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Dépenser moins d'énergie. Et augmenter la part
des énergies renouvelables. Tels sont les deux objectifs
du programme national d'amélioration de l'efficacité
énergétique que Dominique Voynet, la ministre
de l'Environnement, a présenté hier. Après
des années d'immobilisme, la France s'est enfin résolue
à lancer un double plan de maîtrise de l'énergie,
mais surtout, de développement des énergies
renouvelables, à l'instar de ce qu'ont fait d'autres
pays européens comme l'Allemagne. La réalisation
de ces objectifs devrait lui permettre de limiter ses émissions
de gaz à effet de serre au niveau de 1990.
Report. Lionel Jospin avait promis ce plan le 11 septembre,
Dominique Voynet l'a dévoilé hier en présence
de Jean-Claude Gayssot, le ministre des Transports et de Christian
Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie. Entre-temps,
les associations écologistes Greenpeace, les Amis de
la terre, le Réseau action climat et Agir pour l'environnement
avaient dénoncé «le report de la présentation
du plan d'économies d'énergies». La semaine
dernière, l'entourage de Dominique Voynet reconnaissait
en effet que les négociations avec Bercy sur le financement
d'un certain nombre de mesures n'avançaient pas.
Hier, pourtant, branle-bas de combat. Dans la matinée,
le ministère de l'Environnement annonce qu'il va lever
le voile sur son programme. Les derniers arbitrages ont abouti
le matin même, et l'examen du collectif budgétaire
commence l'après-midi à l'Assemblée nationale.
Or, certaines mesures, comme le crédit d'impôts
de 10 000 francs pour l'achat d'un véhicule propre
(roulant au GPL, au GNV, gaz naturel pour véhicules,
ou hybride électricité-essence), doivent être
approuvées par les députés pour pouvoir
entrer en vigueur début 2001.
Court-circuitage. Par ailleurs, Dominique Voynet ayant été
prise de vitesse par le secrétaire d'Etat au Logement,
Louis Besson, qui a annoncé unilatéralement,
le jeudi 30 novembre, une nouvelle réglementation thermique
pour les bâtiments neufs, a tenu cette fois à
«assurer son propre service après-vente»
sans risquer à nouveau le court-circuitage.
Malgré ses ambitions, ce programme souffre pourtant
de quelques lacunes. Il fait l'impasse sur les transports,
qui réalisent pourtant la plus forte croissance des
émissions de gaz à effet de serre. La seule
mesure prévue en la matière est le crédit
d'impôt pour l'achat de véhicules propres. Mais
il s'agit largement d'un vu pieux puisque les voitures
particulières roulant au GNV ne sont pas homologuées.
Et que les hybrides n'existent que sous forme d'un seul modèle
Toyota, la Prius, qui est sortie il y a à peine un
mois.
Le plan ne dit rien, en revanche, du bridage des moteurs
à 130 km/h, ou de l'augmentation de la fiscalité
des carburants. De la même manière, sur le logement
ancien, pour lequel Louis Besson n'avait pas précisé
d'enveloppe, les ministres ont expliqué hier que les
mesures d'aide au financement des travaux d'isolation sont
encore à l'étude. Anticipant les critiques,
Dominique Voynet a précisé que ce programme
ne représentait qu'une première étape.
«C'est un chantier pour une génération.
La tâche est considérable. Tout est à
refaire après des décennies d'immobilisme»,
a-t-elle déclaré.
Pour 2001, le programme va bénéficier de 1,5
milliard de francs de fonds publics. Une somme modeste. Mais,
«par effet de levier», ce sont 15 milliards de
francs par an d'investissements publics et privés qui
devraient aller aux énergies renouvelables et à
la maîtrise de l'énergie à l'horizon 2010,
a affirmé Dominique Voynet.
Ponction. Par ailleurs, l'usager sera directement ponctionné.
Pour contribuer au développement des énergies
renouvelables, les factures d'électricité augmenteront
progressivement, pour atteindre un surcoût de 1,1 centime
du kilowattheure en 2010. Côté maîtrise
de l'énergie, le programme prévoit le lancement
d'une campagne antigaspi. Et la mise en place dans toute la
France d'un réseau d'information de proximité,
des «Points Info Energie», à destination
des particuliers, petites entreprises et collectivités
locales.
Côté développement des énergies
renouvelables, deux mesures principales sont prévues.
Les entreprises qui fabriquent des équipements permettant
l'utilisation des énergies renouvelables, par exemple,
du matériel de chauffage solaire, se verront offrir
des prêts spéciaux. Et EDF rachètera l'énergie
produite par l'éolien et les petites centrales hydroélectriques
à un prix garanti de 36 à 55 centimes le kilowattheure.
Les prix de rachat des autres énergies renouvelables,
comme le photovoltaïque ou la biomasse, sont encore en
discussion.
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