Les membres de ce collectif font la chasse, la nuit, aux
luminaires allumés en continu par certaines enseignes.
Mardi, à Brest (29). Le soleil s'est couché depuis
un bon moment déjà. Les membres brestois du
Clan du néon se sont donné rendez-vous devant
un bar-restaurant du centre-ville. Le quatuor a apporté un
bâton fait de tiges de tente(s) assemblées,
puis scotchées ensemble. Au bout, un simple crochet.
Une «arme» de 2,50m pour atteindre les boîtiers
de sécurité disposés sur les façades
de nombreuses enseignes. Et abaisser le levier, coupant ainsi
l'alimentation des luminaires extérieurs. Céline,
Nolwenn, Romain et Vincent, tous entre 22 et 23 ans, sont étudiants.
Ils se disent «sensibles à l'écologie».
Les deux derniers nommés ont lancé, au début
de l'année 2008, la version locale du Clan du néon,
après avoir visionné une vidéo sur internet.
Ils disposent désormais d'un blog et ont créé,
récemment, un groupe sur le réseau social Facebook.
«Pas des extrémistes»
Leur mission: préparer des tournées nocturnes
de plusieurs heures, parfois filmées, pour éteindre
les néons de certains commerces, histoire de lutter «contre
le gaspillage d'énergie et le gavage publicitaire».
En moyenne, une vingtaine d'interventions, parfois assurées à la
courte échelle. Juste pour le fun. «Nous ne
sommes pas des extrémistes», tempère
Romain, «activiste» la nuit, étudiant
dans le tourisme culturel le jour. Il se souvient de «quatre à cinq
sorties» depuis la naissance du Clan du néon à Brest.
Et de son premier luminaire éteint, celui d'un hôtel.
Sauf que le traité fondateur du collectif prévoit
de ne pas s'attaquer aux commerces ouverts, «signalant
leur présence», comme les bars ou les pharmacies
de garde. «Nous n'avions pas lu la charte!»,
sourit Vincent. Leurs cibles privilégiées?
Les agences immobilières et les banques. Et, s'ils
n'ont que peu de risques de se faire interpeller, ne commettant
aucune réelle dégradation, ils évitent
soigneusement de croiser les patrouilles de police. Au cas
où...
Les «Portes de Guipavas» dans le collimateur
Brigitte Élard, responsable du magasin Perle de bain,
a retrouvé, hier matin, un flyer collé sur
sa vitrine. Car les «chasseurs» ont «sévi» chez
elle, signant volontairement leur geste: «Ce sont de
doux rêveurs». La galerie où est implanté Perle
de bain se situe sous des arcades: sans lumière, «cela
fait coupe-gorge». Reste que pour le Clan du néon,
l'éclairage public suffit amplement. Cette vision,
ses membres tenteront de la partager au cours de la réunion
qu'ils envisagent d'organiser prochainement avec des commerçants,
des représentants d'associations écologistes
et la municipalité. D'ici là, d'autres sorties
sont programmées: les «Portes de Guipavas»,
plus connues sous le nom de zone du Froutven, sont dans leur
collimateur, avec leurs 37.000m² d'enseignes. Mais il
faudra commencer par faire des «repérages»,
dixit Vincent.
Contact: http://clanduneonbrest.over-blog.com
