étonnent
du mutisme du Ministère de la Santé et de
l’absence totale de réactions des principaux
intéressés à savoir Danone, Nestlé et
Neptune.
Comparée à l’eau de robinet, l’eau
embouteillée (analysée à partir de
48 sources européennes dont 9 eaux minérales
françaises) contient de 95 à 165 fois plus
d’antimoine. Il semble que le recours à la
bouteille en polyéthylène (P.E.T) soit responsable
de cette contamination puisque l’antimoine est utilisé comme
catalyseur. Pire, la durée de conservation dans
un contenant en P.E.T accroît la teneur en antimoine
de l’eau.
Par delà le fait que le contenant (la bouteille
plastique) génère un gâchis gigantesque
de matières premières et faute d’un
recyclage optimal qui provoque l’incinération
et mise en décharge de plus de trois milliards et
demi de bouteilles chaque année, le contenu (l’eau
commercialisée à un coût dispendieux)
ne semble pas répondre à toutes les garanties
de salubrité escomptées. Chaque année,
Danone, Nestlé et Neptune diffusent l’équivalent
de sept milliards de bouteilles toutes contenances confondues,
soit 140 litres d’eau embouteillée par personne.
Les personnes âgées et enfants en bas âge
recourent à cette eau embouteillée en espérant
boire une eau de qualité.
En dehors de toute opération marketing dont la
vocation est de légitimer subjectivement la qualité de
l’eau embouteillée, nous demandons aux PDG
de Danone, Nestlé et Neptune de bien vouloir prendre
en compte ce premier signal d’alerte et définir
sérieusement la cadre permettant de s’assurer
de la non présence fortuite d’antimoine dans
l’eau commercialisée.
Une fois encore, Agir pour l’Environnement et le
CNIID demandent instamment aux Présidents de Danone,
Nestlé et Neptune de mener une réflexion
approfondie sur les alternatives existantes à la
bouteille en PET jetable, en explorant notamment la piste
de la consigne.
Agir pour l’Environnement et le CNIID alertent le
Ministre de la Santé pour que ce dernier fasse toute
la lumière sur cette forte concentration d’antimoine
dans l’eau embouteillée.