La
pollution lumineuse est due à un excès
d'éclairage public qui se manifeste par un halo lumineux
surplombant nos villes et nos villages, masquant les étoiles
et perturbant la vie biologique.
L'impact de cette pollution est proportionnel à la
taille de la ville, voilà pourquoi au Pays Basque
nord, les villes les plus «polluantes» sont celles
du BAB et Saint-Jean-de-Luz. Alors qu'un collectif de quatre
ONG a lancé, le 30 octobre, une campagne intitulée
: «Illuminations de Noël : Le grand gaspillage».
Au Pays Basque, les communes réfléchissent
depuis quelques années sur ces problématiques énergétiques
et environnementales. Exemple : Biarritz, Anglet, Saint-Jean-de-Luz,
Bilbo et Donostia qui ont réduit ou modifié considérablement
l'éclairage de Noël. Les petites communes comme
Saint-Jean-Pied-de-Port sont dans la même logique.
Une bonne réaction quand on sait que l'éclairage
public représente dans l'Hexagone 4 % des émissions
totales de gaz à effet de serre selon la Direction
générale des collectivités locales et
l'ADEME.
Cependant, la totalité des grandes villes du Pays
Basque n'ont pas encore pris à bras-le-corps l'enjeu
de la pollution lumineuse. Ces villes demeurent très
en retard face à des villes pilotes comme par exemple
Albi ou Rodez. Pour les villes basques, la réduction
de la pollution lumineuse reste une préoccupation économique
avant d'être environnementale. À noter que le
maire de Bayonne, Jean Grenet, n'a pas souhaité nous
communiquer les données de la ville de Bayonne sur
le thème de l'éclairage public et des illuminations
de Noël.
Une prise de conscience
Il sera de plus en plus difficile de prétendre publiquement
que l'on est en faveur du développement durable et
continuer de gaspiller l'énergie. Pour cette année «la
facture d'énergie des illuminations de Noël a
pu être réduite de 50 %» nous explique
Sophie Vivié, chargé de communication à la
ville de Biarritz. Le budget de 2008 consacré aux
illuminations durant les fêtes se restreint à 150
000 euros. Des économies grâce à l'utilisation
de lampes type LED, «produit le plus économique
et le plus fiable sur le marché» confie Sophie
Vivié.
Le gaspillage énergétique a aussi bien été pris
en compte par Saint-Jean-de-Luz. Depuis 2002, la ville a
réduit sa consommation électrique de 70 % avec
pour conséquence une économie nette de 75 %
sur les dépenses d'éclairage public pendant
les fêtes. Chrystel Marty chargée de la communication
nous explique qu'il s'agit «de limiter l'impact écologique
et économique tout en maintenant la qualité de
ces installations». Pour cette année à Saint-Jean-de-Luz,
les motifs lumineux choisis sont équipés d'ampoules «basse
consommation» et les périodes d'éclairage
sont limitées.
Les petites villes ne sont pas épargnées par
cette réaction, Garazi pour sa part réduit
la durée d'illumination même si «l'économie
est beaucoup moins significative puisque nous avons assez
peu de motifs de Noël» confie humblement le maire
de Saint-Jean-Pied-de-Port, Alphonse Idiart.
Même logique
Côté sud, pour Noël 2008, Donostia et
Bilbo se sont également mis à l'heure de l'économie
d'énergie. Ainsi, la capitale de Gipuzkoa économise
cette année 140 000 euros en misant sur la stratégie
de décorer une «zone par quartier» comme
l'explique Enrique Ramos conseiller au développement économique à la
ville de Donostia. La ville a également fait le choix
d'utiliser plus «d'éléments sténographiques
et moins de lumières», comme les sapins ou les
rennes.
Même chose à Bilbo, la capitale bizkaitar réduit
de 25 % la période nocturne d'éclairage de
Noël.
Une réaction adéquate selon Stéphen
Kerckhove, délégué général
de l'ONG Agir pour l'environnement : «le but n'est
pas de stigmatiser ou d'arrêter les décorations.
Il faut se rendre compte que tout le monde est responsable.
Les villes bien sûr mais aussi les décorations
des maisons particulières, à grands coups de
néons et d'ampoules».
Une réaction tardive
Il reste beaucoup à faire pour les villes basques
afin qu'elles diminuent l'impact d'une pollution qui n'est
pas sans effets. Cette dernière a des conséquences
sur la végétation, les oiseaux migrateurs,
les insectes et même des effets probables pour notre
santé selon des chercheurs de l'Université de
Toronto (Canada). Pour la plupart des lampadaires actuels,
30 à 50 % de la lumière sont totalement perdus
car elle va vers le ciel !
La solution ? «Il ne s'agit pas de revenir au Moyen-Âge» explique
Georges Daubagna, élu à la ville d'Anglet ; «mais
il existe des moyens techniques qui réduisent l'émission
de lumière vers le ciel». Par exemple, il faudrait à terme
remplacer les lampes à bulles qui émettent
60 % de la lumière vers le ciel. Également,
il serait nécessaire de limiter l'éclairage
des bâtiments publics et favoriser un éclairage
du haut vers le bas de l'édifice.
Le problème c'est le coût de cette restructuration,
même si certains représentants publics comme
Georges Daubagna sont très sensibles à la question,
l'élu d'Anglet nous explique que «les communes
sont en pleines restrictions budgétaires». La
mise en place d'installations qui privilégient une
lumière canalisée vers le sol est difficile à mettre
en place. Une dépense qui serait «un investissement» à long
terme car elle permet des économies énergétiques
assure pourtant l'ADEME en évoquant les villes de
Rodez et d'Albi qui ont réduit de trois quarts leurs
dépenses liées à l'éclairage
public, tout en favorisant l'obscurité du ciel.
Mais, «la ville d'Anglet en temps de crise a hiérarchisé ses
priorités avec le social et l'eau comme objectif environnemental
prioritaire» confie l'élu à la ville
d'Anglet. Ce n'est pas demain hélas que nous pourrons à nouveau
voir la voie lactée depuis le BAB.
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