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Paris, le 15 janvier 2008 : Le Réseau de transport
de l’électricité publie ce jour le bilan électrique
français 2007. La demande française d’électricité est
restée quasiment stable en 2007 avec une progression
d’à peine 0,4% faisant suite à une baisse
s’établissant à 1% en 2006. Cette érosion
de la consommation s’explique pour partie par les redoux
des températures constatés.
Agir pour l’Environnement prend connaissance avec étonnement
des écrits publiés dans le rapport d’RTE
qui n’hésite pas à prévoir une « croissance
de +1,3% par an en moyenne d’ici 2010, puis à +1,0%
par an d’ici 2020. » Ces évaluations irréalistes
semblent avoir pour unique objectif de justifier la construction
d’une nouvelle centrale nucléaire.
Le deuxième effet du dérèglement climatique
est l’accentuation des périodes de fortes chaleurs
et de grands froids. Faute d’anticipation, la capacité de
production française, exclusivement tournée
vers une production de base, a du mal à répondre à une
demande de pointe de plus en plus marquée et oblige
la France à importer de l’électricité des
pays qui ont décidé de tourner le dos au tout-nucléaire
!
L’option « nucléaire » privilégiée
depuis plusieurs décennies par la France s’est
accompagnée d’un développement massif
du chauffage électrique et par une utilisation tout
aussi massive de la climatisation. La part de marché du
chauffage électrique dans les logements neufs a ainsi
atteint plus de 70% des permis de construire accordés
en 2006, dont 59.8% de chauffage électrique direct.
Le nucléaire n’est pas à même de
répondre à cette demande spécifique,
obligeant les producteurs d’électricité à faire
appel aux centrales fioul, charbon et gaz ainsi qu’aux énergies
renouvelables et à recourir à des importations
d’électricité produites en pointe et
donc couteuses.
Dans une note
interne ADEME-RTE qu’Agir pour l'Environnement
diffuse ce jour sur son site, ces deux institutions reconnaissent
que le kWh électrique français, loin d’être
sans effet sur les rejets de CO2, est au contraire fortement émetteur
de gaz à effet de serre. Globalement, chaque kWh électrique
français destiné au chauffage émet en
moyenne 500 à 600 grammes de CO2 par kWh selon l’ADEME-RTE
alors que la méthode privilégiée par
EDF minore le bilan carbone du kWh dédié au
chauffage à 180g... La réalité nucléaire
est donc une réalité toute relative !
Le bilan électrique français 2007 doit amener
le gouvernement français à suspendre la construction
du réacteur électronucléaire EPR de
Flamanville, manifestement inadapté du point de vue énergétique.
L’Etat français doit mener une campagne de maîtrise,
d’efficacité énergétique et de
lissage des pointes de consommation. Ensuite, les capacités
de production de pointe reposant notamment sur l’éolien
et les centrales gaz cycle-combiné doivent enfin être
privilégiées.
Contact presse :
Stéphen Kerckhove – Agir pour l’Environnement – Tél.
0140310299 / 0606885266
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