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Le gouvernement vient à peine de confirmer le nombre
de morts de la canicule qu'un nouveau débat surgit
sur l'impact de la pollution de l'air dans ce chiffre. Les
fortes chaleurs des mois de juillet et d'août ont en
effet provoqué une hausse de la pollution, notamment
à l'ozone, sur une large part du pays.
Jean-Félix Bernard, président du Conseil national
de l'air, un organisme dépendant du ministère
de l'écologie, estime que "plusieurs centaines
à plusieurs milliers de morts" ont été
précipitées par la mauvaise qualité de
l'air en France dans la première quinzaine d'août.
Le responsable, par ailleurs élu régional (Verts),
a fondé son estimation sur un mode de calcul développé
par l'Institut de veille sanitaire (INVS).
Rendue publique en juin 2002, une étude, baptisée
"Programme de surveillance air et santé",
avait établi, dans neuf villes françaises totalisant
11 millions d'habitants, un lien statistique assez précis
entre la hausse des quantités de polluant dans l'atmosphère
et la surmortalité constatée. Pour chaque tranche
de 10 microgrammes de polluant par m3 d'air, l'INVS avait
calculé l'excès de mortalité. D'autres
études nationales et internationales ont confirmé
ce lien statistique.
PICS JAMAIS ATTEINTS EN SEINE-MARITIME
"Dans le cas d'une exposition prolongée supérieure
à six jours, l'excès de risque varie entre 1,2
et 4,6 fois plus,explique M. Bernard. Or cette année,
nous avons battu tous les records de durée de la pollution."Se
basant sur des sources locales, le président du Conseil
national de l'air affirme qu'en Alsace, la pollution pourrait
être la cause d'une surmortalité atteignant 5
% du total des décès, durant les quinze premiers
jours d'août. L'INVS s'apprête à conduire
une étude plus affinée sur le sujet. Les résultats
ne seront pas connus avant plusieurs semaines.
Les associations de mesure de la qualité de l'air
s'accordent à classer l'été 2003 comme
particulièrement médiocre. L'ensoleillement
et l'absence de vent ont provoqué des concentrations
exceptionnelles d'ozone, mais également de dioxyde
d'azote, de particules et de soufre. Dans la région
Provence-Alpes-Côte-d'Azur, le seuil d'information pour
l'ozone (180 microgrammes par m3) a ainsi été
dépassé à 55 reprises depuis le début
de l'été, un record. La Seine-Maritime a enregistré
un niveau encore jamais atteint de pics de pollution, a indiqué
jeudi 28 août Air Normand, le réseau de surveillance
local.
M. Bernard regrette que "la pollution de l'air soit
le grand absent de la communication institutionnelle"
ces derniers jours. En septembre, la transcription d'une nouvelle
directive européenne devrait abaisser le seuil d'alerte
des pics d'ozone.
Benoît Hopquin

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