Etude. L'oiseau est menacé dans la capitale. Son sort
est encore pire à Londres, Hambourg.
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Alors comme ça le moineau aime les pauvres. Le
moineau boude les quartiers les plus favorisés de
la capitale, est-ce la faute au prix du mètre carré ?
Pas tout à fait : dans les quartiers les plus riches
et les mieux entretenus du quart ouest-parisien, il est
possible qu'il y ait moins de trous dans les immeubles
pour nicher, moins de déchets pour se nourrir, moins
d'herbes folles et donc d'insectes que dans l'est de la
capitale.
C'est l'un des résultats d'une importante enquête
réalisée par le Centre ornithologique Ile-de-France
et la Ligue de protection des oiseaux sur la forte diminution
du moineau domestique, en France mais aussi aux Pays-Bas,
en Grande-Bretagne, en Belgique, en Italie, en Finlande
et en Allemagne. Après analyses de plusieurs villes
européennes, J. Dennis Summers-Smith, spécialiste
du moineau domestique, estime que les populations ont diminué depuis
les années 80 de 70 % à la campagne, et de
95 % dans les villes.
Pesticides. Diable, mais que se passe-t-il chez les moineaux
? Plusieurs facteurs : la raréfaction des sites
de nidification (les immeubles modernes sont moins propices),
l'éloignement des banlieues (et oui, les moineaux
qui vivent en centre-ville doivent eux-aussi faire de plus
en plus de trajet pour aller se nourrir en banlieue), la
densité du trafic routier et le super sans plomb
(qui contient plus d'alcool, d'éther et de benzène
et ça, les moineaux n'aiment pas), la diminution
du nombre d'insectes, enfin les herbicides et les pesticides.
Ces deux dernières raisons sont la cause de ce
que les spécialistes nomment «les difficultés
de nourrissage des jeunes» : pas d'insectes, pas
de graines, pas de survie, baisse dramatique des effectifs.
Cela dit, Paris peut «cocoriquer» un peu :
entre 2003 et 2007, la population de moineaux domestiques
est restée stable dans dix-huit arrondissements
de Paris sur vingt, alors qu'elle est en légère
augmentation dans toute la France. Ce qui tranche nettement
avec Londres, Hambourg, Gand ou Prague, qui connaissent
des baisses très marquées. Seuls deux arrondissements
parisiens subissent une perte brutale de moineaux : le
XIe (- 92 %) et le XVe (- 74 %). Un phénomène
peut-être lié aux changements d'activité et
de population des quartiers en question ces dernières
années.
Pauvre petit moineau, pourtant anthropophile depuis des
siècles, qui aime tant vivre là où l'humain
est installé pour se nourrir. Et se faire des petits
nids dans les murs, sous les toits, dans les haies avec
des brins de paille et du duvet, le mâle, tête
grise et bavette noire, et la femelle en robe beige, unis
pour la vie.
Plantain. Comment l'aider ? Facile, répondent les
associations, il faut planter des arbres, des haies, des
céréales, de l'aubépine, du lierre,
du plantain (ça va être commode en ville)
pour qu'il puisse se cacher, dormir, manger. Il faut bannir
les pesticides, moinicides car tuant les insectes dont
le jeune a besoin pour grandir, installer des nichoirs
dans les parcs, les jardins de la ville. Ou sur son balcon
: 27 cm de haut, sur 15 cm par 15 cm avec un trou d'envol
de 4,5 cm de diamètre.