AFP - 26 février 2004

EPR: les anti-nucléaires relancent leur campagne


Greenpeace-France, Sortir du nucléaire et Agir pour l'environnement ont dénoncé jeudi des déclarations favorables à l'EPR de la ministre déléguée à l'Industrie, Nicole Fontaine, et lancé une nouvelle campagne contre ce réacteur nucléaire de 3e génération. "Mme Fontaine affirme que le choix de l'EPR s'impose à la lecture de nombreux rapports mais cite en fait toujours le même rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques", a expliqué devant la presse Stephen Kerckhove (Agir pour l'environnement). Frédéric Marillier (Greenpeace) a dénoncé "le discours différent en France et en Finlande", pays qui a commandé un EPR au consortium franco-allemand Areva-Siemens. A Paris, on parle d'une période d'expérimentation de l'EPR "de dix ans" et, en Finlande, "on parle d'un réacteur clés en mains en 2009". De son côté, Stéphane Lhomme (Sortir du Nucléaire) a affirmé, citant le bulletin d'information énergétique Platts, que "l'Autorité de sûreté nucléaire finlandaise s'interrogeait sur une anomalie, en cas d'accident, dans le circuit de circulation de l'eau de refroidissement qui toucherait tous les réacteurs en fonctionnement" en France aujourd'hui. "Or l'EPR a les mêmes défauts que les réacteurs actuels et en plus il a le désavantage de ne pas avoir été expérimenté". Intervenant devant l'association écologiste Comité 21, Mme Fontaine avait rappelé jeudi matin "la nécessité de conserver l'option nucléaire ouverte" à l'horizon 2015 et de "prévoir la construction prochaine" de l'EPR. Le projet de loi sur les énergies, inscrivant cet objectif et annoncé pour "début 2004", fait encore l'objet d'"arbitrages", avait-elle précisé. Il devrait finalement être présenté en conseil des ministres "au cours du semestre". Les associations anti-nucléaires ont annoncé une nouvelle campagne anti-EPR, soutenue, selon elles, par "une quinzaine d'organisations". Elles distribueront "en 50.000 exemplaires" une brochure soulignant "les dangers et le coût" de l'EPR "qui ne constitue pas la solution à l'effet de serre". M. Lhomme a annoncé l'organisation séparée par son association de 25 manifestations devant les "sites nucléaires" entre le 24 avril et le 23 mai.

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