Paris, le 16 juin 2009 : A l’occasion de l’ouverture
à la circulation de l’autoroute A19 auto-promue
« éco-autoroute » par le groupe Vinci,
les associations de protection de l’environnement
expriment leur hostilité à ce concept fumeux
qui prélude à une nouvelle tentative des lobbys
autoroutiers de dévoyer les engagements du Grenelle
de l’environnement. Depuis le Grenelle de l’environnement
et au lendemain d’une élection qui témoigne
des aspirations écologistes des français,
il est de bon ton de se montrer soucieux de l'environnement.
La contre-offensive des lobbys, acculés au changement
de paradigme, consiste donc à rendre « vert
» ce qui ne l'est pas et (surtout !) ce qui ne peut
pas l'être. L'incroyable s'est donc produit une nouvelle
fois : Arcour (groupe Vinci) vient de lancer le concept
d' « éco-autoroute ». Il s'agit de l'A19
: plus de 100 kilomètres, entre Artenay et Courtenay,
(contournement sud de la région parisienne) avec
8000 à 9000 véhicules par jour en moyenne
attendus dont 20% de poids lourds.
Faut-il que les associations rappellent que l'objectif
d'une autoroute est de générer du trafic de
véhicules motorisés (voitures, poids lourds,
motos,...), ce qui contribue à d'importants rejets
de gaz à effet de serre, beaucoup plus en tout cas
que ce que génèrent le rail ou les voies d'eau
? « Des aménagements pour limiter les impacts
environnementaux, par ailleurs imposés par la loi,
ne feront jamais d’une autoroute une infrastructure
écologique, ou propre, ou sobre en carbone. Le qualificatif
d’éco-autoroute est un non sens absolu et la
novlangue ne doit pas se substituer à la réalité
» déclare Yannick Vicaire, chargé de
la campagne Climat d’Agir pour l’environnement.
La vaste opération de greenwashing de Vinci1 est
d’autant plus inquiétante que la présence
du secrétaire d'Etat aux transports, Dominique Bussereau
à l'inauguration le 8 juin lui apporte de fait une
caution de l'Etat. Placé sous tutelle du Ministère
de l'écologie (le MEEDDAT), ce secrétariat
est pourtant censé porter haut et fort le Grenelle
de l'environnement dont le gouvernement se gargarise depuis
deux ans. A cet égard, signalons que l'Etat s'est
engagé à limiter l'augmentation des capacités
routières du pays, à augmenter de 25% la part
modale du fret non routier et non aérien d'ici à
2012 et à donner un caractère prioritaire
aux investissements ferroviaires et fluvio – maritimes
(article 9 et 10 de la loi Grenelle 1). « Le gouvernement
ne doit pas céder à la tentation, sous la
poussée des lobbys, de camoufler une relance autoroutière
à l’abri du concept sémantique inauguré
par Vinci » prévient Olivier Louchard, coordinateur
du Réseau Action Climat, « au risque sinon
de trahir les aspirations des français et de renoncer
à ses responsabilités face à l’urgence
climatique ».
1 Lien vers le site greenwashing de Vinci : http://www.arcour-a19.com/
