Paris, le 18 décembre 08 : Devant faire face à l’échec
des engagements volontaires des constructeurs automobiles,
la Commission européenne s’apprête à présenter
un projet de réglementation visant à réduire
les émissions de CO2 des véhicules particuliers
commercialisés dans les pays de l’Union européenne
d’ici à 2012.
Cette réglementation a fait l’objet d’âpres
négociations opposant les constructeurs automobiles
entre eux et par ricochet les Etats membres. Avant le début
des véritables négociations jalonnant la
longue procédure communautaire de codécision
qui devrait aboutir sous présidence française
au second semestre 2008, le projet de la Commission européenne
a d’ores et déjà connu un nombre significatif
d’amendements allant dans le sens des constructeurs
automobiles les plus polluants. La France, comme les constructeurs
hexagonaux, semblent étrangement absents dans ce
premier round de négociation.
Sous la pression de l’association européenne
des constructeurs automobiles et des constructeurs allemands,
la Commission a revu sa copie en abaissant le niveau de
ses exigences, passant d’un seuil moyen de rejet
de 120 à 130g de CO2 par kilomètre parcouru
applicable d’ici à 2012. Face au lobbying
industriel des constructeurs allemands, la Commission européenne
a reculé en acceptant le principe d’une répartition
de l’effort entre constructeurs automobiles, en lieu
et place d’un seuil strict applicable à l’ensemble
des constructeurs. Ce principe permet ainsi aux producteurs
de grosses berlines de limiter l’effort à consentir.
Les associations considèrent cette répartition
comme la reconnaissance d’une prime aux mauvais élèves
de la classe automobile.
En acceptant une répartition inégale de
l’effort à entreprendre, la Commission offre
ainsi une nouvelle échappatoire aux constructeurs
qui manifestement, ne souhaitent pas prendre en compte
le paramètre climatique dans leur stratégie
industrielle et commerciale. La France semble s’être
d’ores et déjà rangée à cet
avis, alors même que les conclusions du Grenelle
de l’environnement indiquaient clairement que le
seuil des 120 g était un préalable à toute
négociation. Si des objectifs par classes de voitures
devaient être mis en place, la moins mauvaise solution
serait de choisir le critère "empreinte au
sol" plutôt que celui du "poids
Par ailleurs, se pose la question essentielle du contrôle
et des niveaux de sanctions (calculés en euros par
voiture et pour chaque gramme excédant la limite).
Le dispositif mis en place sera-t- il suffisamment contraignant
? Ce qui est sûr c'est que le gouvernement allemand
fait pression pour des montants au moins trois fois plus
bas que ceux proposés par la Commission environnement
(qui se base sur environ 95 euros/voiture/gramme dépassant
la limite).
Le projet de réglementation encadrant les rejets
de CO2 des véhicules particuliers est fort mal engagé.
A la veille de la publication de la proposition de la Commission
européenne, Agir pour l’Environnement, France
Nature Environnement, le Réseau Action Climat et
Greenpeace réaffirment leurs demandes :
- Un règlement ambitieux fixant un seuil de 120g
de CO2 par kilomètre applicable d’ici à 2012 à l’ensemble
des constructeurs automobiles
- Un objectif à plus long terme de 80 g d’ici à 2020
- Une entrée en vigueur rapide de cette réglementation,
au plus tard au second semestre 2008 sous la présidence
française
- Des niveaux de sanctions réellement contraignants
obligeant les constructeurs automobiles européens à construire
des véhicules moins lourds et moins puissants et
donc moins émetteurs de CO2.
Contact :
Stéphen Kerckhove – Agir pour l’Environnement – 06
06 88 52 66
Olivier Louchard – Réseau Action Climat France – 06
26 40 07 74
Michel DUBROMEL – France Nature Environnement - 06
82 52 11 81
Karine Gavand – Greenpeace - 06 77 04 61 90