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Les échos - Michel Degrangy : La conférence
de citoyens va-t-elle permettre réelllement aux consommateurs
d'avoir une idée plus précise sur les Organismes
génétiquement modifiés (OGM) ?
Stéphen Kerckhove : Cette conférence
comme son nom l'indique concerne les citoyens qui sont aussi
des consommateurs concernés au premier chef, notamment
au travers du problème de l'étiquetage. Sur
ce point, la réglementation européenne adoptée
récemment par les Quinze prévoit de mentionner
sur les étiquettes des produits "Contient"
ou "Ne contient pas" des OGM. Selon cette disposition,
il serait donc mensonger de spécifier qu'un produit
"ne contient pas" d'OGM, alors qu'on peut y déceler
des traces mêmes infimes. Or, nous sommes en train de
nous acheminer vers cette situation puisqu'il est question
qu'un produit avec moins de 2% d'OGM puisse être étiqueté
"ne contient pas" ! pour éviter ces euils,
il faudrait faciliter l'émergence d'une filière
garantissant des installations totalement exemptes d'OGM.
Ce qui revient à construire des sillos et des infrastructures
totalement séparés les unes des autres. Du fait
des coûts prohibitifs qu'une telle décision engendrerait,
nous demandons un moratoire. Mais aussi pour avoir le temps
de vérifier si les OGM entrainent des risques pour
la santé et l'environnement. La Conférence de
citoyens doit être un moyen de lancer le débat
public et non pas un fin.
Les échos : Un des atouts des semences transgéniques
est de limiter le recours aux pesticides et insecticides.
N'est pas positif aux yeux de votre association qui défend
l'environnement ?
Stéphen Kerckhove : A notre sens, c'est une très
grosse erreur d'avoir autorisé la mise en culture du
maïs transgénique avant d'en avoir débattu
publiquement car il y a une grande incohérence dans
ce dossier. D'un coté, le gouvernement a autorisé
la mise en culture de certaines variétés transgéniques
afin d'augmenter la production. De l'autre coté, en
septembre, il présentera un projet de loi agricole
qui défend une politique basée sur le repect
de l'environnement. Nous adhérons évidemment
à cette deuxième idée. Seulement en France,
cette sitouation va se révéler vite incohérente
: le gène Bt, contenu dans le maïs Novartis, résiste
à la pyrale, or l'INRA a montré que cet insecte
va devenir à son tour de plus en plus résistant
à ce gène, contraignant les producteurs à
utiliser des insecticides de plus en plus puissants. C'est
un cylce sans fin. Les problèmes environnementaux sont
donc réels et les risques pour le consommateur aussi.
* Agir pour l'Environnement a été à
l'origine du collectif "Alerte aux OGM" auquel participent
Greenpeace, France Nature Environnement, la Confédération
paysanne, le CNAFAL, Ecoropa.
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