Paris, le 16 décembre 2008 : A l'occasion d'une
conférence de presse, dix ONG ont lancé une
grande campagne de sensibilisation aux risques sanitaires
générés par une utilisation prolongée
du portable, notamment par les enfants. Intitulée « Portables,
antennes relais, wifi. Un nouveau TcherMOBILE ? »,
cette campagne appelle les citoyens à se mobiliser
afin d'obtenir une réglementation contraignante
visant à encadrer le développement des multiples
technologies contribuant à un smog électromagnétique
de plus en plus épais.
Pour Stéphen Kerckhove, délégué général
d'Agir pour l'Environnement « il est regrettable
que ce soit aux associations de mener une véritable
campagne d'intérêt publique et ainsi de combler
l'inaction chronique de l'Etat en matière de protection
sanitaire ». Une fois encore (une fois de trop !),
les ONG sont dans l'obligation morale de se substituer à l'Etat,
en cette période d'avant-fête afin, notamment,
de mettre en garde les parents sur les risques liés à l'usage
du portable, tout particulièrement pour les enfants.
Elles soulignent l'importance d'actions d'information telles
que celle
menée actuellement par la ville de Lyon qui vient de lancer sur les panneaux d'information de la
ville une campagne intitulée « Le portable
avant 12 ans, c'est non ! ».
Les associations en appellent à la responsabilité de
l'Etat afin que prévention ne soit plus un vain
mot et que le principe de précaution ne soit plus
un concept marketing cachant de plus en plus mal l'inaction
coupable du ministère de la santé.
Pour le
Professeur Dominique Belpomme, cancérologue
et président de l'Artac, « les preuves scientifiques
dont nous disposons à ce jour accréditent
la thèse d'un risque réel et sérieux
pour certains utilisateurs de portables. Les autorités
publiques doivent immédiatement appliquer le principe
de précaution et réduire l'exposition des
enfants aux champs électromagnétiques, car
ceux-ci peuvent perturber dangereusement leurs réseaux
neuronaux en pleine croissance et favoriser l'apparition
de certains cancers. »
Pour Janine Le Calvez, présidente de Priartém, « portable,
antennes relais, wifi, wimax, umts, gprs. sont autant de
technologies commercialisées très rapidement
sans qu'aucune étude d'impact sanitaire préalable
n'ait été réalisée. Aujourd'hui
de plus en plus de voix s'élèvent pour exiger
la stricte application du principe de précaution
laquelle suppose, dès maintenant, l'interdiction
de toute promotion et commercialisation des portables aux
enfants, une réduction significative de l'exposition
des riverains d'antennes relais et l'interdiction du wifi
dans les écoles, les bibliothèques et autres
lieux accueillant le public.»
Alors que le secrétaire d'Etat au développement
numérique s'était engagé à recevoir
les associations pour envisager une telle campagne, il
semble que les opérateurs aient réussi, une
fois encore, à réduire au silence les représentants
de l'Etat. La seule avancée concédée
par le secrétaire d'Etat consiste à interdire
(à l'aide d'une charte non contraignante !) les
portables aux enfants de moins de. 3 ans. « Une plaisanterie
qui permet de mesurer, par l'absurde, l'ambition réelle
de l'Etat en la matière » selon Stéphen
Kerckhove.
Cette campagne rassemble dix associations, et
est composée
d'un quatre-pages de sensibilisation et de trois cartes-pétitions
ciblant les ministres de l'Ecologie, de la Santé et
de l'Education nationale. Cette campagne de mobilisation
citoyenne est éditée et diffusée à 150.000
exemplaires.
