L'ecotaxe sur les consommations d'energie des entreprises, que
le ministre de l'Economie Laurent Fabius preconise d'abandonner,
est "indispensable a la lutte contre l'effet de serre",
estime mercredi le Reseau Action Climat, qui regroupe la plupart
des associations ecologistes francaises.
"Cette taxation represente 40% des reductions d'emissions
attendues du Programme national de lutte contre le changement
climatique" et son abandon compromettrait le respect
par la France de ses engagements au titre du protocole de
Kyoto, assure le RAC, qui regroupe notamment Agir pour l'Environnement,
Amis de la Terre, France Nature Environnement, Greenpeace
France et le WWF-France.
En outre, l'abandon de l'ecotaxe sur l'energie affaiblirait
la credibilite de la France dans sa defense du protocole de
Kyoto face au rejet recent du protocole par les Etats-Unis,
estime le RAC. Le protocole de Kyoto impose aux pays industrialises
une reduction de 5,2% de leurs emissions des gaz a effet de
serre a l'horizon 2010 par rapport a leur niveau de 1990.
La France a adopte en janvier 2000 un progamme pour respecter
ses engagements, ou l'ecotaxe tient une part determinante
(6,7 millions de tonnes equivalent carbone sur un total de
16 millions à economiser).
L'ecotaxe existe deja pour l'eau, les pesticides et les lessives.
Le projet du gouvernement visait a l'etendre aux consommations
d'energie des entreprises, mais il a ete censure par le Conseil
constitutionnel, et doit faire l'objet d'une nouvelle proposition
du gouvernement. M. Fabius propose de remplacer l'ecotaxe
sur l'energie par un systeme d'"engagements" de
la part des entreprises a reduire leurs emissions de gaz a
effet de serre. Un tel systeme vient d'etre mis en oeuvre
en Allemagne.
Le Reseau Action Climat estime que ce systeme d'engagements
a deja fait le preuve de son inefficacite en France depuis
1995. M. Fabius propose toutefois un systeme plus contraignant,
avec "des sanctions fortes" en cas de non respect
des engagements par les entreprises, et un systeme d'audit
et de controle rigoureux.
Le ministre de l'Economie propose egalement de completer
ce dispositif avec un marche de permis d'emissions, qui permettrait
aux entreprises qui ont du mal a remplir leurs engagements
a acheter des "droits a polluer" aux entreprises
vertueuses. Ce marche, qui existe aux Etats-Unis pour le dioxyde
de soufre, s'est revele tres efficace. Il est toutefois conteste
par les Verts et la ministre de l'Environnement Dominique
Voynet.
La proposition de M. Fabius, rendue publique lundi par la
Tribune, a entraine une levee de boucliers chez les Verts,
qui esperent que le Premier ministre Lionel Jospin tranchera
en faveur de Mme Voynet.
|