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Un rapport, commandé par l'Afe (Association française de l'éclairage),
montre du doigt l'ampleur de la pollution lumineuse dans la gestion de la biodiversité.
Outre les soirées romantiques, les oiseaux souffrent de la luminosité urbaine.
Le sujet devrait s'inviter dans le projet de loi Grenelle 1 qui sera examiné à partir
de cette semaine à l'Assemblée nationale.
Qui, des lumières artificielles urbaines ou des étoiles,
illuminent le plus nos nuits? La réponse se trouve
dans les ailes brûlées du sphinx, un papillon
quasi-absent en Europe à cause d'une mortalité élevée
due à son attirance pour les feux de la ville. Les
effets de la pollution lumineuse générée
dans les grandes cités sont encore plus spectaculaires
sur les oiseaux. "Depuis le XIXème siècle
déjà, les migrateurs comme les passereaux,
les canards, sont attirés par les phares, et finissent
par percuter des bâtiments", explique Marc Théry,
chercheur en écologie au Muséum national d'histoire
naturelle, à Paris. A Chicago en 1978, comme à Toronto
en 1993, le dénombrement de centaines de milliers
d'oiseaux morts de cette façon a incité les
villes à préconiser l'extinction des feux des
immeubles, publics comme privés, durant la nuit.
Néanmoins, "des solutions d'aménagement
urbains sont possibles", affirme Marc Théry.
A la Réunion, la mise en place de réflecteurs
de lumière sur des sites de nidification a permis
de faire chuter de 40% la mortalité des poussins de
pétrels - une espèce endémique protégée.
Les scintillements artificiels étaient leur principale
cause de mortalité. Au lieu de gagner l'océan,
les oiseaux s'enfermaient dans des structures éclairées
comme des stades ou atterrissaient dans les assiettes des
particuliers fins gourmets. "En Floride, les collectivités
ont érigé des ombrages artificiels, voire réhabilité des
dunes afin de permettre aux tortues marines écloses
de se diriger non pas vers les villes, mais vers la mer",
raconte Marc Théry.
Tous les types de lumière ne sont pas également
néfastes
Le projet de loi Grenelle 1 pourrait mettre le doigt sur
l'interrupteur. La France proposera au Parlement des changements
dans la directive européenne EUP, Energy Using Product,
en octobre. Hervé Lefebvre, responsable du département "Maîtrise
de la demande d'électricité" auprès
de l'Ademe (Agence pour le développement et la maîtrise
de l'énergie), explique que "ces changements
permettront d'imposer des seuils minimums de performance énergétique
pour les lampes utilisées en Europe, que ce soient
les réverbères ou les lampes d'intérieur".
La démarche a son importance. Tous les types de lumière
ne sont pas également néfastes. Les lampes à vapeur
de mercure, communément trouvées dans les rues,
produisent des rayons ultraviolets (UV) qui attirent les
oiseaux et les insectes. A leur place, pourraient être
préconisées les lampes à vapeur de sodium à basse
pression. "Non seulement celles-ci n'émettent
pas d'UV, ce qui est moins perturbant pour la biodiversité,
mais elles émettent en plus des rayons dans une gamme
de longueur d'onde restreinte, ce qui ne perturbe pas les
astronomes", plaide Marc Théry.
Immeubles, magasins et devantures, souvent éclairées
la nuit, font également l'objet de réflexions
au sein de l'Ademe. Entre le temps des lumières et
celui des bougies, reste à trouver le juste éclairage.
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