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l'heure où le pouvoir de l'ONU est remis en question
par l'omnipotence des Etats-Unis, des voix de plus en plus
nombreuses s'élèvent en Europe, et notamment
en France, pour réclamer la création d'une agence
des Nations unies dédiée aux questions d'environnement,
une "organisation mondiale de l'environnement" (OME)
qui permettrait de faire contrepoids à la toute-puissante
Organisation mondiale du commerce (OMC). Est-ce une si bonne
idée ? "Oui", maintiennent ses partisans.
L'ONU ayant oublié de se doter d'une institution spécialisée
pour la protection de l'environnement, ces questions - de
plus en plus importantes avec la mondialisation - sont gérées
par tout le monde et donc... protégées par personne.
Résultat, dans ses cycles de négociations, l'OMC
néglige tout ce qui a trait à l'environnement.
Dispersion. La déperdition d'énergie et de
moyens liée à l'absence d'un organisme centralisateur
est par ailleurs considérable. Aujourd'hui, au sein
de l'ONU, une bonne douzaine d'agences traitent plus ou moins
de ces questions (la FAO, l'Unesco, l'Organisation maritime
internationale, l'Organisation météorologique
mondiale...). Sans compter les quelque 500 accords multilatéraux
dont les secrétariats sont dispersés à
travers le monde. "Les compétences liées
à l'environnement sont tellement éparpillées
que la fonction de coordination est très difficile,
voire impossible à organiser", explique Narito
Harada, de l'association Agir pour l'environnement qui vient
de lancer une campagne en faveur d'une OME. Le Programme des
Nations unies pour l'environnement (Pnue), seul organe de
coordination prévu par l'ONU, n'y arrive plus. Avec
un budget d'environ 100 millions de dollars par an (soit le
budget d'une grosse ONG de protection de l'environnement aux
Etats-Unis), il n'est plus à la hauteur des enjeux.
"Machin". L'idée d'une OME qui pourrait
être bâtie sur la base du Pnue n'est pas nouvelle.
Il y a quelques années, l'Allemagne l'avait lancée
avec le Brésil et l'Afrique du Sud. Le projet s'était
enlisé avant d'être remis sur la table en 2001
par la France (alors gouvernée par Lionel Jospin),
sous la bannière de l'Union européenne. "C'est
une idée qui ressort de façon périodique
et qui se fracasse systématiquement sur l'hostilité
des pays du Sud" (et des Etats-Unis, qui y voient un
frein possible au libre-échange), nous expliquait il
y a peu Dominique Voynet, ex-ministre de l'Environnement.
Il faut convaincre les pays du Sud que cette OME ne serait
pas un outil protectionniste mis en place par les pays du
Nord." La France reste en pointe puisque les initiatives
s'y multiplient. Un avocat lyonnais spécialisé
dans l'environnement vient ainsi de créer dans ce seul
but l'association Gaia Thémi, avec la faculté
de sciences de Nice.
Attention à ne pas créer un nouveau "machin"
au sein du "machin", préviennent certains.
"Cette OME ne doit pas être une sorte d'artifice
qui n'aurait pas de réel pouvoir et casserait ce qui
existe déjà", craint ainsi le directeur
général de WWF France (Fonds mondial de la nature),
Cédric du Monceau. "Nous soutenons forcément
ce projet mais une réforme de l'OMC serait peut-être
plus utile." l
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