Journée type d'un observateur
Entre 6h00 et 7h00, l'observateur ONG se réveille déjà
endormis. Le petit déjeuner est une étape fondamentale
de la journée c'est le seul moment ou ils voient le
jour et ou ils prennent quelques minutes de nonchalance engourdis
par la douce lenteur du matin. L'air frais qui sépare
leur lit de leur centre des conférences, donne un petit
coup de fouet a l'adrénaline qui monte brusquement
.
Suivant qu'ils appartiennent a une organisation internationale
ou non, il y a les réunions de coordination intra-organisationnelles,
inter organisationnelles, nationales, régionales...
Elles s'articulent les unes aux autres comme une horlogerie
des négociations, elles rythment la circulation des
informations glanées la veille et permettent l'élaboration
des stratégies communes et des axes prioritaires de
lobbying du jour. Voir de se satisfaire des résultats
de l'influence des ONG sur les négociateur ou des articles
parus dans la presse les bons et les mauvais.
Le centre des conférences de La Haye est une sorte
de fourmilière déjà marquée par
ses quelques décennies d'existence. On n'y voit pas
le jour. Les plafonds y sont bas et les carreaux de moquette
synthétiques posés sur le sol dégagent
des effluves toxiques que l'air conditionné ne parvient
pas à masquer. Tout est prévu dans le centre
des conférences pour ne pas avoir de prétexte
pour en sortir. Il y a des restaurants, des bars, des salles
informatiques, des salles de méditations...
Commence ensuite la chasse à l'information. C'est
la denrée la plus recherchée. Elle est extrêmement
fragile et périmée très vite. Il faut
être capable de la trouver vite, de la digérer,
puis de réagir et d'en rendre compte.
Arrive l'heure ou l'estomac, peu soucieux des enjeux climatiques,
réclame sa pitance. Pour bon nombre d'observateurs,
commence alors l'autre souci majeur de la journée.
Trouver le "side events" (évènement
organisé en marge de la conférence).
Le repas de midi passe donc souvent par perte et profit car
s'annonce la réunion du CAN (climat action network).
Sont présents toutes les principaux observateurs de
toute la planète.
A cette grand messe sont données des informations,
décidés les axes de stratégie et élus
les fossiles du jour. Le fossile du jour est le pays qui s'est
le plus mal comporté dans les négociation.
Ensuite est décidé du contenu des deux journaux
des ONG Eco, un en anglais, l'autre en franchis.
Le reste de l'après midi se divise en plusieurs activités,
rédaction des articles d'ECO, chasse dans les couloirs,
discussions informelles, échanges de vues avec les
journalistes, traductions, lectures de documents stratégiques,
participation à des plénières ou groupes
de travail lorsqu'ils sont ouverts aux observateurs, participation
ou animation d'un side event. L'après midi se termine
par la rencontre avec la délégation européenne
présidée par Dominique Voynet. Vient le soir,
la fatigue, le découragement les articles en retards
pour Eco, le constat qu'il fait nuit sans qu'ils ne se soient
jamais rendu compte qu'il faisait jour.
Tout cela fini souvent à 2 ou 3 heures du matin. Et
cela recommence le lendemain.
Ce n'est pas une sinécure, mais tout le monde reste
très motivé.
Voila dit en quelques mots la journée d'un observateur.
Je vous tiendrais au courant jour par jour de ce qui se passe
dans les grandes lignes des négociations.
A demain si vous le voulez bien.
Demain : article sur les puits, fossile du jour?
Karim LAPP depuis La Haye.
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