Paris, le 19 avril 2010 : Le Gouvernement vient d’annoncer
le report de la Taxe Poids Lourds dont les sommes perçues
devaient notamment servir à financer les infrastructures
de fret ferroviaire. En reportant cette taxe Poids Lourds
au second semestre 2012, l’Etat français se
prive d’un manque à gagner évalué
à plus d’1,25 milliard d’euros.
Pour Agir pour l’Environnement, « le Gouvernement
a une bien curieuse façon de préparer les
débats qui vont avoir lieu début mai à
l’Assemblée nationale autour de la loi Grenelle2.
Chaque jour est l’occasion de détricoter un
peu plus les modestes avancées du Grenelle. »
L’association s’interroge : « A ce rythme,
que restera-t-il du Grenelle ? Une ou deux centrales nucléaires,
quelques incinérateurs, des milliers d’antennes
relais, pléthore de projets autoroutiers, un projet
de nouvel aéroport, quelques lois anti-éoliennes…
et beaucoup de beaux discours écologiques sans liens
tangibles avec la réalité ?!!! »
Pour Stéphen Kerckhove, délégué
d’Agir pour l’Environnement, « la rupture
écologique tant annoncée par ce Gouvernement
est une sorte de mirage qui disparait dès que l’on
tente de s’en approcher. » Le vernis verdâtre
que l’Etat a essayé d’apposer sur une
politique conservatrice craquelle de toute part et il est
grand temps d’en tirer tous les enseignements.
Successivement, l’Etat français a annoncé
le report de la Taxe Carbone, l’annulation de la Taxe
Poids Lourds, l’organisation de quatre débats
publics sur des projets routiers et autoroutiers…
le tout en omettant soigneusement de publier le schéma
national des infrastructures de transport, comme la loi
Grenelle1, en son article 16, l’y oblige avant le
31 décembre... 2009 !
Pourtant, cette Taxe devait s’appliquer aux 800.000
poids lourds circulant sur les routes françaises.
Un camion de 40 tonnes circulant à 75 km/h dans de
bonnes conditions de circulation consomme 35 l/100 km et
rejette 920 g/km de CO2. En situation d’embouteillage
ou de mauvaise circulation, la consommation d’un camion
peut atteindre 360 l/100 (!) et rejeter 9,7 kg/km de CO2.
L’association constate avec amertume que la seule
chose qui s’envole encore en France, ce sont les promesses
avortées du Grenelle de l’environnement !
