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Chaque année, un jury composé de militants
de trois associations écologistes internationales
- Agir pour l'environnement, Réseau Action Climat
et Transport & Environment - décerne le " prix
Tuvalu du dérèglement climatique ", du
nom de cet îlot du Pacifique menacé d'engloutissement
par la montée des eaux consécutive au réchauffement
de la planète. Il s'agit en fait d'un antiprix, puisqu'il
vise à épingler un "acteur politique ou économique
ayant montré son incapacité à agir en
faveur de la lutte contre le dérèglement climatique ".
Pour 2006, le choix du jury s'est porté sur José Manuel
Barroso, président de la Commission européenne.
Les associations se sont en effet aperçues que le
véhicule personnel de M. Barroso est un 4x4 Volkswagen,
qui consomme plus de 13, 2 litres aux 100 kilomètres
en zone urbaine et rejette ainsi 265 grammes de CO2 - le
principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement
climatique - par kilomètre parcouru. Ce taux est près
de deux fois supérieur aux 140 grammes de CO2 par
kilomètre, l'objectif fixé par la Commission
européenne elle-même dans le cadre d'un accord
conclu en 1998 avec l'Association des constructeurs automobiles
(ACEA). Ceux-ci s'engageaient à ce qu'aucun véhicule
neuf mis sur le marché à partir de 2008 n'émette
de CO2 au-delà de cette limite.
L'accord en question, non contraignant, faisait appel au
volontariat des constructeurs. Or, selon les associations écologistes,
la réduction des taux d'émission observée
sur les modèles sortis entre 1998 et 2006 ne laisse
guère espérer que l'objectif de la Commission
soit atteint.
La " distinction " décernée à M.
Barroso, que les militants sont d'ailleurs allés lui
offrir symboliquement le 29 mai devant le siège de
la Commission à Bruxelles, sert surtout à souligner
que la "méthode Barroso" vis-à-vis
des entreprises - qui consiste à éviter toute
contrainte réglementaire en comptant sur la capacité des
dirigeants à anticiper à long terme l'intérêt économique
réel que représente le respect de l'environnement
- n'est tout simplement pas efficace.
Mais le "profil bas" que le président de
la Commission a adopté sur tant de dossiers n'est-il
pas aussi, un an après le non franco-néerlandais à la
Constitution européenne, la rançon de la montée
du sentiment anti-européen ? Au plus grand bénéfice
des partisans du "laisser-faire"...
ANTOINE REVERCHON
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