STRASBOURG, 29 avril - La loi "Verdeille" qui oblige
les petits propriétaires à mettre leurs terres
à la disposition des associations de chasse communales
a été jugée contraire à la Convention
européenne des droits de l'homme, jeudi à Strasbourg.
La Cour européenne des droits de l'homme a condamné
la France à verser 30.000 francs à chacun des
10 propriétaires qui protestaient contre ce qu'ils
considèrent comme une violation du droit de propriété,
garanti par la Convention européenne des droits de
l'homme.
Les requérants, pour la plupart agriculteurs et opposés
à la chasse, s'estimaient en outre victimes de discrimination
dans la mesure où seuls les propriétaires de
petites superficies sont soumis aux contraintes de la loi
Verdeille. Ils considéraient également ce texte
contraire au droit à la liberté d'association.
La Cour leur a donné raison sur tous ces points.
En vertu de la loi du 10 juillet 1964, dite "loi Verdeille"
les petits propriétaires ruraux sont tenus d'adhérer
à l'Association communale de chasse agréée
(ACCA) de leur commune et de mettre leurs terres à
la
disposition des chasseurs locaux.
Seuls échappent à cette contrainte les propriétaires
disposant d'une terre d'un seul tenant dont la superficie
est supérieure à un seuil fixé dans chaque
département.
Ce seuil est de 20 hectares en Dordogne ou en Gironde et
de 60 hectares dans la Creuse, les trois départements
dont étaient originaires les requérants.
|