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Les Régions, directement concernées par le
développement durable de leur territoire, ont souhaité pouvoir
prendre position en toute connaissance de cause dans le vif
débat sur les agro-carburants. Les études parues
sur ce thème sont sujettes à critiques, en
particulier quant à l’évaluation très
sommaire de l’impact environnemental. Les procédés,
méthodes et techniques de production des carburants
végétaux ont chacun un bilan énergétique
différent, bilan qui, de plus, varie de façon
très importante selon le mode de calcul retenu.
(Conférence de presse Mercredi 10 septembre 2008)
La commission Développement Durable et Environnement
de l’ARF et son président ont souhaité mettre à disposition
de l’ensemble des Régions une vision globale
de l’état des méthodologies utilisées
pour ces analyses. Dans cette optique, la Région Aquitaine
a commandé pour le compte de l’A.R.F auprès
du Centre d’énergétique des Mines de
Paris une étude d’évaluation des différentes
approches existantes en France comme à l’étranger,
en se basant sur l’analyse du cycle de vie (ACV), outil
permettant d’évaluer l’empreinte écologique
d’un objet ou d’un procédé.
De fait, les résultats de ce travail sont sans ambiguïté,
et l’ARF en tire comme enseignements :
•
la nécessite d’une plus grande rigueur dans
la conduite des études préalables à toutes
initiatives nationales et européennes en matière
d’agrocarburants ;
•
le recours systématique à une approche globale,
resituant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux
d’une généralisation de tel ou tel procédé ;
•
la réalisation d’une étude d’impact
territorial spécifique, préalable à chaque
projet.
Dans ces conditions l’ARF souhaite que le débat
sur les agrocarburants de première génération,
mais aussi sur la deuxième génération
en cours de développement, soit repris avec ce nouvel éclairage.
Outre l’impact lié à la mise en culture
de surfaces initialement couvertes par la forêt, par
les jachères ou les pâturages entraînant
une réduction des puits de carbone, éventuellement
un déstockage du carbone, générant l’utilisation
d’engrais azotés émetteurs de protoxyde
d’azote, les atteintes à la biodiversité qui
en résultent posent le problème du respect
des engagements pris dans ce domaine au plan national et
européen.
Enfin l’incidence de la production des agrocarburants
pose la question des priorités qu’on entend
donner à l’usage des terres agricoles dans le
contexte international actuel de hausse du prix des denrées
alimentaires.
Alain Rousset, Président de l’ARF, Didier Jouve,
Président de la Commission Développement Durable
et Environnement de l’ARF, appellent le gouvernement à réviser
les objectifs affichés en termes d’incorporation
d’agro-carburants dans l’essence et le gazole,
particulièrement celui du paquet énergie-climat
qui place la barre à 10 % d’ici 2020. Une telle
politique se doit de tenir compte des impacts écologiques
et sociaux induits.
Consultez le rapport final
Consultez la synthèse global
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