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M. Gaymard les exorte à soutenir la position française.
Hervé Gaymard, ministre de l'agriculture, et François
Loos, ministre délégué au commerce extérieur,
ont voulu rassurer les syndicats agricoles, jeudi 28 août,
à quelques jours de l'ouverture de la conférence
de l'OMC à Cancun.
Lors d'une réunion à Bercy, M. Loos a d'emblée
conforté son auditoire, en déclarant que "l'économie
de marché ne s'applique pas à l'agriculture
de la même façon que dans d'autres secteurs".
"La partie sera difficile", a cependant prévenu
le ministre.
Pour M. Gaymard, "la France ne paiera pas deux fois"
sur les aides directes, après la récente réforme
de la politique agricole commune (PAC). "L'Union européenne
a fait mouvement. Nous attendons des concessions des autres
membres de l'OMC", a-t-il déclaré.
Selon le ministre de l'agriculture, qui a exhorté
les syndicats agricoles à "soutenir la position
française", la négociation d'un accord-cadre
à Cancun, sans chiffrage sur la baisse des soutiens,
"présente des risques". "Nous devrons
être sûrs des engagements réciproques.
Si accord il y a, il devra être équilibré
dans les efforts demandés aux Etats-Unis et à
l'Europe, sur tous les sujets", a-t-il affirmé.
M. Gaymard juge certains propositions de l'OMC "inacceptables",
comme la fixation d'une date pour la suppression des aides
à l'exportation ou le traitement indifférencié
des pays en développement. Certains, comme le Brésil,
sont de gros exportateurs. La France souhaite que les bénéficiaires
des avancées de Cancun soient les pays les plus pauvres
et les plus vulnérables. M. Gaymard a défendu
la "sauvegarde des préférences tarifaires
pour ces pays et leur extension à tous les pays développés".
Du côté des organisations syndicales, toutes
représentées, une unanimité peu commune
a émergé pour refuser la logique de la négociation
à l'OMC. Les syndicalistes ont exprimé leur
méfiance à l'égard de Pascal Lamy, commissaire
européen au commerce chargé de négocier
à Cancun.
Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer,
a fustigé l'"absurdité de la libéralisation
de tous les échanges, au nom d'un prix mondial qui
ne veut rien dire". "Cette approche détruit
des paysans dans tous les pays, même dans ceux qui la
défendent", a-t-il affirmé. M. Lemétayer
a invité les ministres à faire preuve de détermination,
à Cancun mais aussi à l'intérieur de
l'Union européenne, où des divisions pourraient
apparaître et la France se trouver isolée.
La Coordination rurale voudrait que la logique de "l'exception
culturelle s'applique de la même façon à
l'agriculture". Le leader de la Confédération
paysanne, José Bové, a réaffirmé
de son côté son "refus de l'ouverture obligatoire
des marchés" et réclamé "un
moratoire sur les accords de l'OMC".
Gaëlle Dupont

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