Paris, le 02 septembre 2011 : Au terme de 24 mois durant
lesquels les acteurs du Grenelle des ondes ont maintenu
en vie un processus, dit expérimental, peu productif
visant à évaluer la faisabilité d’une
réduction des expositions des riverains d’antennes
et la mise en place de nouvelles procédures d’information-concertation,
le ministère de l’écologie et celui
de l’industrie ont annoncé la fin de la partie
« Grenelle des ondes » en optant, une fois encore,
pour le « laisser faire », favorable aux seuls
opérateurs.
Le Gouvernement « découvre » ce que
tout le monde savait déjà il y a deux ans
- le niveau d’exposition aux antennes relais est globalement
faible mais il existe des zones dans lesquelles il existe
des expositions chroniques fortes voir très fortes
-et propose d’utiliser la méthode du sparadrap
sur la jambe de bois pour traiter ces cas.
Le gouvernement « découvre » également
que si les émissions des antennes baissent, la qualité
de services en era altérée. A moins de penser
que les opérateurs sur-émettent pour le plaisir
d’exposer inutilement les riverains – ce dont
les associations ne les accusent pas – il y avait
fort à parier qu’à réseau identique,
une baisse de l’émission des antennes se traduirait
quasiment automatiquement par une baisse de la qualité
de réception.
Priartem et Agir pour l’environnement n’ont
cessé de se battre pour que soient prises en compte
les études de nouvelles configurations techniques
susceptibles d’assurer une qualité de services
équivalente tout en réduisant les expositions
des populations riveraines, ce qui correspondait pourtant
à la mise en place d’un véritable processus
expérimental. Les opérateurs s’y sont
toujours farouchement opposés.
Quant aux expérimentations en matière d’information-concertation,
elles se sont réduites, au fur et à mesure
des réunions, en peau de chagrin jusqu’à
se terminer sous la forme d’un « corpus minimum
» qui s’apparente, de près ou de loin,
au seul respect de la réglementation.
Une fois encore, les associations ont le regret de constater
que, faute d’ambition politique, ces 24 mois sont
autant de temps perdu en réunions dont l’objet
est de discourir au lieu d’agir, d’expérimenter
localement au lieu de réglementer nationalement.
Les associations tiennent à rappeler aux ministères
en charge des expérimentations que la noblesse de
la politique n’est pas de mener à bien une
politique dilatoire mais d’agir et régler les
problèmes et qu’il y a nécessité
à imposer rapidement une baisse des seuils d’exposition
et à obliger les opérateurs à modifier
leur réseau d’antennes relais afin de le rendre
compatible avec la santé des riverains exposés.
Les associations notent avec stupéfaction que le
ministère de la santé a été
subrepticement remplacé par le ministère de
l’industrie. A croire qu’à la suite de
l’avis de l’OMS classant les ondes électromagnétiques
de la téléphonie mobile comme « potentiellement
cancérigènes », la France ait opté
pour le déni de risque.
