"Portables, antennes relais, wifi : un nouveau TcherMOBILE
? ". Avec un intitulé pensé pour frapper
les esprits, dix associations ont lancé il y a quelques
jours une grande campagne de sensibilisation aux risques
sanitaires générés par une utilisation
prolongée du portable. Des risques qui seraient encore
plus importants pour les enfants, surtout âgés
de moins de douze ans.
72 % des 12-14 ans équipés d'un portable
Cette campagne, elle n'a pas été lancée
au moment des fêtes de façon anodine: l'idée
est de mettre en garde les parents qui offriront comme cadeau
de Noël à leur enfant un portable. Ce qui semble
se faire de plus en plus, comme on le note presque unanimement
dans les boutiques de téléphonie mobile gapençaises.
Mais, si chez SFR ou Orange, on indique « vendre plus
de téléphones pour Noël qu'avant, notamment à des
parents pour leur enfant », au Club Bouygues, on ne
note pas spécialement de surcroît de vente de
portables à destination des jeunes : « c'est
toute l'année, et particulièrement en septembre
et octobre au moment de la rentrée ». Unanimes
aussi, les commerçants spécialisés,
sur l'âge approximatif à partir duquel les parents équipent
leurs enfants d'un portable : « c'est souvent au moment
de l'entrée en collège, quand ils prennent
plus d'indépendance, ou alors vers 13 ou 14 ans ».
A priori, donc, peu de jeunes enfants se retrouvent en possession
d'un téléphone mobile. Mais il y en a: 18 %
des écoliers seraient dans ce cas, contre 72 % des
12-14 ans.
"Le portable avant 12 ans, c'est non !"
12 ans, c'est justement l'âge charnière mis
en avant par les associations à l'origine de la campagne
contre l'utilisation du portable par les enfants. Et par
la ville de Lyon, première municipalité à afficher
sur ses murs sa conviction dans le domaine à l'aide
du slogan "le portable avant 12 ans, c'est non !"
En effet, selon la vingtaine d'experts signataires d'un
appel à une utilisation raisonnée (lire par
ailleurs), "les organes en développement (donc
du foetus et de l'enfant) sont les plus sensibles à l'influence
possible de l'exposition aux champs électromagnétiques".
«
Le consensus existe aujourd'hui pour constater la vulnérabilité toute
particulière des enfants. Selon une étude récente
de l'Université de Porto Allègre, le cerveau
d'un enfant absorbe 60 % de radiation de plus que celui d'un
adulte. La boîte crânienne d'un enfant, d'un
volume plus petit, reçoit plus et plus profondément
les ondes du portable », précisent les associations
engagées dans la campagne.
« C'est enfin un sujet qui émerge sur la place
publique »
Parmi elles figure la Ligue de l'enseignement, dont Denis
Lebioda est le chargé de mission pour les Alpes du
Sud. Il explique : « on est dans une situation de lanceurs
d'alerte, c'est enfin un sujet qui émerge sur la place
publique ». Lui-même sait de quoi il parle, puisqu'il
est électro-sensible : « j'ai déménagé de
la région parisienne au Champsaur pour cette raison.
Chaque fois que j'allais dans des endroits perdus, ça
allait mieux. Mais aujourd'hui, c'est difficile d'échapper
aux ondes électro-magnétiques: une seule demi-journée à Gap, ça
veut dire deux jours d'arrêt complet après ».
POUR EN SAVOIR PLUS
Une réunion publique est prévue à Gap
le 13 février prochain autour des "antennes relais
et leur conséquences" avec notamment l'intervention
du Dr Pierre Souvet, cardiologue à Aix-en-Provence
et président de l'association Santé Environnement
Provence, de la vice-présidente et du Dr Patrice Halimi.
Le thème de la téléphonie mobile sera
aussi discuté.
REPÈRES
CHIFFRES
La France compte 55,7 millions d'abonnés au téléphone
mobile, soit un taux de couverture avoisinant les 90 % de
la population française.
Un abonné utilise chaque mois son portable en moyenne
deux heures et demie et envoie une quarantaine de SMS.
FRÉQUENCES
Trois bandes de fréquence sont utilisées dans
la téléphonie mobile : le 900 MHz et le 1800
MHz (dédié à la transmission de données
orales) et le 2100 MHz (numériques). Le WiFi, nouvelle
application dont l'utilité est d'éliminer les
fils reliant les bornes Internet aux ordinateurs et autres
périphériques, fonctionne sur une fréquence
supérieure, de 2450 MHz.
LES ASSOCIATIONS
EN CAMPAGNE
Sont engagées dans la campagne de sensibilisation
et de mobilisation citoyenne "Portables, antennes relais,
wifi : un nouveau TcherMOBILE ? ", les associations
suivantes : Agir pour l'environnement, PRIARTéM, Artac,
FCPE, CSF, Ligue de l'enseignement, les Amis de la Terre,
Action Consommation, Supap-FSU et Silence. Cette campagne
est composée d'un "quatre pages" et de trois
cartes-pétitions ciblant les ministres de l'Ecologie,
de la Santé et de l'Education nationale.
Adeline TAUPIN
