Paris, le 02 décembre 08 : Les 27 pays de l’Union
européennes viennent de se mettre d’accord
sur un compromis en demi-teinte visant à réduire
les émissions de gaz à effet de serre des
véhicules particuliers vendus dans les pays de l’Union à partir
de 2012.
Sous la pression conjointe des autorités allemandes
et des constructeurs automobiles, le projet de la commission
européenne a connu depuis janvier 2006 de sérieux
reculs qui ne peuvent satisfaire complètement les
associations qui luttent contre le dérèglement
climatique.
Agir pour l’Environnement constate, avec une amertume
non dissimulée, que les demandes formulées
par les constructeurs automobiles ont été intégralement
acceptées par les Etats membres, repoussant de 3
ans la mise en œuvre effective de la réglementation
européenne tout en obtenant un rabais faisant passer
le seuil de rejet d’émissions de CO2 de 120 à 130
grammes par kilomètre.
Malgré tous ces reculs, les constructeurs automobiles
devront faire preuve d’ambition afin de mettre sur
le marché des véhicules adaptés aux
contraintes climatiques et ainsi se conformer aux demandes
des consommateurs qui délaissent massivement les
grosses berlines et autres 4x4, énergivores et climaticides.
Pour Stéphen Kerckhove, délégué général
d’Agir pour l’Environnement, « ce règlement
européen, avant d’être une nouvelle
contrainte, est surtout un signal que les constructeurs
doivent saisir, au risque de continuer à mettre
sur le marché des véhicules lourds, polluants
et invendables ! ».
La crise que traversent les constructeurs automobiles
est le fruit d’un manque d’anticipation notoire
et le reflet du conservatisme industriel dont ont fait
preuve la plupart des industriels du secteur. D’ici à 2015,
les constructeurs devront donc mettre sur le marché automobile
des véhicules rejetant sensiblement moins de CO2.
Pour Stéphen Kerckhove d’Agir pour l’Environnement, « faute
d’ambitions politiques, ce règlement est une
occasion manquée d’acter juridiquement la
révolution climatique qu’il faudra mettre
en œuvre… mais c’est tout de même
une occasion à saisir comme une invite à aller
plus vite et plus loin dans le combat en faveur de l’intégrité climatique ».
