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Moins d'un Français sur trois pense que l'énergie
nucléaire peut répondre aux enjeux énergétiques.
Ils plébiscitent plutôt les énergies
alternatives (84 %) et les économies d'énergie
(77 %). C'est ce qu'indique un sondage réalisé par
l'institut BVA pour Agir pour l'environnement publié hier.
Par ailleurs, 54 % des 1 006 sondés estiment qu'il
n'est pas normal d'investir 3 milliards d'euros dans la construction
d'une nouvelle centrale. Et 80 % sont même favorables à l'organisation
d'un référendum sur la sortie du nucléaire.
Le sondage a été habilement commandé quelques
jours avant la fin, lundi soir, de l'enquête publique
concernant le futur réacteur EPR sur le site de Flamanville
(Manche). Peu de monde savait qu'elle avait lieu. Et pour
cause, programmé pendant la Coupe du monde et le début
de l'été, ce dispositif de recueil des avis
de la population est passé à peu près
inaperçu. Cela concerne pourtant l'un des chantiers
les plus importants à venir : la construction de la
tête de série de l'éventuel renouvellement
du parc atomique français.
Le dossier très technique a été déposé dans
les mairies de dix-neuf communes, dont Flamanville et Les
Pieux, toutes situées dans un rayon inférieur à 10
km du site de construction. Très peu de personnes
semblent s'être déplacées pour consulter
le document composé d'une étude d'impact sur
l'environnement et d'une étude de danger. «Pour
un projet qui concerne tout le pays, il aurait fallu le publier
sur le Net», regrette Benoît Busson, avocat du
réseau Sortir du nucléaire. Au terme d'un mois
et demi de mise à disposition du public, une quarantaine
de personnes ont laissé leur avis dans le registre
déposé à Flamanville, tandis que la
mairie des Pieux a reçu 127 courriers (qui correspondent
tout de même à 5 500 signatures). Les conclusions
de cette enquête seront connues dans un mois.
La fédération France nature environnement,
qui réunit des associations de protection de la nature,
et le réseau Sortir du nucléaire demandent à la
commission d'enquête d' «émettre un avis
défavorable à ce projet inutile et coûteux» sans
trop y croire. Car la décision de créer ce
réacteur a été prise par EDF et le gouvernement
avant toute consultation du public, notamment avant le débat
organisé en 2005 dans toute la France sur le sujet.
Week-end atomique
Double mobilisation ce week-end contre le futur réacteur
EPR et les déchets radioactifs. Une manifestation
est prévue devant la préfecture de Saint-Lô (Manche)
demain par le collectif local anti-EPR. Tandis qu'à l'Est,
la deuxième édition du festival contre les
déchets nucléaires, Décibels contre
la poubelle, se tient à Bure (Meuse) à partir
d'aujourd'hui et jusqu'à dimanche. L'événement,
organisé par le collectif Bure Stop (1), est placé cette
année sous le signe de l'opposition au texte adopté en
juin par le Parlement autorisant le stockage des déchets
hautement radioactifs. Lors de débats entrecoupés
de concerts, opposants à l'enfouissement des déchets,
experts indépendants et membres de la population locale
dénonceront ce qu'ils appellent une «bombe à retardement».
(1) http://burestop.free.fr
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