A l’issue de la première étape du Grenelle
des ondes, Agir pour l’Environnement et Priartém
expriment publiquement leur frustration de ne pas avoir
pu entendre les scientifiques qu’elles ont proposés
d’auditionner à maintes reprises. A cet égard,
le caractère non contradictoire des auditions n’a
pu que nuire aux résultats dudit Grenelle et affaiblir
la synthèse des travaux. Pour les associations, il
est inconcevable qu’une question de santé publique
n’ait pu faire l’objet d’un débat
scientifique pluraliste, faute de temps.
Malgré tout, la pugnacité des associations
a eu pour partie raison des a priori formulés par
le premier Ministre et sa ministère de la Santé,
présupposant, sans l’étayer scientifiquement,
que les antennes relais n’avaient pas d’effets
sur la santé des riverains, au regard de la faiblesse
du niveau d’exposition.
Selon les associations, le principal acquis de ce Grenelle
est à rechercher dans la reconnaissance officielle
d’une incertitude, préalable à l’activation
du principe de précaution. La synthèse reconnaît
formellement que la téléphonie mobile fait
partie des risques émergeants, à gérer
comme tels.
Un certain nombre de propositions méritent d’être
soulignées, notamment la mise en œuvre de mesures
de précaution relatives à certains usages
du portable jugés problématiques, notamment
chez les enfants, adolescents et utilisateurs intensifs.
Concernant les antennes relais, il est à noter que
l’un des scénarios retenus propose l’application
du principe ALARA qui suppose la définition d’un
nouveau seuil maximal d’exposition des riverains dans
les lieux de vie et sites sensibles. Selon Janine Le Calvez,
Présidente de Priartém, « ce principe
ALARA ne fera sens qu’accompagné d’une
valeur d’exposition maximale réellement protectrice
des populations exposées, valeurs que nous proposons
de fixer à 0,6 V/m. Le flou actuel de la synthèse
reposant sur une sorte d’écriture diplomatique
risque de conduire très rapidement à des déconvenues
abyssales. »
Selon Stéphen Kerckhove, délégué
général d’Agir pour l’Environnement,
« cette synthèse est un premier pas en
avant qui mérite que les associations applaudissent…
d’une main ! Nous utiliserons la deuxième pour
prêter main forte aux riverains qui devront rester
mobilisés afin d’obtenir de véritables
mesures de précaution qui restent à obtenir
».
Les associations rappellent que ce Grenelle des ondes a
fait naître des espoirs. Les frustrations et déconvenues
qui pourraient résulter d’une inaction gouvernementale
auraient des conséquences lourdes sur le climat entourant
ce dossier. Les associations attendent désormais
que la puissance publique s’approprie ces premières
conclusions, les renforcent et les transposent dans une
loi et des règlements encadrant sérieusement
le développement de la téléphonie mobile.
