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Paris, le 28 novembre 04 : A
l’heure où le Gouvernement décide d’autoriser
la construction d’un prototype EPR à Flamanville
et ouvre simultanément le capital d’EDF et de
la Cogema pour apporter les fonds propres nécessaires à de
tels investissements, Agir pour l’Environnement constate
avec inquiétude que les coûts dispendieux du
nucléaire forcent l’Etat à multiplier
les tours de passe-passe comptables.
Le Réseau de Transport de l’Electricité (RTE),
en devenant une filiale d’EDF, entraîne un conflit
d’intérêt majeur en favorisant l’électricité d’origine
nucléaire d’EDF au détriment des autres
sources d’énergies renouvelables comme l’éolien.
Ainsi, RTE sera, selon toute vraisemblance, mis à contribution
pour combler les investissements faramineux d’EDF,
mutualisant le coût abyssale de l’EPR grâce à une
contribution forcée des autres énergies au
financement du nucléaire. Paradoxalement, ce seront
donc les énergies renouvelables qui pourraient, à l’avenir,
payer le coût faramineux de l’EPR.
Pire, le flou entourant le démantèlement du
nucléaire civil et miltaire inquiète, à raison,
les investisseurs potentiellement intéressés
par une privatisation de l’opérateur énergétique.
Pour les rassurer, l’Etat invite EDF et la Cogema à payer
en une seule fois un démantèlement a minima,
transférant simultanément la responsabilité financière
de ce démantèlement au CEA, organisme qui restera
sous la tutelle de l’Etat. Les associations protestent
contre la privatisation larvée des bénéfices
et cette nationalisation bien réelle des pertes. Le
coût supplémentaire, non provisionné,
pourrait s’élever pour les deux premiers sites
de Marcoul et Pierrelatte à plus de 4,5 milliards
d’euros… coût reporté sur les seuls
contribuables ! Ce tour de passe-passe est inacceptable.
Cette aide financière déguisée, versée à l’opérateur
EDF, dans un secteur concurrentiel, devrait, selon toute
vraisemblance, attirer l’attention de la Commission
européenne. Cette manipulation comptable a au moins
le mérite de vérifier les inquiétudes
des associations quant aux coûts prohibitifs du programme électronucléaire
français. Avec plus de 50 réacteurs en fonctionnement
qui devraient être démantelés dans les
vingt prochaines années, la France et ses contribuables
vont au devant d’un gigantesque crash financier.
Face à ce risque supplémentaire engendré par
le tout nucléaire, Agir pour l’Environnement
réclame l’arrêt imédiat du projet
EPR en Basse-Normandie et le transfert de l’argent
provisionné vers les énergies nouvelles renouvelables.
L’association réclame également qu’EDF
et la Cogema cessent de minorer le coût du démantèlement
pour présenter un prix du KWh électronucléaire
concurrentiel mais fictivement bas. Progressivement, les
clients d’EDF vont s’apercevoir qu’il paie
deux fois leur KWh, une fois en tant qu’usager, une
fois en tant que contribuables !
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