Les pouvoirs publics français se seraient engagés, à l’issue
de la première table ronde du Grenelle de l’environnement à revoir
en profondeur la politique française des transports,
profondeur qui entraine Agir pour l’Environnement vers
un abîme de circonspection…
L’annonce d’une suspension du programme autoroutier
ressemble fort à un contrat d’assurance avec
ses multiples annexes difficilement accessibles pour le commun
des mortels. C’est ainsi que cette annonce se voit
corrélée à une série d’exceptions
qui amoindrit fortement l’effet d’annonce initial.
L’Etat se serait donc engagé à ne plus
augmenter significativement les investissements dédiés
au développement de nouvelles capacités routières
et aéroportuaires, sauf en cas de contournement d’une
agglomération, sauf en cas de nécessité liée à un
problème de sécurité et sauf… en
cas d’intérêt local, critère pour
le moins subjectif ! Cette liste à la Prévert
n’est-elle pas de nature à créer quelques
interrogations quant aux ambitions réelles du Gouvernement
?
En dehors de cette annonce, le projet d’un bonus/malus
a été accepté mais il s’agit aujourd’hui
d’en définir précisément les modalités
d’application. Il existe d’ores et déjà un
bonus malus mais la faiblesse du niveau de la taxe à l’achat
la rend inopérante. Le niveau du bonus/malus annoncé sera-t-il
suffisamment élevé pour dissuader le potentiel
acquéreur ? Enfin, à quel niveau d’émission
de CO2 ce malus prendra-t-il effet ? A ce jour, le malus
existant prend effet à partir de 200 grammes de CO2
par kilomètre parcouru, excluant de fait une très
grande majorité des véhicules en circulation.
Sans changer ce seuil, ce bonus/malus demeurerait un outil,
certes intéressant… mais inappliqué !
Agir pour l’Environnement ne peut que constater que
le compte n’y est pas et ce malgré la satisfaction
quasi générale entourant les premiers résultats
de cette première table ronde ! Le Gouvernement ne
semble pas prêt à accepter une taxe sur le kérozène, à rejeter
l’idée d’une baisse des vitesses autorisées
sur routes et autoroutes, louvoie sur la taxe carbone, oublie
soigneusement de remettre en cause les constructions de l’EPR
et autres centrales au gaz, fioul et charbon prévues
aux quatre coins du territoire !
La survalorisation de mesures qui étaient déjà actées
ne peut cacher le statu quo ou le rejet pur et simple de
dispositions essentielles ! Parce que le diable est dans
le détail, Agir pour l’Environnement attend
désormais du Président de la République
qu’il précise dans son allocution concluant
le Grenelle, ce que le Ministre de l’Ecologie a omis
de dire. Agir pour l’Environnement appelle le Président
de la République à ne pas se satisfaire d’une "rupturette" reposant
sur quelques mesures emblématiques mais totalement
insuffisantes pour inverser la tendance générale.
