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Environnement. Les emballages non biodégradables
interdits en France à partir de 2010.
Les députés se sont-ils emballés en
votant l'interdiction de sacs et d'emballages plastique non
biodégradables en France à partir du 1er janvier
2010 ? Peut-être ont-ils dégainé un peu
vite, même si l'amendement voté mardi dans le
cadre de la loi d'orientation agricole va dans le bon sens. «Nous
avons été très étonnés
de ce vote, mais nous estimons que c'est une bonne décision»,
commente Florence Couraud, directrice du centre national
d'information indépendant sur les déchets (Cniid)
qui milite pour le zéro déchet.
Bémols. D'une manière générale,
les récents bilans écologiques des sacs en
plastique (quantité de matière première
et d'énergie nécessaire à la production
et au transport, à la collecte et/ou à l'élimination...)
sont plutôt favorables aux produits fabriqués
avec des biomatériaux. Par exemple, l'utilisation
des bioplastiques d'origine végétale, en substitution
aux polymères d'origine pétrolière,
permet, selon les études, d'éviter l'émission
de 30 à 75 % de CO2.
Toutefois, la solution votée à l'Assemblée
(l'interdiction pure et simple de sacs et emballages non
biodégradables) mérite plusieurs bémols.
D'abord, disposer de sacs bio à la sortie des magasins
n'autorise pas pour autant le consommateur à les jeter
dans la nature sous prétexte qu'ils vont se biodégrader.
Ce type de sac n'incite pas, a priori, au changement de comportement,
ce que déplorent tous les experts. Pour l'Agence de
l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
(Ademe), la solution la moins pire est celle du cabas réutilisable. «L'objectif
reste la diminution du nombre de sacs jetables, quel que
soit leur matériau constitutif, et la pérennisation
du changement de comportement de chacun», selon l'Agence.
Espoir. Par ailleurs, l'amendement met tout dans le même
sac : les sacs de caisse d'une part, et les emballages en
plastique d'autre part (bouteilles, films, sacs de congélation...).
Or, ceux-ci sont souvent utilisés dans l'industrie
agroalimentaire, et la conservation d'aliments dans du biodégradable
reste à l'étude.
«Le biodégradable est valable pour certains
usages du plastique, pas tous. Etes-vous prêts à conserver
des produits alimentaires dans du biodégradable ?» interroge
Michel Loubry, délégué général
de Plastics Europe, un syndicat européen qui regroupe
25 sociétés en France, 3 500 salariés,
pour un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros par an.
Il espère que les parlementaires préciseront
rapidement quels sacs et emballages seront concernés
par l'amendement.
De leur côté, les écologistes du WWF
se méfient. L'interdiction du sac plastique en polyéthylène
ne peut pas se faire sans envisager globalement la question
du traitement des déchets : en France, la filière
compost est un parent pauvre de la filière déchets
puisqu'on traite 80 % de nos poubelles par incinération.
Or, si le biodégradable perce, il faudra bien faire
quelque chose de la biomasse générée.
Ce qui, pour l'instant, n'est ni prévu ni encadré par
une réglementation.
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