Paris, le 09 février 2010 : Dans un sondage exclusif
BVA réalisé pour le compte d'Agir pour l'Environnement
et publié à l'occasion du lancement d'une
nouvelle campagne intitulée « Nouvel aéroport
: il est temps d'atterrir ! », 71% des Français
se déclarent hostiles à la construction de
nouveaux aéroports en France. Fortes de ce soutien
massif de l'opinion publique, les associations réclament
l'abandon immédiat du projet d'aéroport dit
de Notre-Dame des Landes situé à proximité de
Nantes.
Le projet d'aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes
est porté par ceux qui jugent l'actuel aéroport
de Nantes trop petit pour accueillir les millions de passagers
supplémentaires prévus dans des scénarios
totalement surdimensionnés. Alors que le trafic
des avions à Nantes a fortement diminué depuis
2000 (-14%), les promoteurs de ce projet d'aéroport
table sur une augmentation théorique du nombre de
passagers, passant de 2,6 millions en 2009 à plus
de 9 millions en 2050 ! Pour l'Acipa, association locale
qui se mobilise contre ce projet, « ces évaluations
farfelues ne sont produites que pour justifier un projet
inutile et qui sera, à terme, coûteux pour
les collectivités locales. Prévoir 9 millions
de passagers à échéance 2050 est une
façon cynique de faire abstraction de la raréfaction
des matières pétrolières et surtout
faire preuve d'une complète irresponsabilité envers
les enjeux climatiques ! ».
Pire, l'implantation du projet d'aéroport de Notre-Dame
des Landes est prévue sur plus de 1650 hectares
de terres agricoles et zones humides. Pour Agir pour l'Environnement, « l'Etat
français ainsi que les régions Pays de la
Loire et Bretagne doivent enfin accepter que les grands
discours en faveur de la lutte conte le dérèglement
climatique et la préservation de la biodiversité se
traduisent enfin dans les faits. "L'écologie
hors-sol" qui consiste à parler fort et agir
peu ne peut tenir lieu de stratégie et doit être
sanctionnée ! »
Par ailleurs, les associations demandent
que le projet d'aéroport soit évalué rigoureusement
par des critères environnementaux comme l'oblige
la loi Grenelle 1 (article 17) dans le cadre de l'élaboration
du futur Schéma national des Infrastructures de
Transport (SNIT). Ce dernier doit en effet constituer une
révision du CIADT[1] de décembre 2003 dans
lequel figure le projet d'aéroport. Selon les termes
de la loi, ce SNIT devait être publié avant
la fin de l'année 2009... A ce jour, l'Etat est
ainsi hors-la-loi puisque ce schéma n'a toujours
pas été publié !
Selon les dernières données scientifiques,
le secteur aérien représenterait près
de 5% des émissions mondiales de gaz à effet
de serre[2] en hausse de 90% depuis 1990. Le secteur aérien
bénéficie d'un traitement de faveur (carburant
non taxé, pas de TVA sur les billets, rejets de
gaz à effet de serre internationaux non couverts
par Kyoto, etc.) qui lui permet de concurrencer le rail,
même sur des destinations intranationales. Pour les
associations, il devient urgent de mettre en place une écotaxe
sur le kérosène, pour les vols domestiques
et prioritairement là où il existe une alternative
ferroviaire.
[1] Comité Interministériel de l'aménagement
et du développement du territoire
[2] Voir : http://tinyurl.com/opk8nc
