Dix associations ont lancé, hier, une campagne contre
l'utilisation du téléphone portable. Elles
disent craindre un « Tchermobile ».
La campagne. La campagne implique plusieurs associations
environnementales (Agir pour l'environnement, Priartem...),
la FCPE, la Ligue de l'enseignement, l'association de bibliothécaires
parisiens SUPAP-FSU, ainsi que l'Association pour la recherche
thérapeutique anticancéreuse lancée
par le Pr Belpomme. Ce cancérologue controversé est
sur tous les fronts des causes environnementales du cancer.
Agir pour l'environnement propose des cartes postales aux
slogans plus ou moins chocs (dont un qui emploie la formule « Tchermobile »), à envoyer
aux ministères concernés : santé, éducation
nationale ou écologie.
Précautions. En juin, le très médiatique
psychiatre David Servan-Schreiber avait lui aussi lancé un
appel à la prudence... qui reprenait globalement un
communiqué diffusé, début janvier, par
le ministère de la Santé. En gros : ne pas
abuser du téléphone, utiliser un kit mains
libres, ne pas téléphoner dans des conditions
de mauvaise réception...
Téléphones pour enfants. La campagne vise
tout particulièrement l'usage des téléphones
portables par les enfants, d'où l'implication des
associations d'enseignants et de parents. Dans son expertise
de 2005, l'Affset (Agence française de sécurité sanitaire
de l'environnement et du travail) avait souligné que,
si des effets sanitaires étaient mis en évidence,
les enfants pourraient être plus sensibles.
Le wi-fi dangereux ? C'est le nouveau cheval de bataille
des associations.À la suite de plaintes du personnel,
en septembre, la Mairie de Paris a dû enlever des bornes
wi-fi de quatre bibliothèques. À la demande
des ministères de la Santé et de l'Écologie,
l'Affset a été chargée d'évaluer
les dangers du wi-fi et de la télé mobile personnelle.
Risques de cancer : du nouveau ? Pas vraiment. On n'en finit
pas d'attendre les résultats complets de l'étude
Interphone, menée depuis 1999 dans treize pays, dont
la France. Des résultats partiels semblaient indiquer
une augmentation du risque après plus de dix ans d'utilisation
intensive. Mais la plupart des scientifiques sont extrêmement
réservés. On n'a, pour l'heure, pas relevé d'explosion
significative de cancers, malgré l'utilisation massive
de la téléphonie mobile. Certains cancers,
il est vrai, mettent des dizaines d'années à apparaître.
Antennes-relais. Lundi, le tribunal de Colmar a débouté en
appel Sabine Rinckel, une Strabourgeoise qui avait assigné son
Office HLM. Elle souffre de maux de tête et d'acouphènes,
qu'elle attribue à des antennes-relais situées à proximité.
Son avocat, Me Richard Forget, compte attaquer les opérateurs
de téléphonie mobile. Le 18 septembre, il avait
obtenu que le tribunal de Nanterre contraigne Bouygues Télécom à démonter
une antenne, pour « risques potentiels de trouble à la
santé ». L'opérateur a fait appel. L'audience
se tiendra le 7 janvier, à Versailles..
Électro-hypersensibilité. Sabine Rinckel souffre
d'électro-hypersensibilité. Cette maladie est
bien recensée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)
depuis 2005. Mais sa définition est très imprécise
(des symptômes non spécifiques, qui varient
d'une personne à l'autre). De plus, l'OMS estime qu'il
n'y a pas de preuves étayées pour faire le
lien avec les ondes électromagnétiques.
Philippe RICHARD.
