Le rapport du "Grenelle des ondes" publié
lundi 25 mai ne satisfait pas vraiment les associations
qui ont participé aux six semaines de débats.
Ses principales propositions sont l'interdiction des téléphones
portables dans les écoles primaires, des mesures
de surveillance des antennes-relais et de limitation des
usages pour les enfants.
Mais pour les associations, ces pistes ne reprennent pas
les avancées de leurs travaux, notamment sur l'abaissement
des seuils d'exposition aux ondes. La synthèse des
débats diffusée aux acteurs du Grenelle des
ondes le 18 mai avait pourtant nourri certains espoirs pour
les associations.
Document de travail préalable à une dernière
rencontre entre Etat, associations et opérateurs,
elle présentait des avancées sur la prise
en compte des risques liés aux ondes. Problème
: celles-ci ne se retrouvent pas dans le rapport publié
une semaine plus tard. Deux des associations ayant participé
aux discussions, Priartém (Pour une réglementation
de l'implantation des antennes relais de téléphonie
mobile) et Agir pour l'environnement, ont d'ores et déjà
annoncé qu'elles ne participeraient pas au comité
de suivi du Grenelle.
"On a du mal à s'expliquer les absences dans
le rapport", s'exclame Stéphen Kerckhove, délégué
général d'Agir pour l'environnement. L'interdiction
de vente de téléphones portables au moins
de 12 ans avait été évoquée
lors des débats. Une mesure absente du rapport ministériel,
remplacée par une possible interdiction dans les
écoles primaires.
Même chose pour la définition d'un seuil d'exposition
plus faible que celui en place aujourd'hui, qui ne figure
pas dans le rapport, alors que la note de synthèse
du 18 mai dessinait des solutions possibles. Un retournement
de situation qui donne l'impression à Stéphen
Kerckhove de n'avoir servi que de "caution à
un faux débat" et à légitimer
des normes déjà en place.
DES PISTES DE TRAVAIL
"Le moratoire [sur l'installation de nouvelles antennes
relais] n'a pas fait consensus, ni l'abaissement des seuils"
d'exposition, a justifié Roselyne Bachelot. La ministre
de la santé a cependant fait valoir que l'essentiel
était que le "débat ait pu s'engager".
Le comité de suivi du Grenelle doit se retrouver
en septembre pour discuter des suites à donner au
rapport. D'ici là, certaines villes pilotes devraient
avoir expérimenté une baisse du taux d'émission
maximal des antennes relais à 0,6 volt/mètre
contre 61 volt/mètre actuellement. D'autres pistes
sont aussi avancées par les secrétaires d'Etat
Nathalie Kosciusko-Morizet (économie numérique)
et Chantal Jouanno (écologie), comme la mise en place
d'offres exclusivement SMS et de téléphones
uniquement utilisables avec une oreillette pour limiter
les expositions aux ondes.
"On a fait du surplace", estime cependant Janine
Le Calvez, présidente de Priartém. Selon elle,
si les riverains d'antennes sont "les premiers perdants"
de ce rapport, les opérateurs ne devraient pas y
trouver leur compte non plus. "S'ils ne se sentent
pas protégés, fait-elle remarquer, les riverains
vont peut-être se mobiliser de façon plus forte."
Une situation qui pourrait poser problème alors que
de nombreuses antennes devront être renouvelées
dans les années à venir. Ce qui pourrait donner
lieu à des actions en justice.
Antonin Sabot
