La Cour d’Appel de Versailles vient de confirmer le
jugement de première instance rendu par le TGI de
Nanterre en octobre 2008 en condamnant l’opérateur
Bouygues-Télécom, au nom du principe de précaution, à démonter
son pylône, situé à quelques dizaines
de mètres des riverains les plus proches, à Tassin
la Demi-lune. Ceux-ci, adhérents de Priartem, inquiets
pour leur santé et celle de leurs enfants avaient
fait valoir, devant la justice, leur droit à l’application
du principe de précaution face à une pollution
nouvelle autour de laquelle existe une forte controverse
scientifique.
Cet arrêt complète et précise la jurisprudence
antérieure et est un encouragement à agir pour
tous ceux qui souffrent, au quotidien de l’exposition
aux rayonnements électromagnétiques. Il s’agit également
d’un appel lancé aux responsables politiques
en charge du dossier afin qu’une nouvelle législation
traduise en normes réglementaires cette exigence de
précaution.
Cet appel de la Cour de Versailles arrive à point
nommé puisque le Sénat étudie cette
semaine le projet de loi-cadre dit Grenelle 1 et que le projet
de loi Grenelle 2 doit être examiné par les
deux Chambres dans les mois qui viennent. L’un et l’autre
de ces projets font largement l’impasse sur la problématique
des antennes-relais et plus globalement sur la question des
expositions chroniques aux champs électromagnétiques à faibles
doses.
Il serait incompréhensible, pour les associations
Priartém et Agir pour l'Environnement, qu’à l’heure
où la justice complète un droit particulièrement
laxiste à l’égard des opérateurs
de téléphonie mobile, les parlementaires n’entendent
ni les craintes des riverains, ni les experts inquiets des
conséquences sanitaires d’une exposition chronique
aux ondes de la téléphonie mobile, ni les décisions
de justice qui appliquent enfin le principe de précaution.
Les associations Priartem et Agir pour l’environnement
appellent les parlementaires à se saisir du débat
actuel, en proposant ou en soutenant des amendements à ces
projets de loi qui permettent de traduire dans la loi les
avancées jurisprudentielles. Elles rappellent qu’en
l’état des connaissances, il est urgent de retenir,
comme valeur limite d’exposition chronique, 0,6 V/m,
valeur qui permet à la fois de développer la
téléphonie mobile et de réduire les
risques pour les populations exposées.
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