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Cette chronique est dédiée à Molière,
et à son immortel Tartuffe. Communiqué du président
de la région Aquitaine, Alain Rousset : "En plein
débat sur la taxe carbone et à trois mois du
Sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Copenhague,
l'heure est plus que jamais à la responsabilité
politique et citoyenne." Mmmh, c'est beau comme l'Antique.
La missive continue : "C'est pourquoi Alain Rousset a
décidé de créer un "fonds carbone"
pour financer en région Aquitaine des projets permettant
de "séquestrer" le carbone." But : compenser
les émissions liées au chantier de l'autoroute
A 65, qui doit relier Pau à Langon. Pour un million
de tonnes de gaz carbonique générées
par le chantier lancé fin 2008, on financera des actions,
par exemple la plantation d'arbres, supposés absorber
une masse équivalente de CO2. Ça sonne écolo,
ça brille écolo, c'est plus vert que vert...
Sauf que c'est une hypocrisie de la plus belle espèce.
L'autoroute A 65 est en effet un projet d'infrastructure des
plus contestés et contestables, imposé après
le Grenelle de l'environnement sous la pression assidue de
M. Rousset, entre autres. Sa réalisation va détruire
des zones naturelles classées, fragmenter l'écosystème
landais, et susciter un surcroît de trafic routier (Le
Monde du 12 avril 2008). La décision de lancer l'A
65 a été finalisée en 2008, après
le Pacte écologique de Nicolas Hulot, le Grenelle de
l'environnement, et une tornade de déclarations la
main sur le coeur en faveur de la lutte contre le changement
climatique.
Détail crucial. Alors que le trafic actuel entre Pau
et Langon est de l'ordre de 7 500 véhicules par jour,
l'autoroute ne sera rentable, estime le concessionnaire, l'entreprise
A'lienor, que s'il atteint 14 500 véhicules par jour
en 2020 : autrement dit, tous les efforts seront faits pour
presque doubler la circulation automobile - ce qui ne peut
qu'augmenter la quantité de gaz à effet de serre.
Est-ce qu'il est prévu de "compenser" cette
augmentation inévitable ? Que nenni. On ne parle que
des "émissions du chantier". Mais compenser,
même, ne suffirait pas. La plupart des pays occidentaux
- dont la France, dans sa loi sur l'énergie de 2005
- ont pris l'engagement de réduire leurs émissions
de 80 % d'ici à 2050. Cela représente une diminution
de l'ordre de 3 % par an. Il s'agit bien, non pas de stabiliser
les émissions, mais de les réduire drastiquement
et régulièrement. On attend avec intérêt
la démonstration que l'A 65 aidera à atteindre
cet objectif en Aquitaine.
Tiens ! Un autre communiqué. "Nantes Métropole
prépare activement le Sommet de Copenhague sur le climat
sous l'impulsion de son président, Jean-Marc Ayrault".
Ayrault, Ayrault ? Ce n'est pas le monsieur qui veut construire
un aéroport au nord de Nantes ?
Merci, MM. Rousset et Ayrault, l'avenir de la planète
est en de bonnes mains.
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